Les chargés d’insertion professionnelle de Concorde

Il y a deux ans, dans La Lettre 71 du premier semestre 2019, nous dressions le portrait de Patricia, ancienne intervenante de l’atelier scolaire devenue « chargée de mission », accompagnant des jeunes de nos maisons sortis du système éducatif et des mineurs non accompagnés. Avec l’ouverture le 1er avril 2019 de la Plateforme Filles et Garçons du Monde (on dit PFGM à l’interne) prévue pour accueillir jusqu’à 100 jeunes mineurs non accompagnés et qui en recevait déjà 85 en décembre, deux nouveaux chargés d’insertion ont rejoint Patricia. Certes, Sévérine et Vincent sont nouveaux dans leurs fonctions actuelles, mais ils connaissent bien l’association et ses valeurs puisque tous deux étaient auparavant éducateurs dans les maisons de Gagny. Si tous trois sont installés dans la maison des Myosotis à Montfermeil, au siège de la PFGM, ils passent beaucoup de temps à l’extérieur avec les entrepreneurs et les services de l’état. Les jeunes qu’ils accompagnent disposent avec l’Atelier scolaire qui fonctionne avec trois intervenants aux Myosotis et un supplémentaire au Vieux Chemin de Coubron, d’un outil essentiel pour ceux qui ne parlent pas encore le français ou le maitrisent très mal, car la barrière de la langue est un très gros obstacle à surmonter. Pour y parvenir, les plus jeunes ont parfois la chance d’intégrer une unité pédagogique pour élèves allophones en collège, les « UPE2A ».

Formant une véritable équipe, les conseillers mettent en commun leurs réseaux d’employeurs, utilisant au mieux les possibilités pour les jeunes de préparer leur insertion scolaire et professionnelle : signature de conventions de stages qui permettent de découvrir une activité professionnelle, inscription dans un CFA, contrats d’apprentissage ou de professionnalisation… Ils les accompagnent dans leurs démarches administratives, un parcours semé de nombreux obstacles, et ils dégagent les employeurs des formalités souvent complexes en prenant en charge la constitution des dossiers. Ils sont avec eux dans les démarches nécessaires à leur sortie de service, particulièrement dans l’accès au logement. Sans eux, la PFGM dont c’est la vocation, ne pourrait pas devenir le tremplin vers l’insertion sociale et professionnelle.

Si les jeunes sont majoritairement motivés, il faut néanmoins les stimuler, leur faire prendre conscience des réalités économiques, des difficultés pour accéder à un emploi, de la nécessité de se former, leur apprendre à se présenter à un employeur… et tout cela en très peu de temps, puisqu’ils arrivent entre 16 et 18 ans et sont censés devenir autonomes à 18 ans. Pas étonnant donc que des sortants en situation difficile continuent parfois de garder le contact.