SANDOVAL & PAAMATH : Quand un philosophe aime !

PAAMATH et SANDOVAL : les épousailles infinies des musiques passionnelles

 

Sandoval et Paamath appartiennent à deux constellations d’un même ciel universel. Le flamenco, musique de feu, et la musique africaine, musique d’eau. Leur union ne peut être que libre, provisoire, sur la même terre, l’un en élévation vagabonde, le flamenco, l’autre en puisant dans la terre des origines, dans le sol ferme de la communauté humaine. D’où l’apaisement effréné, la joie explosive et tempérée que donnent à vivre Sandoval et Paamath.

La musique de Bernardo Sandoval est le combat du désir d’extase et du plaisir de l’étirement rythmé, du feu vertical et de la sobriété mélodique. Elle est l’impatience du volcan qui, éruptif chaotique, s’écoule, aussi, lentement, dans des rivières régulières de lave en fusion. Elle est le charme qui tente d’enrôler la femme en tant que taureau, la femme comme énergie colossale, capable de soulever le monde. Le flamenco en tant que musique est la tentative de maîtriser cette bête furieuse et souveraine – et son échec. Il ne peut que s’agenouiller devant la femme mythique, archaïque, toute-puissante, féconde, jouisseuse, orgasmique, invinciblement inaltérée par l’homme et révélée telle qu’en elle-même par le flamenco. Jouissance d’explosion donc.

La musique de Paamath est une tout autre aventure, parmi les eaux fraiches des paradis africains. Elle est l’alliance de l’énergie entêtée et du large manteau de la terre protectrice, de la rigueur rythmique et de l’envolée calmement lyrique, du soleil patient et de la forêt profonde. La voix de Paamath est rocaille et duvet, gravité du pinson, sombre voix sourde et chant cristallin de l’oiseau lumineux. Elle enveloppe et berce, sous les cieux maternels. Elle apaise la brûlure du désir par son étirement et son tissage. Paamath est un tisserand des désirs primordiaux. Jouissance de la retenue donc.

Pour eux, être ensemble n’est pas donné. Cette improbable liaison requiert un témoin et un catalyseur : le public. Sandoval se radicalise, torche de feu incontrôlable, tandis que Paamath s’oppose par l’indéfectible amour de la régularité et le désir d’harmonie. L’un est chaos fulgurant, l’autre ordre caché des choses paisibles. Par moment, ils échangent leur qualité. Sandoval s’adoucit tandis que Paamath s’envole. Comme au coin du feu, ils jouent pour faire et refaire le sentiment d’être ensemble, même divers et ondoyant.

Ils révèlent l’universel de toute musique : déchainer le chaos primordial et opérer sa mise en ordre. Ils expriment l’indissoluble mariage du masculin et du féminin, leur combat rythmique et leur paix mélodique. L’Espagne immémoriale et l’Afrique éternelle, deux mythes pour une seule et même histoire humaine d’art et d’amour.

Jean-Jacques Delfour (critique à « linsatiale.org »).

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CEUX QUE J’AI RENCONTRÉS NE M’ONT PEUT-ÊTRE PAS VU

Hier soir j’étais comme un certain nombre d’entre nous au Théâtre SORANO, « à Sorano » comme disent les toulousains.

À l’affiche, « Ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vu ». Un spectacle dont le titre, à lui seul, annonçait déjà un thème difficile et dérangeant.

Les lumières se sont éteintes sur une salle pleine à craquer et la scène s’est animée. Ils étaient nombreux, une quinzaine, comédiens du « NIMIS GROUPE » et amateurs rencontrés sur les premières terres de l’exil à LAMPEDUSA.

Et durant deux heures, dans une formidable mise en scène mêlant, en un mouvement incessant, images, voix off, monologues et dialogues, lectures et interviews, lumières et obscurité, nous avons traversé à leurs côtés un océan de souffrance, de peur au ventre et de solitude. Le prix à payer, le combat à livrer, pour rejoindre ce que l’on croit être un monde meilleur, le nôtre. Le nôtre ?

Dans la chaleur douce de cette belle soirée d’octobre, les uns et les autres ressortaient de Sorano sans voix, la gorge serrée, la honte au cœur. Le théâtre est parfois un sacré passeur de messages ; nous les avons reçus en plein visage. Et pourtant, moi, l’humble présidente de Tous Mécènes, je ne pouvais pas m’empêcher d’être fière.

Fière parce que dans ce monde où se se dresse si facilement le mur de l’indifférence et de l’individualisme, quinze de nos mécènes ont répondu à notre appel, ou plus précisément à celui de Denis et Marie, pour héberger, plusieurs jours durant, les membres de cette nombreuse troupe théâtrale et permettre ainsi la venue à TOULOUSE de ce spectacle.

Et nous pouvons dire ensemble à tous ces « BERNARD CHRISTOPHE » présents sur scène : oui nous vous avons rencontrés, oui nous vous avons vus, oui nous sommes heureux de vous connaître… »

Sylvie ROCHER  : Présidente de TOUS MÉCÈNES

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LORENZO NACCARATO TRIO – NOVA RUPTA

Nous soutenons depuis le début Lorenzo NACCARATO et son trio. Certains de nos mécènes sont désormais très près d’eux.

Nous recevons l’information selon laquelle vient de naître leur second album, sorti le 21.09.2018, sous le label Laborie Jazz.

À cette occasion, nos trois amis étaient en concert au Studio de l’Ermitage à PARIS, lors du festival Ermi’Jazz.

Lorenzo, Adrien et Benjamin ont ainsi pensé cet album intitulé NOVA RUPTA (la nouvelle éruption) :

« Ce disque prolonge un travail initié il y a six ans autour de l’idée d’une musique cinématique. L’imaginaire des mouvements telluriques renvoie autant à l’idée d’une société en transition, à l’aube d’une nouvelle éruption, qu’au statut de l’artiste cherchant à capter et à retranscrire, tel un sismographe, les vibrations de son époque et de son environnement ».

Nous aimons le travail de Lorenzo Naccarato Trio et sommes heureux que son art soit pérenne.

Pour les suivre et soutenir ces musiciens : leur disque bien sûr, mais aussi facebook, youtube et instagram !

