CEUX QUE J’AI RENCONTRÉS NE M’ONT PEUT-ÊTRE PAS VU

Hier soir j’étais comme un certain nombre d’entre nous au Théâtre SORANO, « à Sorano » comme disent les toulousains.

À l’affiche, « Ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vu ». Un spectacle dont le titre, à lui seul, annonçait déjà un thème difficile et dérangeant.

Les lumières se sont éteintes sur une salle pleine à craquer et la scène s’est animée. Ils étaient nombreux, une quinzaine, comédiens du « NIMIS GROUPE » et amateurs rencontrés sur les premières terres de l’exil à LAMPEDUSA.

Et durant deux heures, dans une formidable mise en scène mêlant, en un mouvement incessant, images, voix off, monologues et dialogues, lectures et interviews, lumières et obscurité, nous avons traversé à leurs côtés un océan de souffrance, de peur au ventre et de solitude. Le prix à payer, le combat à livrer, pour rejoindre ce que l’on croit être un monde meilleur, le nôtre. Le nôtre ?

Dans la chaleur douce de cette belle soirée d’octobre, les uns et les autres ressortaient de Sorano sans voix, la gorge serrée, la honte au cœur. Le théâtre est parfois un sacré passeur de messages ; nous les avons reçus en plein visage. Et pourtant, moi, l’humble présidente de Tous Mécènes, je ne pouvais pas m’empêcher d’être fière.

Fière parce que dans ce monde où se se dresse si facilement le mur de l’indifférence et de l’individualisme, quinze de nos mécènes ont répondu à notre appel, ou plus précisément à celui de Denis et Marie, pour héberger, plusieurs jours durant, les membres de cette nombreuse troupe théâtrale et permettre ainsi la venue à TOULOUSE de ce spectacle.

Et nous pouvons dire ensemble à tous ces « BERNARD CHRISTOPHE » présents sur scène : oui nous vous avons rencontrés, oui nous vous avons vus, oui nous sommes heureux de vous connaître… »

Sylvie ROCHER  : Présidente de TOUS MÉCÈNES

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LORENZO NACCARATO TRIO – NOVA RUPTA

Nous soutenons depuis le début Lorenzo NACCARATO et son trio. Certains de nos mécènes sont désormais très près d’eux.

Nous recevons l’information selon laquelle vient de naître leur second album, sorti le 21.09.2018, sous le label Laborie Jazz.

À cette occasion, nos trois amis étaient en concert au Studio de l’Ermitage à PARIS, lors du festival Ermi’Jazz.

Lorenzo, Adrien et Benjamin ont ainsi pensé cet album intitulé NOVA RUPTA (la nouvelle éruption) :

« Ce disque prolonge un travail initié il y a six ans autour de l’idée d’une musique cinématique. L’imaginaire des mouvements telluriques renvoie autant à l’idée d’une société en transition, à l’aube d’une nouvelle éruption, qu’au statut de l’artiste cherchant à capter et à retranscrire, tel un sismographe, les vibrations de son époque et de son environnement ».

Nous aimons le travail de Lorenzo Naccarato Trio et sommes heureux que son art soit pérenne.

Pour les suivre et soutenir ces musiciens : leur disque bien sûr, mais aussi facebook, youtube et instagram !

Signé : CRINCHABOU

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SYMPHONIE VISUELLE DANS L'ESPACE : Sophie BEGUIER & Thomas BODINIER

