Hommage à notre collègue et amie, Sonja

Chères/Chers collègues,

Sonja Piquet nous a quittés discrètement et brutalement le 10 août, au cœur de l’été. Nous n’oublierons pas cette belle personne qu’elle était, généreuse, passionnée, humble, et toujours préoccupée par les questions philosophiques, sociales et environnementales.

Tous ceux qui ont eu la chance de pouvoir travailler avec Sonja souhaitent lui rendre hommage à travers les témoignages ici réunis. Ces textes montrent la profonde gratitude qu’expriment les collègues envers elle après tant d’années d’échanges, de coopération et de partage collégial et souvent amical.

Sonja était un bel exemple d’une vie humaine qui ne s’est pas « repliée comme une huître dans la coquille de son salut personnel » (Jankélévitch). Jamais, elle ne parlait de son moi mais souvent de ses préoccupations concernant l’évolution de nos sociétés. Et pourtant, elle avait toutes les raisons d’être fière de ce qu’elle a réalisé au cours de sa vie professionnelle.

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A la mémoire de Sonja

J’ai fait la connaissance de Sonja il y a 20 ans lors d’un de mes premiers congrès de l’UPLEGESS. Elle y faisait une communication sur un projet pédagogique passionnant : les étudiants étaient amenés à écrire ensemble leur propre roman. J’ai été dès cette première rencontre fascinée par Sonja. Tout en restant extrêmement modeste, elle présentait un projet exigeant et novateur qui grâce à la réflexion qu’elle avait menée ne pouvait que convaincre. C’était une des caractéristiques de Sonja : elle avait la fibre pédagogique, mais ne se contentait jamais seulement d’énoncer de grandes idées ; elle réfléchissait à leur réalisation.

Ainsi, tout ce qu’elle abordait tenait la route. C’est ainsi qu’elle a gagné l’estime de ses collègues à l’UPLEGESS, notamment des enseignants d’allemand qui ne juraient que par elle. J’ai eu la grande chance de travailler pendant 9 ans avec elle en tant que coordinatrice d’allemand. Alors qu’au début, je remplissais cette fonction seule, je me suis vite rendu compte que ce serait bien plus efficace si nous faisions ce travail à deux, en binôme. Je me souviens encore que Sonja voulait seulement m’assister, n’être que coordinatrice adjointe. Il fallait que j’insiste pour qu’elle accepte de remplir cette fonction au même titre que moi ce qui reflétait beaucoup mieux la réalité étant donné qu’elle faisait au moins 50% du travail ! Oui, Sonja a toujours voulu être discrète et modeste, alors qu’elle faisait un travail remarquable ! Quel plaisir d’échanger avec elle sur la préparation de la future journée des Germanistes ou de la prochaine réunion des Germanistes à notre congrès annuel ou sur le lancement d’un sondage sur la place des LV2 dans les écoles d’ingénieurs et de management !

Les Germanistes se souviendront…

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Ce qui change : les résultats de notre enquête

Merci aux 120 enseignants qui ont répondu à notre questionnaire !

58 % d’entre vous sont enseignants dans des grandes écoles, 24 % dans des universités et 22 % dans des centres de langue.

Nous vous présenterons ce sondage en 3 parties :
  • ce qui a changé dans votre pédagogie en 6 points, ce billet et le suivant,
  • les dispositifs techniques que vous avez utilisés (post à venir en septembre),
  • et enfin ce que vous pensez de l’avenir de votre métier de professeur de langues après ces deux mois exceptionnels (post de conclusion peu de temps après).

1- Les pratiques pédagogiques en ligne ne sont jamais en décalage complet avec les pratiques habituelles en classe. 

Certains ont pu être frustrés à l’oral ou à l’écrit, selon leur propre pédagogie “spontanée” en présentiel, mais chacun a retrouvé en ligne son style pédagogique, sa “posture” préférée.

Expression orale en interaction et CO plus importantes que d’habitude.versus  Moins de focus sur l’oral et plus sur l’écrit

2- Unanimement vous constatez la surcharge de travail, et surtout celle du travail en amont du cours.

Il est évident que le passage à la distance met l’improvisation, la spontanéité hors jeu : tout doit être scénarisé à l’avance. Le plan de cours devient incontournable. Chercher des ressources, les trier, scénariser les cours, se préoccuper de l’alignement pédagogique  : c’est l’ingénierie pédagogique qui prend ici toute son importance. Le temps de formalisation devient plus important : expliciter la démarche et le cadrage pédagogiques à l’étudiant, soigner ses consignes, prévoir tous les aléas du cours en cas de problèmes techniques.

3- Distance physique ne signifie pas distance sociale

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Ce qui a changé : évaluer à distance

Avez-vous eu l’impression d’évaluer de façon différente pendant cette période de confinement  ?

Différentes conceptions de l’évaluation

Pour les enseignants de langues la question de l’évaluation ne s’est pas posée dans les mêmes termes que pour les enseignants d’autres disciplines, en particulier les disciplines scientifiques. En effet, très souvent en langues il ne s’agit pas d’évaluer des connaissances,  mais des compétences de compréhension et d’expression écrite et orale mises en œuvre dans des projets individuels ou de groupe.  Productions écrites, productions multimédia, portfolios, journaux de bord ont été couramment utilisés pendant cette période de confinement .