Signé : CRINCHABOU

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SYMPHONIE VISUELLE DANS L'ESPACE : Sophie BEGUIER & Thomas BODINIER

Chronique de Dany (2)
Symphonie visuelle dans l’espace !
Pour tous ceux qui auraient manqué le rendez-vous de fin juin chez nos amis mécènes, Cécile et Philippe Martel, ce rappel d’un spectacle original, émouvant et drôle, duo aérien et musical de la harpiste Sophie BEGUIER et du circassien Thomas BODINIER.
Vous aurez heureusement la chance de les retrouver, dans quelques mois, à l’Espace Bonnefoy !
Une concertiste en tenue de gala, fine et frêle silhouette immobile, donne un récital de harpe. Tandis que les arpèges s’égrènent magnifiquement sous le ciel d’été, un jeune homme banal l’écoute, séparé d’elle par une barrière de sécurité. Soudain, il semble pris d’une envie magnétique de la rejoindre ! Commence alors un corps à corps spectaculaire avec les barreaux de métal qui entravent son désir puis avec l’énorme instrument qui semble le défier. Avec toutes les ruses possibles de son corps et l’obstination d’un jeune chat, il tente de s’immiscer entre elle et sa harpe, la prive de son siège, lui inflige de petites misères surprenantes, parfois comiques, parfois dangereuses pour capter son attention, l’empêcher de jouer, la ravir à son art, la séduire peut-être ?
Ce combat jouissif et tendre, débordant d’imagination, d’agilité et de douceur, est porté par une musique superbement interprétée par une harpiste aussi virtuose que circassienne. Entre danse et acrobatie, jeux d’équilibre et mime, morceaux classiques et composition personnelle, il nous offre un dialogue des corps naïf et drôle entre un jeune prétendant audacieux et une concertiste… déconcertée. Un petit bijou de poésie !
Une musique qui élève l’âme et la rencontre improbable de deux classes sociales différentes, deux enjeux profonds de ce spectacle intelligent ont ravi nos yeux et nos oreilles. Je ne saurais trop vous conseiller de ne pas laisser échapper l’occasion nouvelle qui s’offre à vous d’aller admirer et applaudir, seuls ou en famille, Sophie BEGUIER et Thomas BODINIER dans la reprise de ce spectacle au Jardin Michelet de l’Espace Bonnefoy, le lundi 13 février 2019 !

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BARBARA WELDENS – DESTIN QU'AS-TU FAIT ?

Amis,

            Barbara WELDENS, notre Barbara WELDENS, est morte aujourd’hui. Le 20 juillet 2017. Sur scène. Dans l’église des Cordeliers à GOURDON. Vraisemblablement électrocutée. Elle avait trente-cinq ans.

            Un soir d’orage, d’éclairs formidables, de lumières fulgurantes et lézardées, ondes de choc annonçant l’onde sonore terrible, claquante et sèche : le tonnerre.
Il nous est dit que c’était autour de minuit.
Destin qu’as-tu fait ? Ce jour. Cette heure. Prétendras-tu qu’elle les avait écrits elle-même quand, en 2014, elle nommait son concert (et son disque) d’alors « Minuit et quart » parce que « ça sonnait bien », parce que « ça me ressemble un peu », parce que minuit c’est « l’heure du crime » et parce que « et quart » c’est « un poil trop tard pour être sérieux » ?
Pourvu qu’il ait été minuit et quart !
 
Destin, triste sire. Triste sort. Une église. Un clocher. Un glas. En quoi te dérangeait-elle cette magnifique prêtresse de l’amour, cette enfant de la balle, belle, généreuse, géniale et résiliente ?
Pourvu, au moins, que tu l’aies emportée parce qu’elle avait osé opposer le pourpre au pourpre !
 
Destin, salaud ! C’est sûr, tu t’es trompé. Ce n’était qu’en rêve, tu sais, qu’elle mangeait des oiseaux.
Pourvu que celui qu’elle faisait d’être un corbeau se soit éteint avec elle et que, l’inexplicable que la foudre a libéré, ait emprunté son vol à l’oiseau de paradis.
 
Méprisable destin, à quoi as-tu pensé ? Qui, désormais, nourrira le réveil des matins de   Ginou, de Pierre et de tous les autres ?
Pourvu qu’ils aient la force de surmonter ton infect dédain !
 
Ô, destin, pardon. Nous te supplions. Ramènes-là. Avais-tu bien compris qu’elle venait du cirque ? « Le vrai Cirque, qui sent la sciure, la bâche et la pisse de tigre ».
T’es-tu souvenu qu’elle avait « grandi dans les odeurs de la piste », qu’elle avait « appris son métier sur le tas, jongleuse, acrobate et dresseuse » pour notre bonheur ?
T’es-tu rappelé qu’elle a promené ses numéros de scènes en rues, de salles en chapiteaux et que, « pourtant », elle chantait ?
L’as-tu jamais écoutée ? T’es-tu jamais intéressé aux cahiers d’écolier qui ne la quittaient pas, trace et traces d’une vie que le juste t’interdisait d’interrompre ?
Étais-tu sourd quand tu as frappé celle qui est née alors que le vieux siècle était déjà à son déclin, le 17 avril 1982, sous le nom de JACQUINOT ? Barbara JACQUINOT. Barbara WELDENS. Notre princesse.
Qu’as-tu voulu, qu’as-tu cherché ? Nous signifier qu’il est vain, néfaste et fatal de rêver pour l’autre, nous qui rêvions pour elle que son art explose à la face du monde ? Que nos propres songes devaient nous suffire et que, foudroyant son cœur, c’est aussi le nôtre que tu voulais faire saigner pour avoir laissé déborder notre admiration, le nôtre que tu souhaitais serrer, jaloux de notre affection ?
Tu ne la ramèneras pas.
Ton aveuglement est haïssable, il t’est si facile de nous porter au manque, à contraindre nos pensées vers elle et à te moquer de notre chagrin.
Il est impuissant pourtant, sauf à nous détruire tous, à l’épuisement de nos mémoires. Elle chantait. Elle chante. Elle chantera. Toujours.
Là-bas, là-haut peut-être, près d’un astre qui prêtera enfin sa rondeur à son sein, mais ici, d’abord.
À cela, tu ne peux rien.
 