Chronique de Dany (2)
Symphonie visuelle dans l’espace !
Pour tous ceux qui auraient manqué le rendez-vous de fin juin chez nos amis mécènes, Cécile et Philippe Martel, ce rappel d’un spectacle original, émouvant et drôle, duo aérien et musical de la harpiste Sophie BEGUIER et du circassien Thomas BODINIER.
Vous aurez heureusement la chance de les retrouver, dans quelques mois, à l’Espace Bonnefoy !
Une concertiste en tenue de gala, fine et frêle silhouette immobile, donne un récital de harpe. Tandis que les arpèges s’égrènent magnifiquement sous le ciel d’été, un jeune homme banal l’écoute, séparé d’elle par une barrière de sécurité. Soudain, il semble pris d’une envie magnétique de la rejoindre ! Commence alors un corps à corps spectaculaire avec les barreaux de métal qui entravent son désir puis avec l’énorme instrument qui semble le défier. Avec toutes les ruses possibles de son corps et l’obstination d’un jeune chat, il tente de s’immiscer entre elle et sa harpe, la prive de son siège, lui inflige de petites misères surprenantes, parfois comiques, parfois dangereuses pour capter son attention, l’empêcher de jouer, la ravir à son art, la séduire peut-être ?
Ce combat jouissif et tendre, débordant d’imagination, d’agilité et de douceur, est porté par une musique superbement interprétée par une harpiste aussi virtuose que circassienne. Entre danse et acrobatie, jeux d’équilibre et mime, morceaux classiques et composition personnelle, il nous offre un dialogue des corps naïf et drôle entre un jeune prétendant audacieux et une concertiste… déconcertée. Un petit bijou de poésie !
Une musique qui élève l’âme et la rencontre improbable de deux classes sociales différentes, deux enjeux profonds de ce spectacle intelligent ont ravi nos yeux et nos oreilles. Je ne saurais trop vous conseiller de ne pas laisser échapper l’occasion nouvelle qui s’offre à vous d’aller admirer et applaudir, seuls ou en famille, Sophie BEGUIER et Thomas BODINIER dans la reprise de ce spectacle au Jardin Michelet de l’Espace Bonnefoy, le lundi 13 février 2019 !

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BARBARA WELDENS – DESTIN QU'AS-TU FAIT ?

Amis,

            Barbara WELDENS, notre Barbara WELDENS, est morte aujourd’hui. Le 20 juillet 2017. Sur scène. Dans l’église des Cordeliers à GOURDON. Vraisemblablement électrocutée. Elle avait trente-cinq ans.

            Un soir d’orage, d’éclairs formidables, de lumières fulgurantes et lézardées, ondes de choc annonçant l’onde sonore terrible, claquante et sèche : le tonnerre.
Il nous est dit que c’était autour de minuit.
Destin qu’as-tu fait ? Ce jour. Cette heure. Prétendras-tu qu’elle les avait écrits elle-même quand, en 2014, elle nommait son concert (et son disque) d’alors « Minuit et quart » parce que « ça sonnait bien », parce que « ça me ressemble un peu », parce que minuit c’est « l’heure du crime » et parce que « et quart » c’est « un poil trop tard pour être sérieux » ?
Pourvu qu’il ait été minuit et quart !
 
Destin, triste sire. Triste sort. Une église. Un clocher. Un glas. En quoi te dérangeait-elle cette magnifique prêtresse de l’amour, cette enfant de la balle, belle, généreuse, géniale et résiliente ?
Pourvu, au moins, que tu l’aies emportée parce qu’elle avait osé opposer le pourpre au pourpre !
 
Destin, salaud ! C’est sûr, tu t’es trompé. Ce n’était qu’en rêve, tu sais, qu’elle mangeait des oiseaux.
Pourvu que celui qu’elle faisait d’être un corbeau se soit éteint avec elle et que, l’inexplicable que la foudre a libéré, ait emprunté son vol à l’oiseau de paradis.
 
Méprisable destin, à quoi as-tu pensé ? Qui, désormais, nourrira le réveil des matins de   Ginou, de Pierre et de tous les autres ?
Pourvu qu’ils aient la force de surmonter ton infect dédain !
 