On a retrouvé les pratiques du présentiel,  certains enseignants privilégiant une évaluation formative pour étayer les processus d’apprentissage, d’autres se focalisant sur des évaluations sommatives avec un travail final ou avec des quiz.

Dans tous les cas, la période a obligé chacun à se poser des questions fondamentales et à établir des critères explicites d’évaluation.

Je me pose beaucoup de questions sur l’évaluation de la partie orale, sur la partie écrite (rédaction, exercices divers) je me suis donnée plus de règles et de critères qu’avant.

Les modes d’évaluation choisis par les enseignants ou imposés par les institutions ont donc été fortement interrogés à cette occasion. Selon que l’on privilégiait l’évaluation formative ou l’évaluation sommative, les constats ne sont pas les mêmes.

“Pas de changement. Les grilles d’évaluation (ou d’observation) que j’utilise sont les mêmes à distance ou en présentiel.”

“Beaucoup, il a fallu repenser ma façon d’évaluer et l’adapter (privilégier l’évaluation par projet, l’auto-évaluation, l’évaluation par les pairs )”

Évaluer c’est aussi rassurer

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La défense du plurilinguisme – le cas de l’allemand

Le 1er février, les professeurs d’allemand au sein de l’UPLEGESS se retrouvaient pour leur journée de rencontre annuelle. Le temps de faire le point sur l’enseignement de l’allemand dans le supérieur.

La très nette prédominance de l’anglais comme langue d’enseignement et de travail dans toutes les Grandes Écoles de Management et dans un nombre croissant d’Ecoles d’Ingénieurs laisse peu de place au plurilinguisme. Il existe un risque, notamment pour l’allemand, d’être supplanté par l’anglais lors des stages et séjours académiques effectués par nos étudiants dans les pays germanophones.

Continuer à apprendre l’allemand après le bac n’est plus du tout une évidence face à d’autres choix ou impératifs : commencer l’apprentissage d’une autre langue jugée plus « attirante » (chinois, portugais du Brésil, …) et ouvrant les portes à des séjours lointains, ou se concentrer entièrement sur l’anglais pour valider le score TOEIC exigé pour la diplomation. « Il faut proposer quelque chose de spécial, qui sort de l’ordinaire », dit Ruth Doulain-Bachmann, enseignante à la Faculté des Sciences économiques de l’université Rennes 1 qui propose un double diplôme avec l’université d’Augsbourg. En licence comme en master, les étudiants passent une année dans l’université partenaire. L’originalité à Rennes consiste en un programme de préparation (baptisé ECLA (!) : Economie, Culture et Langue Allemandes) qui propose des cours d’allemand mais aussi des enseignements d’économie en allemand, dispensés par des enseignants-chercheurs de l’université partenaire. Ce double diplôme profite du soutien financier de l’Université franco-allemande (UFA), un organisme qui regroupe presque deux cents établissements de l’enseignement supérieur proposant 185 cursus intégrés binationaux.

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Hommage à Luis Sepulveda

HOMENAJE A LUÍS SEPÚLVEDA, Mariluz Di TULLIO

El UPLEGESS rinde homenaje al gran escritor chileno Luis Sepúlveda, fallecido el 16 de abril 2020, a los 70 años, a consecuencia del corona virus.

Contador de apasionantes relatos, les invitamos a recordarlo leyéndolo como lo hacía el “Viejo que leía novelas de amor”, su famosa novela :

Leía lentamente, juntando las sílabas, murmurándolas a media voz como si las paladeara, y al tener dominada la palabra entera la repetía de un viaje. Luego hacía lo mismo con la frase completa, y de esa manera se apropiaba de los sentimientos e ideas plasmados en las páginas. Cuando un pasaje le agradaba especialmente lo repetía muchas veces, todas las que estimara necesarias para descubrir cuan hermoso podía ser también el lenguaje humano.

Fue un gran defensor del Amazonas y de la causa indígena, compartiendo un período de su vida con los Shuar en las selvas del Perú y Ecuador. Su compromiso fue plasmado en sus obras a través de la narración lo que le llevó a decir:

Narrar es resistir, y es lo que he hecho siempre. Y resistir no solamente las injusticias, sino también la estupidez que a veces amenaza con imponerse en todos lados.

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Quelle éthique pour l’ingénieur ?