Sidne Crinchabou

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DOREEN

 
Je ne vous raconterai rien. Je serai concis. Je remercie seulement. Nous étions le 08.12.2016 au Théâtre Garonne.
Merci au Théâtre Garonne d’avoir programmé Doreen.
Merci à David GESELSON de s’être inspiré de la lettre à D., d’avoir sollicité Laure MATHIS pour incarner celle dont le prénom est si étrangement orthographié, et d’avoir imaginé cette mise en scène où l’invitation à l’intime est si simple. Et belle.
Deux comédiens que nos qualificatifs habituels ne décriraient qu’inexactement. Il faut les associer : un couple magnifique. Une émotion qui se palpe. Une émotion pure.
Les regards vacillent  et parfois s’embuent parce qu’il n’y a pas à résister quand l’offrande est si humble, si généreuse. Puis un temps suspendu. Un silence. Enfin une paix en soi telle qu’applaudir cause un trouble. On aimerait le faire un peu plus tard. Et plus fort.
Doreen. Laure MATHIS, David GESELSON.
Un Bonheur.
Sidne CRINCHABOU

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Ils ont tiré.

Amis,
Ils ont tiré.
Il serait stérile d’évoquer encore l’horreur.
« Tous Mécènes » est bâtie sur des convictions solidaires investies dans l’expression artistique, quelles qu’en soient les formes. L’art, gage de nos indépendances et de nos libertés. L’art, le symbole abîmé, lui aussi.
Ils ont tiré, nous plaçant dans l’incapacité d’imaginer cette horreur car notre imagination ne peut y atteindre. Nous savons qu’elle est, voilà tout.
Ils ont tiré, nous interdisant le compassionnel utile car nous ne pouvons pas, malgré l’empathie dont nous sommes envahis, que nous ressentons avec force, spontanéité et sincérité, être ces enfants, nos enfants, qui assistaient à un concert ce vendredi 13 novembre 2015, ces gens libres et paisibles, là ou ailleurs dans un stade ou une rue, pour qui la vie est devenue néant.
Ils ont tiré, nous laissant muets à l’évocation de ce que pourra désormais être l’existence de ceux qui ont survécu, atteints ou non physiquement ; il n’y a ni justice ni égalité en traumatismes, seulement des certitudes d’abimement.
Ils ont tiré. Ceux qui sont tombés n’étaient pas soldats de cette étrange guerre de l’invisible et de la démence. Leurs noms, pour le marbre qu’aucune montagne ne pourra jamais enfanter, aussi haute soit-elle : l’innocence décimée, innombrable depuis le premier des jours, ne se grave pas.
Ils ont tiré, nous écartelant entre le soulagement d’avoir été épargnés, dans nos vies, nos familles et ceux que nous connaissons, et une sourde, insupportable et dérangeante culpabilité de l’avoir été. La peine de ceux qui en débordent ne nous est perceptible que dans l’idée de l’immense, sans que cette immensité ne nous soit mesurable. Nos pensées d’altérité nous pèsent car nous ne savons ni quoi faire, ni quoi dire. Ni quoi faire pour eux, ni quoi leur dire.
Mais nous pouvons faire et dire pour tous. Nous le devons. Celui d’aujourd’hui n’a que dettes pour ceux qui l’ont précédé en lui confiant un modèle précieux même s’il ne sait plus le voir.
La peur latente, comme celle de ceux qui n’osent vivre par crainte de voir leur bonheur se briser, peut-être contrariée. Elle est à notre portée dans le combat de nos quotidiens. Ce combat est de notre responsabilité.
Menons-le en étant vivants. Sortons, emplissons les salles de spectacle, les théâtres, les expositions, les rues, les terrasses des cafés, les stades.
Davantage encore que ce que nous n’avons jamais fait. Aucun monde libre ne s’est jamais défendu aux abris, ni en délégant à d’autres la tâche d’en préserver l’intégrité.
Sidne Crinchabou.

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VRAC DE NOUVELLES

VRAC de nouvelles !
Voilà trop longtemps que nous n’avons pas évoqué ces artistes dont nous avons croisé le destin.
Que deviennent-ils, au fil de ces années ? Quelle fut l’efficacité de ce tendre petit coup de pied que nous plaçâmes délicatement à des fondements dans lesquels des espoirs de reconnaissance nous ont impliqués ? Ces élans, cette énergie que les applaudissements de nos publics ont initié ou entretenu, se sont-ils prolongés dans l’inertie, dans l’énergie, les rencontres heureuses ? Peuvent-ils vivre de cet art à la maturité duquel ils nous ont associés ?
IDEM COLLECTIF, privilège de l’ancienneté oblige, puisque ce fut notre première aventure en 2010.
Rappelez-vous, Laure MATHIS, Aline REVIRIAUD et Elisabeth HÖLZLE, qui ont créé cette compagnie fondée en BOURGOGNE.
Elle n’a jamais cessé d’exister. Ces trois comédiennes qui se mettent elles-mêmes en scène, associées au théâtre DIJON-BOURGOGNE, ont une actualité brûlante puisqu’elles vont donner leur nouvelle création (« de toute façon on n’en sortira pas vivants »), du 3 au 7 novembre prochains, à DIJON, dans un travail de montage autour des textes de Leslie KAPLAN.
Nous y serons !
Depuis 2010, nous avons revu Laure MATHIS :
– à TOULOUSE, au Théâtre GARONNE, dans « Robert PLANKET » et plus tard dans le « Goût du faux et autres chansons » (Jeanne CANDEL)
– à TOULOUSE encore en résidence pour un travail proposé par Julie CORDIER, avec Elodie Vom HOFE : « le secret dans la Barbe »
– à GENNEVILLIERS pour ce spectacle abouti
– à BEZIERS puis à BORDEAUX dans la « Fausse suivante »
– et d’autres lieux encore
Elisabeth HÖLZLE, dans Hey Be, nous a proposé une belle rencontre avec Pascal SANGLA, comédien, musicien, auteur-compositeur, avec lequel elle nous a invités à redécouvrir BOURVIL.
Pascal SANGLA, que nous n’avons jamais perdu de vue (ni d’oreille), a aussi une actualité automnale puisqu’il vient de graver son troisième album (« Par la fenêtre ») révélé au public le 09.10.2015, enregistrement dont Philippe MEYER (« La prochaine je vous le chanterai ») s’est fait récemment l’écho (France Inter le samedi à midi).
Nous envisageons très prochainement de l’accueillir encore pour l’aider à pousser ces nouvelles chansons vers le public.
Anne KAEMPF et Lior SHOOV (compagnie BOCA ABIERTA), ces lutin(e)s assez déraisonnables, sont dans l’immédiateté de dates au BIJOU, à TOULOUSE, les 24 et 25 novembre prochains, à 21 heures 30 : à ne manquer sous aucun prétexte ! Nous y serons !
Pour mémoire nous les avions soutenues en juillet 2012, chez François et Stella, et ce fut un grand moment !
Barbara WELDENS, gère toujours « son » théâtre de Pierre à FOUZILLONS (près de Béziers) et se multiplie dans la création, la composition et l’écriture (se joue le 17.10.2015 au Centre Culturel de COURBEVOIX une pièce pour enfants ,« VASSILISSA », mise en scène par Julie CORDIER et interprétée par Elodie Vom HOFE (nous avions rencontré l’une et l’autre lors de la résidence que nous avions organisée pour elles, et Laure MATHIS, à l’occasion de leur travail sur « le Secret dans la barbe »).
Nous avons été écouter récemment Barbara WELDENS, au Bijou (Avenue de Muret à TOULOUSE), avec de nouvelles compositions et, surtout, une nouvelle mise en scène : elle a accepté d’abandonner un peu son piano pour le confier à une autre Barbara et a fait la rencontre avec un guitariste de talent qui s’est parfaitement fondu dans l’univers de notre protégée. Nous avions passé une très belle soirée, l’émancipation allant très bien à Barbara.
Erwan MELLEC, l’accordéoniste du trio de la Muerte (c’était encore chez François et Stella au mois d’avril 2012) a fait d’autres rencontres pour s’acoquiner avec un tuba et un autre guitariste, réunion formant un nouveau trio : « Swing of France » (un CD a été gravé chez SOF PROD en avril 2015).
Nous l’avons rencontré, au hasard de nos curiosités, aux « Nuits de Nacre » (grand rassemblement annuel autour de l’accordéon), à TULLE, au mois de septembre.
Didier ROTELLA poursuit sa carrière de pianiste ; il a notamment pu se faire entendre en récital à PARIS, à la Cathédrale Sainte-Croix-des Arméniens ainsi qu’à l’Opéra de PARIS. Il a surtout obtenu en 2014 le prix de composition CHEVILLON-BONNAUD.
Le trio ORLANDO a désormais une réputation (oh combien méritée) qui déborde de notre sphère toulousaine, jusqu’à avoir été entendu en AVIGNON, cet été, et bien plus loin encore : Frédéric MARCHAND, Aïda SANCHEZ et Christelle BOIZANTE ont pris leurs habitudes à PARIS !
La dernière fois que nous avons entendu Julien RENON (son spectacle dédié à Boris VIAN), c’était sur la scène du BIJOU au début de cette année 2015.
Nous sommes dans l’attente de l’actualité de nos autres amis pour la communiquer.
SIDNE CRINCHABOU – RAIME MELOUDE