Ô, destin, pardon. Nous te supplions. Ramènes-là. Avais-tu bien compris qu’elle venait du cirque ? « Le vrai Cirque, qui sent la sciure, la bâche et la pisse de tigre ».
T’es-tu souvenu qu’elle avait « grandi dans les odeurs de la piste », qu’elle avait « appris son métier sur le tas, jongleuse, acrobate et dresseuse » pour notre bonheur ?
T’es-tu rappelé qu’elle a promené ses numéros de scènes en rues, de salles en chapiteaux et que, « pourtant », elle chantait ?
L’as-tu jamais écoutée ? T’es-tu jamais intéressé aux cahiers d’écolier qui ne la quittaient pas, trace et traces d’une vie que le juste t’interdisait d’interrompre ?
Étais-tu sourd quand tu as frappé celle qui est née alors que le vieux siècle était déjà à son déclin, le 17 avril 1982, sous le nom de JACQUINOT ? Barbara JACQUINOT. Barbara WELDENS. Notre princesse.
Qu’as-tu voulu, qu’as-tu cherché ? Nous signifier qu’il est vain, néfaste et fatal de rêver pour l’autre, nous qui rêvions pour elle que son art explose à la face du monde ? Que nos propres songes devaient nous suffire et que, foudroyant son cœur, c’est aussi le nôtre que tu voulais faire saigner pour avoir laissé déborder notre admiration, le nôtre que tu souhaitais serrer, jaloux de notre affection ?
Tu ne la ramèneras pas.
Ton aveuglement est haïssable, il t’est si facile de nous porter au manque, à contraindre nos pensées vers elle et à te moquer de notre chagrin.
Il est impuissant pourtant, sauf à nous détruire tous, à l’épuisement de nos mémoires. Elle chantait. Elle chante. Elle chantera. Toujours.
Là-bas, là-haut peut-être, près d’un astre qui prêtera enfin sa rondeur à son sein, mais ici, d’abord.
À cela, tu ne peux rien.
 
Sidne Crinchabou

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DOREEN

 
Je ne vous raconterai rien. Je serai concis. Je remercie seulement. Nous étions le 08.12.2016 au Théâtre Garonne.
Merci au Théâtre Garonne d’avoir programmé Doreen.
Merci à David GESELSON de s’être inspiré de la lettre à D., d’avoir sollicité Laure MATHIS pour incarner celle dont le prénom est si étrangement orthographié, et d’avoir imaginé cette mise en scène où l’invitation à l’intime est si simple. Et belle.
Deux comédiens que nos qualificatifs habituels ne décriraient qu’inexactement. Il faut les associer : un couple magnifique. Une émotion qui se palpe. Une émotion pure.
Les regards vacillent  et parfois s’embuent parce qu’il n’y a pas à résister quand l’offrande est si humble, si généreuse. Puis un temps suspendu. Un silence. Enfin une paix en soi telle qu’applaudir cause un trouble. On aimerait le faire un peu plus tard. Et plus fort.
Doreen. Laure MATHIS, David GESELSON.
Un Bonheur.
Sidne CRINCHABOU

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Ils ont tiré.

Amis,
Ils ont tiré.
Il serait stérile d’évoquer encore l’horreur.
« Tous Mécènes » est bâtie sur des convictions solidaires investies dans l’expression artistique, quelles qu’en soient les formes. L’art, gage de nos indépendances et de nos libertés. L’art, le symbole abîmé, lui aussi.
Ils ont tiré, nous plaçant dans l’incapacité d’imaginer cette horreur car notre imagination ne peut y atteindre. Nous savons qu’elle est, voilà tout.
Ils ont tiré, nous interdisant le compassionnel utile car nous ne pouvons pas, malgré l’empathie dont nous sommes envahis, que nous ressentons avec force, spontanéité et sincérité, être ces enfants, nos enfants, qui assistaient à un concert ce vendredi 13 novembre 2015, ces gens libres et paisibles, là ou ailleurs dans un stade ou une rue, pour qui la vie est devenue néant.
Ils ont tiré, nous laissant muets à l’évocation de ce que pourra désormais être l’existence de ceux qui ont survécu, atteints ou non physiquement ; il n’y a ni justice ni égalité en traumatismes, seulement des certitudes d’abimement.
Ils ont tiré. Ceux qui sont tombés n’étaient pas soldats de cette étrange guerre de l’invisible et de la démence. Leurs noms, pour le marbre qu’aucune montagne ne pourra jamais enfanter, aussi haute soit-elle : l’innocence décimée, innombrable depuis le premier des jours, ne se grave pas.
Ils ont tiré, nous écartelant entre le soulagement d’avoir été épargnés, dans nos vies, nos familles et ceux que nous connaissons, et une sourde, insupportable et dérangeante culpabilité de l’avoir été. La peine de ceux qui en débordent ne nous est perceptible que dans l’idée de l’immense, sans que cette immensité ne nous soit mesurable. Nos pensées d’altérité nous pèsent car nous ne savons ni quoi faire, ni quoi dire. Ni quoi faire pour eux, ni quoi leur dire.
Mais nous pouvons faire et dire pour tous. Nous le devons. Celui d’aujourd’hui n’a que dettes pour ceux qui l’ont précédé en lui confiant un modèle précieux même s’il ne sait plus le voir.
La peur latente, comme celle de ceux qui n’osent vivre par crainte de voir leur bonheur se briser, peut-être contrariée. Elle est à notre portée dans le combat de nos quotidiens. Ce combat est de notre responsabilité.
Menons-le en étant vivants. Sortons, emplissons les salles de spectacle, les théâtres, les expositions, les rues, les terrasses des cafés, les stades.
Davantage encore que ce que nous n’avons jamais fait. Aucun monde libre ne s’est jamais défendu aux abris, ni en délégant à d’autres la tâche d’en préserver l’intégrité.
Sidne Crinchabou.

