L’internationalisation et ses défis : le 21 mars aux Ponts, une journée dédiée

Le groupe de travail « Langues » de la commission « Formation » de la Conférence de Grandes Ecoles (CGE) se réunit régulièrement afin de traiter des questions importantes concernant l’enseignement des langues et des cultures dans les Grandes Écoles d’ingénieur et de management.

Cette journée aura pour thème : L’internationalisation des formations dans les Grandes Écoles d’ingénieur et de management : Quels nouveaux défis dans le domaine des compétences plurilingues, interculturelles et managériales ?

À l’occasion de la sortie en 2019 de la nouvelle version du guide de l’auto-évaluation « Références et orientations » de la Commission des titres d’ingénieur (CTI), le groupe de travail Langues de la CGE organise une journée de réflexion et d’échanges de bonnes pratiques sur le thème de l’internationalisation des formations. L’internationalisation n’étant pas un nouveau phénomène en soi, nous nous interrogerons surtout sur l’évolution actuelle et probable de cet enjeu dans un monde qui bouge et qui confronte les concepteurs de formation à de nouveaux défis.

Le questionnement autour des compétences sera au centre des échanges lors de cette journée.

Quelles sont les compétences spécifiques que nos étudiantes et étudiants devraient acquérir pour devenir des acteurs responsables dans un monde à venir caractérisé par la volatilité, la complexité, l’ambiguïté et l’incertitude ?

Quel rôle jouent (ou pourraient jouer) dans ce contexte les formations transversales comme l’apprentissage des langues-cultures, mais aussi les sciences humaines et sociales ou les activités artistiques et sportives ?

  • À la table ronde de la matinée interviendront Elisabeth Crépon, présidente de la CTI, Alice Guilhon, présidente du Chapitre des écoles de management de la CGE et Jörg Eschenauer, président de l’UPLEGESS.
  • Les deux ateliers de l’après-midi traiteront la question de la démarche qualité à partir de l’expérience de labellisation et la place du livre comme support de l’enseignement des langues – cultures.

Programme Journée CGE_21 mars 2019-vdà télécharger

Le plurilinguisme au coeur de nos préoccupations

Élisabeth Crépon, la nouvelle présidente de la Commission des Titres d’ingénieur, a accepté notre invitation et interviendra le 21 mars 2019 de 10h à 12h lors de notre prochaine journée du Groupe de Travail Langues de la Conférence des Grandes Ecoles à l’école des Ponts ParisTech. Il sera question de la nouvelle version des Références & Orientations qui sortira l’année prochaine. Le regard de la CTI sur l’évolution de la place du plurilinguisme dans un contexte d’internationalisation accélérée est évidemment à prendre en compte par nos équipes.
Nous solliciterons d’autres intervenants pour compléter le programme de la journée. Un programme détaillé sera diffusé sur notre blog en début de l’année prochaine.
Et pour que cette journée rencontre le succès qu’elle mérite, n’oubliez pas de diffuser cette date au sein de vos réseaux !

Le vieux tromblon vous parle-t-il encore ?

« Le CECRL sonne un peu comme un vieux tromblon porté par les politiques inquiets pour l’Europe » : la formule choc de Dominique Macaire dans son article Le CECRL : quelle puissance du modèle ? Questionnements dans la recherche en didactique des langues-cultures pousse à peine le curseur des nombreuses voix qui s’élèvent aujourd’hui contre le Cadre Européen commun de référence. Jadis incontournable, clé de tous les référentiels de compétences et de toutes les évaluations après les années 2000, c’est un monument qui s’effrite, se fissure.

La tribune signée par de nombreuses associations et des chercheurs sur le site de l’ASDIFLE « Le projet d’amplification du CECR : une fausse bonne initiative du Conseil de l’Europe » s’élève contre la nature prescriptive et normative du Cadre et s’emporte contre la multiplication des grilles.

En 20 ans le monde a changé mais comme  le dit encore Dominique Macaire : « nos cœurs de croyance reposent sur des noyaux durs et font preuve de résistance au changement ».

Et vous, que faites-vous de ce vieil instrument dans vos Grandes Écoles ?