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"MORALOUNETTES" DE L'ILLISIBLE

MORALOUNETTES,

J’allais comme d’habitude. Ni plus ni moins. Je longeais au guidon de mon scooter les mêmes platanes, le même bord de canal, ainsi que je le faisais depuis des années.

La douceur du printemps n’invitait pas plus qu’hier à cette impression de bonheur que flore et faune offrent à nos états d’âme dans leur cycle de renaissance annuelle.
Aucun événement ne s’était glissé depuis la veille dans ma vie personnelle et rien, dans la journée qui s’annonçait, n’était de nature à me réjouir plus que de coutume.

Je ne comprenais donc pas pourquoi, ce jour-là, je vivais une sensation différente, euphorique, unique. J’étais un sourire intérieur. Quelque chose en moi produisait une alacrité semblable au souvenir que me laissaient les ivresses de l’enfance, la fraîcheur de l’inconscience et l’insouciance de la candeur. J’allais sur mon scooter comme débarrassé d’une vieille peau, mue inattendue et magnifique.

Je ne comprenais pas mais refusais de m’interroger. Je prenais l’instant comme on déchire le papier d’un cadeau sans chercher à en deviner la nature. Je savais, intuitivement, que ce n’était qu’un moment.

Ce ne fut bien sûr qu’un moment auquel la sagacité des pandores, en faction un peu plus loin, s’est chargée de mettre un terme.

C’est en me faisant observer d’une raideur toute militaire que je ne portais pas de casque, oubli dont je n’avais pas eu conscience, que la maréchaussée me procura celle, immédiate, en un bloc d’évidences :

  • Que j’avais été libre (et que je ne l’étais plus)
  • Que j’en avais été heureux
  • Que je n’avais pas su savoir pourquoi puisque je ne savais pas que je ne portais pas la carapace réglementaire, et que c’est cette impression nouvelle de conducteur sans gangue qui m’avait enivré
  • Que la liberté, ou son sentiment, ne sont pas qu’affaire de volonté
  • Qu’elle peut tenir à peu de chose
  • Qu’elle est peut-être plus une impression qu’un état
  • Qu’elle est éphémère
  • Qu’elle a un prix (information pratique pour les incultes : ici, 90 € et trois points)

 

Moralounette 1 : il est donc faux de dire que la liberté n’a pas de prix, ne serait-ce que                            celui du sang, dîme que nombreux ont versé, versent et verseront

Moralounette 2 : la liberté n’a toutefois de prix, toujours idiot puisqu’il peut être aussi                                     celui du sang, que si elle nous est contestée

Moralounette 3 : c’est cette contestation qui nous procure la conscience de son                                                   existence et, par- là, celle que la liberté est vitale et, par voie de                                                   conséquence, sans prix

Moralounette 4 : ce n’est qu’à partir de là que commencent les ennuis, ce qui n’a pas                                     de prix étant à la fois inaccessible (inaccessibilité à laquelle l’on ne se                                     résout que dans la terreur et la soumission ) et irrationnel (il                                                   apparaît tellement normal à des milliards d’habitants de notre planète                                     qu’un coup de crayon soit passible de la peine de mort pour son                                                   auteur, pour ceux qui l’entourent, ceux qui le protègent et tous ceux                                           qui défendent la liberté d’expression !)