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VRAC DE NOUVELLES

VRAC de nouvelles !
Voilà trop longtemps que nous n’avons pas évoqué ces artistes dont nous avons croisé le destin.
Que deviennent-ils, au fil de ces années ? Quelle fut l’efficacité de ce tendre petit coup de pied que nous plaçâmes délicatement à des fondements dans lesquels des espoirs de reconnaissance nous ont impliqués ? Ces élans, cette énergie que les applaudissements de nos publics ont initié ou entretenu, se sont-ils prolongés dans l’inertie, dans l’énergie, les rencontres heureuses ? Peuvent-ils vivre de cet art à la maturité duquel ils nous ont associés ?
IDEM COLLECTIF, privilège de l’ancienneté oblige, puisque ce fut notre première aventure en 2010.
Rappelez-vous, Laure MATHIS, Aline REVIRIAUD et Elisabeth HÖLZLE, qui ont créé cette compagnie fondée en BOURGOGNE.
Elle n’a jamais cessé d’exister. Ces trois comédiennes qui se mettent elles-mêmes en scène, associées au théâtre DIJON-BOURGOGNE, ont une actualité brûlante puisqu’elles vont donner leur nouvelle création (« de toute façon on n’en sortira pas vivants »), du 3 au 7 novembre prochains, à DIJON, dans un travail de montage autour des textes de Leslie KAPLAN.
Nous y serons !
Depuis 2010, nous avons revu Laure MATHIS :
– à TOULOUSE, au Théâtre GARONNE, dans « Robert PLANKET » et plus tard dans le « Goût du faux et autres chansons » (Jeanne CANDEL)
– à TOULOUSE encore en résidence pour un travail proposé par Julie CORDIER, avec Elodie Vom HOFE : « le secret dans la Barbe »
– à GENNEVILLIERS pour ce spectacle abouti
– à BEZIERS puis à BORDEAUX dans la « Fausse suivante »
– et d’autres lieux encore
Elisabeth HÖLZLE, dans Hey Be, nous a proposé une belle rencontre avec Pascal SANGLA, comédien, musicien, auteur-compositeur, avec lequel elle nous a invités à redécouvrir BOURVIL.
Pascal SANGLA, que nous n’avons jamais perdu de vue (ni d’oreille), a aussi une actualité automnale puisqu’il vient de graver son troisième album (« Par la fenêtre ») révélé au public le 09.10.2015, enregistrement dont Philippe MEYER (« La prochaine je vous le chanterai ») s’est fait récemment l’écho (France Inter le samedi à midi).
Nous envisageons très prochainement de l’accueillir encore pour l’aider à pousser ces nouvelles chansons vers le public.
Anne KAEMPF et Lior SHOOV (compagnie BOCA ABIERTA), ces lutin(e)s assez déraisonnables, sont dans l’immédiateté de dates au BIJOU, à TOULOUSE, les 24 et 25 novembre prochains, à 21 heures 30 : à ne manquer sous aucun prétexte ! Nous y serons !
Pour mémoire nous les avions soutenues en juillet 2012, chez François et Stella, et ce fut un grand moment !
Barbara WELDENS, gère toujours « son » théâtre de Pierre à FOUZILLONS (près de Béziers) et se multiplie dans la création, la composition et l’écriture (se joue le 17.10.2015 au Centre Culturel de COURBEVOIX une pièce pour enfants ,« VASSILISSA », mise en scène par Julie CORDIER et interprétée par Elodie Vom HOFE (nous avions rencontré l’une et l’autre lors de la résidence que nous avions organisée pour elles, et Laure MATHIS, à l’occasion de leur travail sur « le Secret dans la barbe »).
Nous avons été écouter récemment Barbara WELDENS, au Bijou (Avenue de Muret à TOULOUSE), avec de nouvelles compositions et, surtout, une nouvelle mise en scène : elle a accepté d’abandonner un peu son piano pour le confier à une autre Barbara et a fait la rencontre avec un guitariste de talent qui s’est parfaitement fondu dans l’univers de notre protégée. Nous avions passé une très belle soirée, l’émancipation allant très bien à Barbara.
Erwan MELLEC, l’accordéoniste du trio de la Muerte (c’était encore chez François et Stella au mois d’avril 2012) a fait d’autres rencontres pour s’acoquiner avec un tuba et un autre guitariste, réunion formant un nouveau trio : « Swing of France » (un CD a été gravé chez SOF PROD en avril 2015).
Nous l’avons rencontré, au hasard de nos curiosités, aux « Nuits de Nacre » (grand rassemblement annuel autour de l’accordéon), à TULLE, au mois de septembre.
Didier ROTELLA poursuit sa carrière de pianiste ; il a notamment pu se faire entendre en récital à PARIS, à la Cathédrale Sainte-Croix-des Arméniens ainsi qu’à l’Opéra de PARIS. Il a surtout obtenu en 2014 le prix de composition CHEVILLON-BONNAUD.
Le trio ORLANDO a désormais une réputation (oh combien méritée) qui déborde de notre sphère toulousaine, jusqu’à avoir été entendu en AVIGNON, cet été, et bien plus loin encore : Frédéric MARCHAND, Aïda SANCHEZ et Christelle BOIZANTE ont pris leurs habitudes à PARIS !
La dernière fois que nous avons entendu Julien RENON (son spectacle dédié à Boris VIAN), c’était sur la scène du BIJOU au début de cette année 2015.
Nous sommes dans l’attente de l’actualité de nos autres amis pour la communiquer.
SIDNE CRINCHABOU – RAIME MELOUDE

