{"id":96,"date":"2013-02-10T21:43:30","date_gmt":"2013-02-10T21:43:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gestasso.com\/association\/tousmecenesenmidi-pyrenees\/?p=96"},"modified":"2013-02-10T21:43:30","modified_gmt":"2013-02-10T21:43:30","slug":"eh-etre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.kananas.com\/tousmecenesenmidi-pyrenees4168\/2013\/02\/10\/eh-etre\/","title":{"rendered":"EH ETRE !"},"content":{"rendered":"<p>Ces deux mots peuvent constituer une traduction acceptable du spectacle que soutenait Tous M\u00e9c\u00e8nes les 12 et 14 d\u00e9cembre 2012 : HEY BE.<br \/>\nJ\u2019y trouvais un sens qui me convenait bien, d\u2019un esprit r\u00e9solument optimiste : \u00ab n\u2019oubliez pas de vivre \u00bb, m\u00eame si je ne voyais pas tr\u00e8s bien le lien avec BOURVIL, colonne vert\u00e9brale de l\u2019inspiration des deux artistes : Elisabeth HOLZLE et Pascal SANGLA.<br \/>\nJe me trompais. Le lien avec BOURVIL \u00e9tait bien l\u00e0, pas le sens. Le lien ? Les initiales A.B. (Andr\u00e9 BOURVIL). Le sens ? Ces initiales, prononc\u00e9es dans la langue de Shakespeare donnent \u00e0 peu pr\u00e8s l\u2019\u00e9criture phon\u00e9tique \u00ab hey Be ! \u00bb. Voil\u00e0 tout.<br \/>\nC\u2019est dire que nous ne savions pas r\u00e9ellement \u00e0 quoi nous attendre malgr\u00e9 l\u2019avertissement qui nous avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par l\u2019invitation : \u00ab un show fabriqu\u00e9 avec des bouts de ficelle \u00bb. Une appellation fantaisiste, des chansons port\u00e9es (autrefois) au public par Andr\u00e9 BOURVIL (mais lesquelles ?) sans certitude qu\u2019elles parleraient \u00e0 toutes les g\u00e9n\u00e9rations, une com\u00e9dienne chanteuse, un pianiste com\u00e9dien. Ce dont nous ne doutions pas, plus rien n\u2019\u00e9tant \u00e0 prouver pour ce qui les concerne, c\u2019est de l\u2019accueil de nos h\u00f4tes, Fran\u00e7ois et Stella.<br \/>\nNous devions \u00e0 l\u2019hiver que le lourd rideau m\u00e9tallique fermant la baie vitr\u00e9e soit descendu, formant ainsi le fond de sc\u00e8ne. Rouge sang de boeuf. Deux micros, un clavier \u00e9lectrique, un ordinateur portable, deux spots. La modestie de ce tout pour une curiosit\u00e9 : pourquoi, dans le foisonnement cr\u00e9atif du vingt et uni\u00e8me si\u00e8cle et un h\u00e9ritage d\u2019une richesse infinie, des artistes pas m\u00eame quadrag\u00e9naires (ou \u00e0 peine) eux-m\u00eames auteurs, ont-ils eu l\u2019id\u00e9e \u00e9trange de s\u2019int\u00e9resser au r\u00e9pertoire musical d\u2019un acteur bien plus connu pour ses r\u00f4les \u00e9normes dans des films cultes, certes interg\u00e9n\u00e9rationnels, mais tout de m\u00eame ?<br \/>\nLes prestations, l\u2019invention d\u2019Elisabeth HOLZLE (Lisbeth El Sol) et de Pascal SANGLA (El Pascual), ont imm\u00e9diatement lev\u00e9 le voile : ce r\u00e9pertoire, m\u00e9connu ou oubli\u00e9, est une mine de m\u00e9lodies, de po\u00e9sie, de dr\u00f4lerie, de folie douce. Une source d\u2019\u00e9motions \u00e0 laquelle l\u2019envie de puiser devenait, en les voyant, une \u00e9vidence.<br \/>\nL\u2019interpr\u00e8te seul n\u2019aurait pu se confronter \u00e0 BOURVIL tant celui-ci \u00e9tait l\u2019\u00e2me de chansons \u00e0 l\u2019\u00e9criture desquelles il n\u2019avait pourtant que tr\u00e8s peu pris part. Mais des com\u00e9diens musiciens de la trempe de ces deux l\u00e0 c\u2019\u00e9tait autre chose.<br \/>\nSi je devais ne m\u2019exprimer qu\u2019en quelques mots je dirais ceci. Des voix faciles, justes, pr\u00e9cises. Une mise en sc\u00e8ne \u00e9pur\u00e9e. Un jeu d\u2019acteur minimal, presque limit\u00e9 aux expressions des visages, aux parcours des regards, \u00e0 leurs intensit\u00e9s. Quelques pas de danse. Une capacit\u00e9 inou\u00efe d\u2019Elisabeth HOLZLE \u00e0 laisser le haut de son corps dans l\u2019immobilit\u00e9 presque totale tandis que hanches et jambes, parfois en d\u00e9calage avec texte et chant, paraissent se moquer d\u2019eux. L\u2019aisance musicienne de Pascal SANGLA jouant la com\u00e9die et chantant tout en assurant l\u2019accompagnement au piano, nous laissant croire que l\u2019instrument devient un simple accessoire, comme s\u2019il n\u2019engendrait aucune contrainte et ne r\u00e9sultait d\u2019aucun apprentissage. Un prolongement de lui.