Moralounette 5 : la liberté est un sujet inépuisable, ce qui rend le propos sans                                             valeur comme toute matière intarissable

Signé : illisible

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UNE BELLE HISTOIRE, UNE HISTOIRE DE TRENTE ANS


UNE BELLE HISTOIRE, UNE HISTOIRE DE TRENTE ANS
Nous voulons que vous connaissiez cette histoire qui nous a été contée au hasard de nos hasards.
C’est ainsi que nous avons rencontré Jackie SCHON. Puis Anita NADAL, sa complice.
Nous vous invitons avec insistance à ne pas proposer ce nom de SCHON à un moteur de recherche (il faudrait dire : ne la googlisez pas !). Vous finiriez forcément par dénicher son blog et il y a fort à penser que vous lâcheriez notre histoire.
« Linguiste, Jackie SCHON est Maître de Conférence honoraire au sein du département des sciences du langage à l’Université de Toulouse-Mirail. Ses travaux de recherche s’orientent plus spécifiquement sur les liens entre la linguistique et la psychanalyse, la familiarité langagière ».
Jusque là, disons que ça va à peu près. Ce sont les titres des ouvrages qu’elle a commis, que son blog recense, qui pourraient avoir sur vous, ou sur la majorité d’entre « nous », des effets secondaires regrettables et injustes.
Voyons plutôt :
– « Le parler familier », un modèle français
– Le concept freudien « d’inquiétante étrangeté »
– A linguistic illustration of a lacanian concept
– De la prise en compte des mécanismes inconscients
– Etc…
Nous sommes donc bien d’accord : vous ne solliciterez pas la toile. Du moins pas avant d’avoir lu ce qui suit.
Sachez en effet qu’à côté de cette austère rigueur universitaire, Jackie SCHON (il faut ajouter un tréma sur le « O ») a bien des jardins secrets, parmi lesquels un intérêt forcené pour les arts sous toutes leurs formes.
Poète, parolière, elle a écrit dans les années 1980 un dialogue théâtral qui a été monté puis représenté à la Cave Poésie à TOULOUSE (alors dirigée par René GOUZENNE), mais aussi joué en Avignon (à la Case d’Irène), dans un Centre culturel à COLOGNE et aussi au Brésil.
Aussi au Brésil. Son lien avec ce pays se trouve peut être dans la relation privilégiée qu’elle a entretenue avec une de ses étudiantes, Enilce ALBERGARIA qui, forte des enseignements reçus, est devenue à son tour professeur à l’Université de JUIZ de FORA.
Jackie SCHON à ensuite écrit un autre texte, mis en musique par une « sienne » amie, Anita NADAL. Les chansons nées ainsi n’ont pu être enregistrées. De bêtes questions d’argent. Tout est tombé à l’eau mais les chansons ont survécu, toutes seules…
Enilce ALBERGARIA leur a fait traverser l’Atlantique pour les amener dans son pays. Elle a pris des cours de chant et s’est mise en tête d’entretenir leur souffle, leur donner une autre vie colorée aux accents du Brésil. Les années ont passé jusqu’au jour où elle les a rapportées à leurs auteurs.
Un disque a été gravé en 2013, Enilce ALBERGARIA s’y faisant l’interprète de Jackie SCHON et d’Anita NADAL, sur des arrangements d’Estevao TEIXEIRA et le soutien de remarquables musiciens brésiliens.
Ce disque : « Traversée en Margens » réunit ainsi la chanson française à textes et la musique instrumentale brésilienne. « Un rêve partagé entre deux ailleurs ».
Jackie SCHON, qui s’était persuadée que nous étions d’éminents critiques, nous a confié ce disque il y a quelques temps. Neuf titres et deux bonus. Un joli disque en apparence, une grande et heureuse découverte à l’écoute.
Ce métissage, cette rencontre sont étonnants et remarquables. Il ne fait aucun doute que la chanson est française, que les textes sont beaux et les mélodies imparables tant elles tournent si vite dans nos têtes. Il ne fait pas davantage de doute que cette chanson est habitée « d’ailleurs ». D’une voix et d’arrangements qui donnent à notre langue un inverse invraisemblable. Ce sont habituellement nos chansons traduites, en anglais souvent, qui prennent une autre dimension, plus ample, plus universelle. Ici, c’est l’âme brésilienne qui vient servir avec une grande générosité notre culture. La saudade pour nourrir le réalisme romantique exprimé par Jackie SCHON et Anita NADAL.
Elles n’auraient jamais imaginé, à l’époque de leur écriture, qu’il en irait ainsi. Que des mélodies sans autres intentions que gauloises pourraient parler portugais et qu’une chanteuse dont il est loin d’être certain qu’elle maîtrise notre langue s’éprendrait à ce point des textes de Jackie SCHON qu’elle leur insufflerait son sang latino-américain en forme de trait d’union. De fusion.
Bref, la « Traversée Entre Margens » nous plait et nous avons plaisir à vous en parler. Nous avons décidé de soutenir ce disque qui a besoin de vivre, et cette œuvre nourrie au temps qui a passé.
Comment procéder ? Il nous est venu l’idée de joindre à ce récit un fichier numérique (réalisé encore par un nôtre prosélyte, Vincent MATHIS) de 4 minutes, pour quatre extraits. Vous donner l’eau à la bouche, peut être, pour nous dire que, mécènes, vous aiderez nos auteurs, ferez l’acquisition de ce disque et en parlerez autour de vous (laissez-nous un message sur ce site, avec vos coordonnées).
Voilà donc une autre forme de soutien. Nous sommes certains que nous en explorerons d’autres, mais démontrons d’abord que celle là est efficace !
SIDNE CRINCHABOU

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QUE DEVIENT LE TRIO ORLANDO

Nous avons soutenu le Trio Orlando au cours de l’année 2013 en lui proposant un public à l’occasion de deux soirées, mais également en faisant du bruit autour de lui et en allant le voir à l’occasion de ses concerts.
Nous apprenons que le groupe ORLANDO vient d’être lauréat du 1er prix Tremplin Francophone « Le Mans Cité Chanson » 2014.
Il nous était évident que ces artistes étaient remarquables, novateurs, créatifs, imaginatifs, auteurs, comédiens, fascinants.
A tous ceux qui voudraient les voir et les revoir, sachez qu’il seront en concert « King Kong Power Trio » tous les samedis du mois d’avril, chez ta Mère, à TOULOUSE (Rue des trois piliers – 09 54 79 56 31).
Ce seront les samedi 5, 12, 19 et 26, à 20 heures.
Nous vous engageons à les rencontrer, les voir et les entendre. A les soutenir encore.
SIDNE CRINCHABOU