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"MORALOUNETTES" DE L'ILLISIBLE

MORALOUNETTES,

J’allais comme d’habitude. Ni plus ni moins. Je longeais au guidon de mon scooter les mêmes platanes, le même bord de canal, ainsi que je le faisais depuis des années.

La douceur du printemps n’invitait pas plus qu’hier à cette impression de bonheur que flore et faune offrent à nos états d’âme dans leur cycle de renaissance annuelle.
Aucun événement ne s’était glissé depuis la veille dans ma vie personnelle et rien, dans la journée qui s’annonçait, n’était de nature à me réjouir plus que de coutume.

Je ne comprenais donc pas pourquoi, ce jour-là, je vivais une sensation différente, euphorique, unique. J’étais un sourire intérieur. Quelque chose en moi produisait une alacrité semblable au souvenir que me laissaient les ivresses de l’enfance, la fraîcheur de l’inconscience et l’insouciance de la candeur. J’allais sur mon scooter comme débarrassé d’une vieille peau, mue inattendue et magnifique.

Je ne comprenais pas mais refusais de m’interroger. Je prenais l’instant comme on déchire le papier d’un cadeau sans chercher à en deviner la nature. Je savais, intuitivement, que ce n’était qu’un moment.

Ce ne fut bien sûr qu’un moment auquel la sagacité des pandores, en faction un peu plus loin, s’est chargée de mettre un terme.