Jörg Eschenauer : Présentation du livre de  Laure FLANDRIN et Fanny VERRAX

Quelle éthique pour l’ingénieur ?, Editions Charles Léopold Mayer, Paris 2019

Publié en partenariat avec Ingénieurs sans frontières, Ecole Centrale de Lyon, Sciences Citoyennes et UPLEGESS

Les Editions Léopold Charles Mayer viennent de publier un livre qui deviendra certainement très rapidement une référence incontournable pour le domaine de la formation des ingénieurs et des managers. Il s’agit du livre « Quelle éthique pour l’ingénieur ? » de Laure Flandrin et de Fanny Verrax, enseignantes-chercheuses en SHS et en philosophie. Partageant avec certains de leurs élèves de l’INSA de Lyon et de l’École Centrale de Lyon « l’intuition que le monde a moins besoin d’être techniquement réparé que politiquement transformé » (page 7),  les deux auteures s’attachent à « redéfinir l’éthique au-delà de l’anthropologie néolibérale » en considérant « l’ingénierie comme une profession-frontière » (page 8). Le livre est divisé en trois parties : 1) « Une éthique intégrée à l’entreprise », 2) « L’ouverture de l’éthique de l’ingénieur aux enjeux sociotechniques » et 3) « L’extension de l’éthique de l’ingénieur aux enjeux environnementaux ». Ainsi est brossé dans ce livre remarquable et très pédagogique un tableau complet des défis auxquels l’ingénieur est aujourd’hui inévitablement confronté.

Définissant l’ingénieur en tant que « partie prenante de la démocratie technique » (pages 149 – 170) L. Flandrin et F. Verrax lui attribuent un rôle central dans la « transition écologique »  en le mettant sur une trajectoire de « dépassement des limites de l’ingénierie par la démocratie écologique » (pages 225 – 240). La particularité spécifique de l’action de l’ingénieur est ainsi clairement identifiée : elle se situe au carrefour de « l’entreprise, de la société et de la nature ». La tâche éthique proactive de l’ingénieur face à cet entrecroisement de trois sphères complexes est de toute évidence « difficile et même paradoxale » puisque elle doit en permanence prendre en compte « l’irréversibilité des choix techniques ».

Inutile de souligner que cet ouvrage représente aussi une ressource extrêmement riche pour nos cours de langue, et pas seulement de Français Langue Etrangère mais pour tous les cours thématiques et séminaires en quelque langue que ce soit. Faire résonner (‘raisonner’) les concepts éthiques entre les langues permet de sentir et d’expérimenter les différences sémantiques et ainsi de mieux comprendre in fine les écarts de sens que nous offrent de telles analyses plurilingues.

Le livre se termine avec une conclusion courageuse. Les auteures osent attribuer à l’ingénieur le rôle « vertueux en gardien du pluralisme » (pages 257 – 262). Vision irréalisable voir irréaliste diront les uns, postulat urgent car nécessaire diront les autres. C’est l’avenir de l’humanité qui jugera lequel des deux avis était mieux adapté aux défis sociétaux de notre modernité tardive.

Jörg Eschenauer

 

des talents + une carte = la Cartotalents ou un réseau pédagogique dynamique

“La Cartotalents offre la possibilité d’identifier et de contacter directement ses collègues enseignants pour explorer et échanger des pratiques pédagogiques et plus globalement d’aborder la question du développement pédagogique.
Elle est ouverte à tous les enseignants et tous les acteurs du développement pédagogique de l’enseignement supérieur francophone et… s’inscrit dans l’objectif de créer un collectif de talents pédagogiques.”

Voici un bel espace d’échanges et d’ouverture interdisciplinaire – développé par Nathalie Leneveu, chef de projet de la cartographie, conseillère pédagogique à l’IMT Atlantique – que nous vous proposons de découvrir et même de rejoindre…

L’occasion alors de se poser des questions sur ses pratiques et ses choix pédagogiques parmi les nombreux items proposés au moment de créer son profil…


@ de Nathalie L.  “Assistez à des webinaires thématiques animés par vos pairs”
jeudi 14 novembre 

de 13h00 à 13H45

Philippe Lépinard vous parlera de ludopédagogie

Pour en savoir plus, c’est ici. L’inscription est obligatoire. Limité à 20 personnes.

vendredi 29 novembre 

de 12h30 à 13h15

Michèle Archambauld vous parlera dintégration du numérique dans un parcours hybride de formation

Pour en savoir plus, c’est ici. L’inscription est obligatoire. Limité à 20 personnes. 

vendredi 13 décembre  Yannis Karamanos vous parlera dhybridation à d’aide de mini projets

Pour en savoir plus, c’est ici. L’inscription est obligatoire. Limité à 20 personnes

vendredi 17 janvier Jean-Charles Cailliez vous parlera de classe inversée et renversée

Information à venir

Vous souhaitez partager vos pratiques d’enseignement dans le cadre d’un webinaire ? Ou encore suggérer des pairs qui ont des initiatives à partager, écrivez à contact@cartotalents.fr

Retour en mots et en images sur la journée d’études du 21 mars

Avant de nous retrouver à Albi pour notre congrès, nous vous offrons un peu de lecture et de visionnage sur cette journée d’études très dense et enrichissante – du groupe de travail langues de la commission formation de la conférence des grandes écoles – qui a marqué le mois de mars en abordant de manière très concrète la place du plurilinguisme dans nos écoles, en particulier sur les enjeux de l’internationalisation et de l’apprentissage des langues-cultures de nos futurs ingénieurs-managers.

lien vers les vidéos et les compte-rendus

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