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LAURE MATHIS ET SES AMIS : LA FAUSSE SUIVANTE

Le premier soutien de notre association, au mois de juillet 2010, concernait trois comédiennes (dans INSERT) : Laure MATHIS, Elisabeth HOLZLE et Aline REVIRIAUD.
Ce soutien s’était organisé chez nos premiers  et inaltérables mécènes, François SOULA et Stella BISSEUIL.
Nous avons revu Laure MATHIS à TOULOUSE, au mois de juillet 2012, grâce à la famille MATEOS (Le secret dans la Barbe avec Elodie VOM HOFFE et Julie CORDIER) et Elisabeth HOLZLE en décembre 2012 (dans le génial HEY BE, avec Pascal SANGLA), toujours chez François et Stella.
Nous avons reparlé de Laure MATHIS en 2013 à l’occasion de l’éclosion du Secret dans la Barbe à GENNEVILLIERS (nous y étions, c’était vraiment bien. Non, c’était très très bien !).
Peut être avons nous oublié d’évoquer, l’année dernière (« m’enfin« , où avons nous la tête), son engagement dans la FAUSSE SUIVANTE (ou le fourbe puni), en même temps que son compagnon (Arnaud TROALIC), sous la direction et la mise en scène de Nadia VONDERHEYDEN.
C’est une magnifique pièce qui ne devrait pas nous rajeunir puisque MARIVAUX l’a écrite en… 1724. Et pourtant ! Nous l’avions vue à BEZIERS et nous irons encore la voir, cette année (à BORDEAUX). Car la Fausse Suivante, forte de son succès, repart sur les routes, ce qui nous conduit à un soutien itinérant certes mais heureux.
Nous avons hâte de revoir Catherine BAUGUE, Julien FLAMENT, Maxime LEVEQUE, Laure MATHIS, Arnaud TROALIC et Nadia VONDERHEYDEN dans cette vision un peu folle et diablement enlevée du regard porté par Marivaux sur le genre humain et la société de son temps (inutile de dire qu’ils n’ont pas pris beaucoup de rides !).
Le texte, d’une grande densité, est une histoire de tromperie. Fascinant. Foisonnant.
Il ne sera malheureusement pas donné à TOULOUSE (pour l’instant) mais :
– le 07.02.2014 au Théâtre Louis ARAGON à TREMBLAY-EN-FRANCE
– du 11 au 14 février 2014 au Théâtre National de BORDEAUX-AQUITAINE
– les 18 & 19 février 2014 au Scènes du Jura à LONS-LE-SAULNIER
– du 25 au 27 février 2014 à BONLIEU, Scène Nationale d’ANNECY
– les 06 & 07 mars 2014 au CDN de SARTROUVILLE
– du 11 au 15 mars 2014 à La Rose des Vents, Scène nationale à VILLENEUVE D’ASCQ
– le 18 mars 2014 au MA Scène nationale à MONTBELIARD
– le 21 mars 2014 au Théâtre de MACON
– du 25 au 29 mars 2014 au CDN de DIJON
– du 02 au 04 avril 2014, LE PHENIX, Scène nationale, à VALENCIENNES
– le 10 avril 2014 au Théâtre du Jeu de Paumes, ATP à AIX-EN-PROVENCE
– les 15 et 16 avril 2014 à la Scène nationale 61, à FLERS
– les 06 et 07 mai 2014, à la Scène nationale d’EVREUX-LOUVIERS
– du 15 au 25 mai 2014 au théâtre de NANTERRE-AMANDIERS
Quel itinéraire ! Les comédiens, heureusement, ne se déplacent plus en roulotte ; nous non plus !
Ce « Fourbe puni » en vaut vraiment la peine et nos artistes nous y émerveillent.
Faute pour vous de faire la route des vins à ces périodes (Bordeaux, Mâcon, Dijon, le Jura…), ou encore d’aimer la montagne en hiver, la Provence au printemps, joignant ainsi l’utile à l’agréable en leur apportant votre soutien direct et personnel, parlez-en !
Ce serait bien le diable si, par nos courriels et nos téléphones, nous n’incitions pas avec quelques succès nos relations de tous crins, de LONS-LE-SAUNIER ou de MONTBELIARD, à la suivre en vrai cette fausse suivante !
Chiche !
Sidne CRINCHABOU

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OU EN EST LE CROCODILE TROMPEUR EN CE DEBUT D'ANNEE 2014 ?

L’on ne rappellera que pour mémoire notre indéfectible soutien au CROCODILE TROMPEUR. Nous en avons quelques nouvelles, bien sûr. Elles sont très bonnes. Quelques mécènes, qui n’avaient pu le rencontrer à TOULOUSE au mois de novembre 2013 mais qui n’ont pas manqué l’occasion de faire sa connaissance à PARIS, nous ont rapporté qu’il allait très bien.
Il vous intéressera peut être de savoir que, dans son numéro du 1er janvier 2014, le TELERAMA « sortir » lui a attribué deux T en écrivant ceci :
« On connait les arias sublimes de l’opéra baroque de PURCELL inspiré de l’Enéide, de Virgile. Jeanne CANDEL et Samuel ACHACHE en présentent une version « bricolée », questionnant l’oeuvre sur le plan esthétique et philosophique, au point d’en faire une sorte d’ovni contemporain. Des morceaux de théâtre, burlesques ou poétiques, dans une scénographie bizarre, créent un décalage avec l’oeuvre lyrique, en faisant alterner le rire et le tragique (Didon et Enée, qui s’aiment d’amour, vont devoir se séparer et Didon en mourir). Le jeu des contrastes nous surprend, et on ne comprend pas toujours le pourquoi de certaines scènes. Un décalage qui, étrangement, rend pourtant bouleversantes les scènes lyriques chantées par des acteurs-chanteurs magnifiques, notamment Judith CHEMLA, dirigés par Florent HUBERT« .
A tous ceux qui auraient des regrets ou des envies d’encore, car sa tournée d’hiver est terminée, sachez qu’il reste de nombreuses occasions de découvrir cet animal qui se montre aussi au printemps :
– 31 mars et 1er avril : au Théâtre Firmin-Gémier-la-Piscine à CHATENAY-MALABRY
– 04 et 05 avril : à BEZIERS, Sortie Ouest
– 09 et 10 avril : à La Comète, à CHALONS-EN-CHAMPAGNE
– 16 et 17 avril : au Théâtre des Salins à MARTIQUES
– 22 au 24 avril : au Trident à CHERBOURG
– 29 et 30 avril : au Forum Meyrin en SUISSE
– 12 et 13 mai : à l’Espace Malraux à CHAMBERY
– 16 et 17 mai : au Théâtre de la Renaissance à OULLINS
– 20 et 21 mai : au Théâtre de VILLEFRANCHE-SUR-SAONE
– 26 et 27 mai : Festival Théâtre en mai au Théâtre de DIJON
– 03 au 05 juin : CNCDC à CHATEAUVALLON
– 13 et 14 juin : KUNSTFESTSPIELE à HANOVRE (ALLEMAGNE)
Certes, ce n’est pas la porte d’à côté, mais sait-on jamais ! Et puis, qui nous interdit d’en parler à ceux d’entre nos proches d’ici et de là ?
En tous cas, voilà un beau voyage pour ce reptile parti des rives du NIL, passant par TOULOUSE, en ayant croisé avec bonheur notre regard et notre écoute.
Sidne CRINCHABOU