C’est en me faisant observer d’une raideur toute militaire que je ne portais pas de casque, oubli dont je n’avais pas eu conscience, que la maréchaussée me procura celle, immédiate, en un bloc d’évidences :

  • Que j’avais été libre (et que je ne l’étais plus)
  • Que j’en avais été heureux
  • Que je n’avais pas su savoir pourquoi puisque je ne savais pas que je ne portais pas la carapace réglementaire, et que c’est cette impression nouvelle de conducteur sans gangue qui m’avait enivré
  • Que la liberté, ou son sentiment, ne sont pas qu’affaire de volonté
  • Qu’elle peut tenir à peu de chose
  • Qu’elle est peut-être plus une impression qu’un état
  • Qu’elle est éphémère
  • Qu’elle a un prix (information pratique pour les incultes : ici, 90 € et trois points)

 

Moralounette 1 : il est donc faux de dire que la liberté n’a pas de prix, ne serait-ce que                            celui du sang, dîme que nombreux ont versé, versent et verseront

Moralounette 2 : la liberté n’a toutefois de prix, toujours idiot puisqu’il peut être aussi                                     celui du sang, que si elle nous est contestée

Moralounette 3 : c’est cette contestation qui nous procure la conscience de son                                                   existence et, par- là, celle que la liberté est vitale et, par voie de                                                   conséquence, sans prix

Moralounette 4 : ce n’est qu’à partir de là que commencent les ennuis, ce qui n’a pas                                     de prix étant à la fois inaccessible (inaccessibilité à laquelle l’on ne se                                     résout que dans la terreur et la soumission ) et irrationnel (il                                                   apparaît tellement normal à des milliards d’habitants de notre planète                                     qu’un coup de crayon soit passible de la peine de mort pour son                                                   auteur, pour ceux qui l’entourent, ceux qui le protègent et tous ceux                                           qui défendent la liberté d’expression !)

Moralounette 5 : la liberté est un sujet inépuisable, ce qui rend le propos sans                                             valeur comme toute matière intarissable