Références :

HUVER, Emmanuelle. 2017. « Peut-on (encore) penser à partir du CECRL ? Perspectives critiques sur la version amplifiée », in Carette Emmanuelle : Eclectisme en didactique des langues : Hommage à Francis Carton, Mélanges Crapel, 38/1, pp. 27-42 En ligne : http://www.atilf.fr/spip.php?rubrique650
Martine Ravetto-Dubreucq

Enseigner demain ou un nouveau défi d’alphabétisation

Ces jours-ci, nous accueillons comme chaque année nos nouvelles promotions d’étudiants qui arrivent dans nos salles de classe avec leurs espoirs et leurs craintes, leur enthousiasme et leur questionnement. Comment sont-ils ? Ont-ils encore changé ? Peut-on toujours parler de ‘digital natives’ ou ont-ils déjà muté en autre chose ? Comme l’accélération permanente est le signet de notre époque, les étiquettes se remplacent à une vitesse vertigineuse, ou pour le dire autrement, un signifiant en chasse un autre avant même que nous ayons eu le temps de trouver les signifiés qui y correspondent. Il était question de génération X (1960 – 1980) et Y (1980 – 2000) avant que la génération Z (2000 – ?) nous confronte avec ses priorités faciles à identifier, nous dit-on. « Multi-identitaires, débrouillards, connectés » mais avec un penchant certain pour la « dispersion », les Z jugent leurs réseaux plus importants que leurs études. 70% souhaitent travailler à l’international et 50% de leur génération préfèrent créer leur propre entreprise au lieu de s’exposer au monde professionnel classique avec ses entreprises et institutions jugées bien trop « dures et compliquées » (selon les résultats d’une étude réalisée pour une grande banque).

Mais ne nous trouvons-nous pas déjà en face d’une nouvelle génération non encore identifiée ? L’année 2000 est si lointaine qu’une mutation doit certainement avoir eu lieu. Mais comment les nommer, les représentants de cette nouvelle génération, alors que nous sommes arrivés au bout de notre alphabet ?  Spontanément je me dis qu’il faut donc recommencer avec la première lettre d’un autre alphabet, grec par exemple, donc avec la lettre alpha (α … qui n’a rien à voir avec le terme ‘mâle alpha’, bien évidemment). D’abord fier de mon idée j’ai dû constater ensuite que je suis arrivé trop tard avec ma belle invention. En 2017, un sociologue australien du nom de Mark McCrindle a eu la même idée avant moi. Pour lui, les α arrivent aujourd’hui tout juste à l’école (Quelle chance ! Nous aurons le temps pour nous y préparer !). Il est encore difficile à « prédire leur comportement mais on a quelques indices ». Contrairement aux vieux Z, les futurs α ne sont pas seulement nés « avec mais DANS le numérique ». « 75% des enfants de 2 ans ont déjà testé des jeux vidéo ou des applis sur un smartphone. »  Les α seront simplement « connectés à tout ». Leur nouvelle poupée Barbie est déjà équipée d’une « intelligence artificielle capable de dialoguer » (informations diffusées sur le site de France Inter). Les α auront donc appris à dialoguer grâce à leur poupée Barbie ! Voilà une nouvelle très rassurante pour nous, les enseignants. Nos futurs étudiants sauront parler avec nous grâce à une formation au dialogue très poussée !

Quel sera alors encore notre rôle à nous ? Nous aurons peut-être juste à les encourager à penser, c’est-à-dire à penser lentement. Comme les α seront connectés à tout, ils pratiqueront leur ‘Fast Thought’  comme on consomme le ‘Fast Food’! Comme pour l’appareil digestif, les effets néfastes de ce type de nourriture seront inévitables pour le cerveau !  Apprenons leur donc la LENTEUR. Pratiquons avec eux la lecture lente, la réflexion lente, la contemplation lente afin qu’ils comprennent qu’il y a des expériences merveilleuses réservées aux êtres humains qui nécessitent du temps, d’un temps très long même. «Let us say: Only slow food for really strong thought! » La lecture de Proust ne pourra jamais se faire en quelques clics. Mettons-nous avec eux à la recherche du temps … advenant !

Jörg Eschenauer