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LE CROCODILE TROMPEUR : UN TRUISME ? (j'adore ce mot mais ne me demandez pas pourquoi)

Le Crocodile Trompeur vient de quitter les tréteaux du théâtre Garonne. Une générale et quatre représentations, c’en est fini. D’autres spots lights se sont déjà allumés à CAEN, puis à VANVES, pour ce reptile des planches qui ne vit pas qu’entre deux eaux.
Voilà donc le billet d’après. En fallait-il un là où il suffisait, pour la louange, d’inviter le lecteur à consulter les sites, liens, émissions et papiers nombreux (France Culture, Télérama, Le Monde, Libération… ) que l’insolent lézard surdimensionné et caparaçonné, suscita, suscite et « suscitatera* » (vous avez bien lu) ?
Oui, il en faut un, ne serait-ce que parce que « Tous Mécènes » est impliqué qui, engagé auprès du Théâtre Garonne au soutien de ces artistes et de leur œuvre, a souhaité que la rumeur (ce bruissement venu des Bouffes du Nord) n’en soit pas une. TOULOUSE prise à témoin : il existe bien ce théâtre jeune, inventif, doué, étonnant, bousculant, bouillonnant d’idées, d’intelligence, de vie et de talents. Nous l’avons vu.
Salle comble, applaudissements inconditionnels, rappels. Les artistes ont quitté le plateau sous des bravos nourris à la mesure de performances admirables.
Il en faut un surtout pour tous ceux qui n’étaient pas au Théâtre Garonne en ce début de mois de novembre. Car ce spectacle est donné ailleurs (CAEN les 13 et 14.11.2013, VANVES les 17 et 18.11.2013, LORIENT du 21 au 23.11.2013, GRENOBLE du 4 au 7.12.2013, PARIS du 27.12.2013 au 12.01.2014, CHATENAY-MALABRY le 31.03.2014 et 01.01.2014, MARTIGUES les 16 et 17.04.2014), car les regrets sont horripilants et parce que nous voulons contribuer à entretenir l’élan, la force créatrice de Jeanne CANDEL, de Samuel ACHACHE et de tous ceux qu’ils ont réunis autour d’eux.
Alors que dire qui ne l’ait été !
Peut être, et pour commencer, que les amateurs d’opéra, les puristes, ceux qui attendaient un « Didon et Enée » nouveau certes (quoi que déjà baroque), mais au moins fidèle à l’ordonnancement convenu, ont pu être ébranlés, frustrés (d’un partage ne laissant pas assez de place à « leur » Purcell), contrariés (que l’on ose opposer les émotions nées de la partition, du poème et du chant tragique à celles tirées de la joie et du rire), bousculés (que violes, théorbes et bassons se voient substituer violoncelle, guitare et saxophones) ou pire encore !
Peut être aussi que les passionnés de théâtre, les vrais de vrai, les durs, qu’ils soient tenants d’un classicisme intègre, qu’ils soient ouverts aux modernes, qu’ils se soient apprivoisés à la création contemporaine, ou encore aux performances les plus ahurissantes, ont pu être déstabilisés, se sentir trahis par cette cohabitation où le texte (anglo-culino-hilaro-lunaire) chercherait son espace entre les portées, les chœurs ou autres sopranos et hautecontre, s’estimer lésés du détournement de certains des leurs vers une scène plus musicale que théâtrale, ou pire encore !
Peut être que, prenant leurs places pour le Théâtre Garonne, des égarés aient omis de se préparer, ignorant que la programmation de ce lieu est rarement sans étonner, sans surprendre, sans interroger, sans captiver. Sans faire débat également. Ou pire encore !
Surprendre ? C’est l’occasion d’évoquer le nom donné à ce spectacle (mais à quoi ont-ils pensé !) comme le propose le titre de ce texte.
Car le moins que l’on puisse dire est que l’on baigne en plein truisme.
Mais commençons, précaution utile, par évoquer à grands traits la sombre histoire qui fait la trame de cet opéra-théâtral : la légende de Didon et Enée selon VIRGILE (dans l’Enéide) et, plus particulièrement ici, selon l’opéra baroque en trois actes d’Henri PURCELL (compositeur anglais) tiré du livret écrit par Nahum TATE (poète anglo-irlandais).
Didon est reine de Carthage. Enée, prince fuyant en bateau la chute de Troie, accoste sur son rivage. Il a reçu la mission divine de fonder un nouveau royaume (pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Rome). Enée resterait bien en Afrique près de Didon car ils sont follement amoureux l’un de l’autre même si, dans un premier temps, la reine a résisté au bonheur d’aimer, échaudée par une précédente union. C’est sa confidente, Belinda, qui l’a exhortée à se laisser aller à cette passion.
Las, les dieux de l’Olympe s’impatientent de voir Enée s’éterniser en terre de Tunis (Rome, c’est de l’autre côté de la méditerranée). Un orage éclate, le tonnerre gronde, Mercure apporte le rappel divin. Déchiré, Enée annonce à Didon qu’il doit la quitter par devoir. Elle le rejette. Il dit qu’il va braver l’ordre et rester mais elle ne supporte pas l’idée qu’il ait seulement eu la pensée de partir. Elle le repousse en lui intimant de s’en aller. Il part et elle se suicide.
J’admets que ce récit est frustrant qui ne nous présente pas ce fameux crocodile. C’est que, à tout dire, la légende n’en parle pas il me semble.
C’est Nahum TATE qui, dans son livret, fait comparer Enée au « Crocodile trompeur » par Didon lorsque celui-ci lui dit qu’il doit s’en aller.
Sans doute ce poète a-t-il eu la préscience de ce que l’association pour le moins surprenante de ces deux mots, trois cents ans plus tard, serait recueillie comme un trésor par Jeanne CANDEL et Samuel ACHACHE. Il convient de dire, à décharge, qu’il n’est pas certain que la bête ait été bien connue à l’époque, particulièrement sur les cotes d’Irlande !