<br \/>\nMais ces quelques mots sont trop courts. Il faudrait rajouter, en vrac peut \u00eatre : la qualit\u00e9 et l\u2019humour des textes \u00e9crits par l\u2019un et l\u2019autre pour faire le pendant aux chansons, la diction remarquable, toute particuli\u00e8re et propre \u00e0 Elisabeth HOLZLE, la chanson en play-back, le jeu de piano en play-back, le remake cin\u00e9matographique, la conversation t\u00e9l\u00e9phonique, la fleur de pissenlit (ou les petites \u00e9toiles de neige)\u2026<br \/>\nIl faudrait aussi rajouter les d\u00e9couvertes auxquelles ces deux artistes nous ont convi\u00e9s.<br \/>\nIl \u00e9tait en effet \u00e0 pr\u00e9voir que quelques uns, dans le public mass\u00e9 des m\u00e9c\u00e8nes (ou des m\u00e9c\u00e8nes amass\u00e9s), auraient d\u00e9j\u00e0 fredonn\u00e9, ou entendu, un ou deux titres de BOURVIL, mais lesquels ? Allez, citons en quelques uns que les initi\u00e9s pouvaient conna\u00eetre : Salade de fruit, La tactique du gendarme, \u00e0 Joinville-le-Pont ou encore Un Clair de lune \u00e0 Maubeuge.<br \/>\nJe pensais ma\u00eetriser le sujet.<br \/>\nHey Be nous a fait un sacr\u00e9 pied de nez ! Pas l\u2019ombre de ces succ\u00e8s dans le choix de nos artistes mais des merveilles, des p\u00e9pites d\u2019or parmi lesquelles celles-ci que je ne connaissais pas toutes : \u00ab les haricots \u00bb, \u00ab les crayons \u00bb, \u00ab la ballade irlandaise \u00bb, \u00ab c\u2019\u00e9tait bien \u00bb, \u00ab ma petite chanson \u00bb, \u00ab la ronde du temps \u00bb, \u00ab berceuse \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric \u00bb et celle que je qualifierai de monument (de dinguerie) : \u00ab le jour J \u00bb.<br \/>\nJe ne veux pas omettre d\u2019\u00e9voquer \u00ab La Tendresse \u00bb. Elisabeth HOLZLE nous en a d\u00e9livr\u00e9 une interpr\u00e9tation qui m\u2019a coup\u00e9 le souffle. Sans texte. Simplement intense.<br \/>\nElisabeth HOLZLE et Pascal SANGLA avaient besoin de Tous M\u00e9c\u00e8nes, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019un public. Ils \u00e9taient l\u00e0 aussi pour mettre leur spectacle \u00e0 l\u2019\u00e9preuve puisqu\u2019ils ne l\u2019avaient encore jamais donn\u00e9. Tous, ou presque, \u00e9taient au rendez-vous. Quel rendez-vous !<br \/>\nJe ne crois pas que l\u2019on puisse dire qu\u2019ils ont revisit\u00e9 le r\u00e9pertoire de BOURVIL tant il en ont conserv\u00e9 la fra\u00eecheur, la sensibilit\u00e9, la na\u00efvet\u00e9. Ils l\u2019ont r\u00e9invit\u00e9 pour nous rappeler que la po\u00e9sie et la magie ne prennent pas d\u2019\u00e2ge, que c\u2019est leur faire honneur que de les \u00e9voquer et qu\u2019il est des chansons qui sont inalt\u00e9rables.<br \/>\nJ\u2019entendais ceux qui disaient que remontaient en eux, peu \u00e0 peu, les m\u00e9lodies de leur enfance et qu\u2019ils \u00e9taient heureux de ce bain de jouvence. Nous entendions tous ceux qui chantonnaient la ballade irlandaise en une douce et tendre r\u00e9miniscence.<br \/>\nJ\u2019entendais encore ceux qui s\u2019\u00e9tonnaient que telle ou telle chanson ait \u00e9t\u00e9 au r\u00e9pertoire de BOURVIL ou celui qui, pr\u00e9nomm\u00e9 Fr\u00e9d\u00e9ric, regrettait que la berceuse homonyme ne lui ait jamais \u00e9t\u00e9 fredonn\u00e9e au temps o\u00f9 elle eut pu \u00eatre d\u2019un grand secours.<br \/>\nJ\u2019entendais et je voyais surtout ce bonheur ambiant que je partageais, joie de la rencontre et de l\u2019instant marqu\u00e9e \u00e0 l\u2019admiration port\u00e9e \u00e0 ces artistes. J\u2019esp\u00e8re que l\u2019illisible nous informera de leur actualit\u00e9 ; je pressens qu\u2019elle sera riche car leur art est pluriel, leur envie authentique, leur d\u00e9marche sinc\u00e8re, leur talent certain et sans compromis.<br \/>\nEH, LA VIE !<br \/>\n\t\t\t\t\t\tSIDNE CRINCHABOU<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ces deux mots peuvent constituer une traduction acceptable du spectacle que soutenait Tous M\u00e9c\u00e8nes les 12 et 14 d\u00e9cembre 2012 : HEY BE. 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