Signé : illisible

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UNE BELLE HISTOIRE, UNE HISTOIRE DE TRENTE ANS


UNE BELLE HISTOIRE, UNE HISTOIRE DE TRENTE ANS
Nous voulons que vous connaissiez cette histoire qui nous a été contée au hasard de nos hasards.
C’est ainsi que nous avons rencontré Jackie SCHON. Puis Anita NADAL, sa complice.
Nous vous invitons avec insistance à ne pas proposer ce nom de SCHON à un moteur de recherche (il faudrait dire : ne la googlisez pas !). Vous finiriez forcément par dénicher son blog et il y a fort à penser que vous lâcheriez notre histoire.
« Linguiste, Jackie SCHON est Maître de Conférence honoraire au sein du département des sciences du langage à l’Université de Toulouse-Mirail. Ses travaux de recherche s’orientent plus spécifiquement sur les liens entre la linguistique et la psychanalyse, la familiarité langagière ».
Jusque là, disons que ça va à peu près. Ce sont les titres des ouvrages qu’elle a commis, que son blog recense, qui pourraient avoir sur vous, ou sur la majorité d’entre « nous », des effets secondaires regrettables et injustes.
Voyons plutôt :
– « Le parler familier », un modèle français
– Le concept freudien « d’inquiétante étrangeté »
– A linguistic illustration of a lacanian concept
– De la prise en compte des mécanismes inconscients
– Etc…
Nous sommes donc bien d’accord : vous ne solliciterez pas la toile. Du moins pas avant d’avoir lu ce qui suit.
Sachez en effet qu’à côté de cette austère rigueur universitaire, Jackie SCHON (il faut ajouter un tréma sur le « O ») a bien des jardins secrets, parmi lesquels un intérêt forcené pour les arts sous toutes leurs formes.
Poète, parolière, elle a écrit dans les années 1980 un dialogue théâtral qui a été monté puis représenté à la Cave Poésie à TOULOUSE (alors dirigée par René GOUZENNE), mais aussi joué en Avignon (à la Case d’Irène), dans un Centre culturel à COLOGNE et aussi au Brésil.
Aussi au Brésil. Son lien avec ce pays se trouve peut être dans la relation privilégiée qu’elle a entretenue avec une de ses étudiantes, Enilce ALBERGARIA qui, forte des enseignements reçus, est devenue à son tour professeur à l’Université de JUIZ de FORA.
Jackie SCHON à ensuite écrit un autre texte, mis en musique par une « sienne » amie, Anita NADAL. Les chansons nées ainsi n’ont pu être enregistrées. De bêtes questions d’argent. Tout est tombé à l’eau mais les chansons ont survécu, toutes seules…
Enilce ALBERGARIA leur a fait traverser l’Atlantique pour les amener dans son pays. Elle a pris des cours de chant et s’est mise en tête d’entretenir leur souffle, leur donner une autre vie colorée aux accents du Brésil. Les années ont passé jusqu’au jour où elle les a rapportées à leurs auteurs.
Un disque a été gravé en 2013, Enilce ALBERGARIA s’y faisant l’interprète de Jackie SCHON et d’Anita NADAL, sur des arrangements d’Estevao TEIXEIRA et le soutien de remarquables musiciens brésiliens.
Ce disque : « Traversée en Margens » réunit ainsi la chanson française à textes et la musique instrumentale brésilienne. « Un rêve partagé entre deux ailleurs ».
Jackie SCHON, qui s’était persuadée que nous étions d’éminents critiques, nous a confié ce disque il y a quelques temps. Neuf titres et deux bonus. Un joli disque en apparence, une grande et heureuse découverte à l’écoute.
Ce métissage, cette rencontre sont étonnants et remarquables. Il ne fait aucun doute que la chanson est française, que les textes sont beaux et les mélodies imparables tant elles tournent si vite dans nos têtes. Il ne fait pas davantage de doute que cette chanson est habitée « d’ailleurs ». D’une voix et d’arrangements qui donnent à notre langue un inverse invraisemblable. Ce sont habituellement nos chansons traduites, en anglais souvent, qui prennent une autre dimension, plus ample, plus universelle. Ici, c’est l’âme brésilienne qui vient servir avec une grande générosité notre culture. La saudade pour nourrir le réalisme romantique exprimé par Jackie SCHON et Anita NADAL.
Elles n’auraient jamais imaginé, à l’époque de leur écriture, qu’il en irait ainsi. Que des mélodies sans autres intentions que gauloises pourraient parler portugais et qu’une chanteuse dont il est loin d’être certain qu’elle maîtrise notre langue s’éprendrait à ce point des textes de Jackie SCHON qu’elle leur insufflerait son sang latino-américain en forme de trait d’union. De fusion.
Bref, la « Traversée Entre Margens » nous plait et nous avons plaisir à vous en parler. Nous avons décidé de soutenir ce disque qui a besoin de vivre, et cette œuvre nourrie au temps qui a passé.
Comment procéder ? Il nous est venu l’idée de joindre à ce récit un fichier numérique (réalisé encore par un nôtre prosélyte, Vincent MATHIS) de 4 minutes, pour quatre extraits. Vous donner l’eau à la bouche, peut être, pour nous dire que, mécènes, vous aiderez nos auteurs, ferez l’acquisition de ce disque et en parlerez autour de vous (laissez-nous un message sur ce site, avec vos coordonnées).
Voilà donc une autre forme de soutien. Nous sommes certains que nous en explorerons d’autres, mais démontrons d’abord que celle là est efficace !
SIDNE CRINCHABOU

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QUE DEVIENT LE TRIO ORLANDO

Nous avons soutenu le Trio Orlando au cours de l’année 2013 en lui proposant un public à l’occasion de deux soirées, mais également en faisant du bruit autour de lui et en allant le voir à l’occasion de ses concerts.
Nous apprenons que le groupe ORLANDO vient d’être lauréat du 1er prix Tremplin Francophone « Le Mans Cité Chanson » 2014.
Il nous était évident que ces artistes étaient remarquables, novateurs, créatifs, imaginatifs, auteurs, comédiens, fascinants.
A tous ceux qui voudraient les voir et les revoir, sachez qu’il seront en concert « King Kong Power Trio » tous les samedis du mois d’avril, chez ta Mère, à TOULOUSE (Rue des trois piliers – 09 54 79 56 31).
Ce seront les samedi 5, 12, 19 et 26, à 20 heures.
Nous vous engageons à les rencontrer, les voir et les entendre. A les soutenir encore.
SIDNE CRINCHABOU

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