Car, tout de même, le terme « crocodile » ne se suffisait-il pas ? Qui accorderait sa confiance à ce reptile, qu’il soit ou non expliqué qu’il est trompeur ? Son aspect, à lui seul, ne dissuade-t-il pas de tout investissement affectif ? Sa réputation, lacrymale certes, n’en fait-il pas notoirement un modèle d’hypocrisie ? Et qui songerait à d’autre intimité avec lui que le pied chaussé de son épidermique dépouille ?
Il y a peut être une juste raison à cela comme la rime, par exemple ! Voyons plutôt le chant de Didon :
Thus on the fatal Bans of Nile
Weeps the deceitful crocodile
C’est donc cela : une tautologie pour une rime (ce Nahum TATE me déçoit) !
Mais alors, que penser du choix de ce nom par nos metteurs en scènes ? Je n’ai pas songé à leur en parler. Je ne me livrerai donc pas à des hypothèses qui pourraient tourner au ridicule.
Je propose seulement ce que je ressens : le second truisme, ce sont eux ! Il m’était en effet une vérité évidente que, quel que soit le nom donné à cette œuvre collective, Jeanne CANDEL (que Samuel ACHACHE me pardonne car je ne le connaissais jusqu’alors que comme comédien) nous surprendrait en confiance. Ce soupir embué de larmes prêté au crocodile trompeur sur les rives fatales du Nil, c’est un peu le sien (il est à noter d’ailleurs que si certains animaux sont représentés et animés dans cette fresque folle il n’y a point de crocodile ; nous aurions effectivement été trompés s’il n’était, en réalité, incarné par les metteurs en scène eux-mêmes).
Je suis convaincu qu’elle nous a dit ainsi, à la manière du reptile : « Je vous attends… ». « Vous l’aurez, magnifique, ce poignant lamento où Didon se donne la mort, vous les aurez ces chœurs qui vous arracheront le vôtre (c’est un peu osé, je sais) lorsqu’ils supplieront les anges de monter la garde sur la tombe de Didon, mais ce n’est pas que de ces seules émotions là que j’entends teinter vos larmes. Car celles que nous vous tirerons vous exténuerons aussi de vos rires ».
Joie, gravité, mouvement, rupture, imbrications, enchevêtrements, liberté des textes, systématique de la musique et des récurrences déjà dans l’espace, les matériaux, les objets, la technologie, le mime, les plans cinématographiques et photographiques. Voilà peut être la signature. Citer Jeanne CANDEL (et désormais Samuel ACHACHE) et son collectif c’est être assuré de pouvoir user des qualificatifs employés par d’autres à leur sujet : « insolite », « déjanté », « excentrique », « audacieux», « créatif », « talentueux »…
Mais assez parlé de l’animal et de ses inventeurs. Car que seraient-ils sans ceux qui ont mis leurs compétences, leur envie, leur jeunesse et leur folie au service de leurs idées ?
Le mode opéra-théâtre c’est donc (truisme oblige) de l’opéra et du théâtre, avec le challenge premier de les associer harmonieusement et, ici, le super challenge de les métisser l’un de l’autre. Les comédiens, excellents, y sont chanteurs ; les musiciens, incontestables et brillants, y sont comédiens fascinants.
Certains, d’évidence, sont l’un et l’autre de naissance ! Une image me revient qui incarne cette fusion magnifique : la reine, au bord du trépas, venant saisir les bras du tambour qui en annonce l’imminence en des roulements effrénés, et qui frappe avec lui jusqu’à leur épuisement !
Je mentirais si je disais que je n’ai pas eu de coups de cœur. C’est seulement humain (parce que je suis masculin, parce que je suis musicien, parce que j’ai ma sensibilité) et chacun, forcément, a eu les siens. Mais cela ne fait aucune importance car la magie du Crocodile Trompeur est que le tout masque l’individu. Chacun se fond dans l’autre au point de contraindre à ne pouvoir distinguer celle (ou celui) par laquelle (ou par lequel) l’édifice est à ce point remarquable.
Voilà pourquoi il ne me paraît pas possible de personnaliser mon enthousiasme. Ce que je crois devoir faire, par contre, est de tenter de le contenir : l’on perd en crédibilité à titiller le dithyrambe.
Ce que je dois faire absolument, à l’image des artistes qui s’avancent au bord de la scène en se tenant la main à la fin du spectacle dans l’interrogation angoissée de l’accueil que leur réservera le public, et que le public va regarder un à un, est de vous redire la distribution de ce crocodile. Souvenez-vous de ces noms, vous en entendrez parler :
– Jeanne CANDEL et Samuel ACHACHE pour la mise en scène
– Florent HUBERT pour la direction musicale
– Jeanne SICRE pour l’arrangement musical collectif direction chorale
– Lisa NAVARRO pour la scénographie
– Vyara STEFANOVA pour les lumières
– Pauline KIEFFER pour les costumes
– François GAUTHIER-LAFAYE, Didier RAYMOND, Pierre-Guilhem COSTES pour la construction des décors
ET, SUR SCENE :
– Matthieu BLOCH – Léo-Antonin LUTINIER
– Judith CHEMLA – Thibault PERRIARD
– Vladislav GALARD – Jan PETERS
– Florent HUBERT – Jeanne SICRE
– Clément JANINET – Marie-Bénédicte SOUQUET
– Olivier LAISNEY – Lawrence WILLIAMS
J’ai eu la chance de les rencontrer tous. Ils sont aussi charmants et terriblement accessibles.
Je vous ai donné plus haut leurs prochaines dates. Dites à vos familles et à vos amis, de LORIENT, de GRENOBLE, de PARIS, de CHATENAY-MALABRY ou de MARTIGUES d’aller voir impérativement le CROCODILE TROMPEUR (et de réserver leurs places).
Ils ne vous reprocheront jamais de les y avoir conduits.
Sidne CRINCHABOU
* emprunt au procédé d’un comédien musicien qui a provoqué en moi une irrépressible hilarité

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QUE DEVIENNENT JULIE CORDIER, ELODIE VOM HOFE et BARBARA WELDENS ?

Julie CORDIER, souvenons-nous, est cette jeune artiste qui a écrit « Le Secret dans la Barbe », conte créé à TOULOUSE grâce au soutien de « Tous Mécènes » et, en particulier, de la famille MATEOS qui a accueilli cette oeuvre théâtrale en résidence, plusieurs jours, au mois de juillet 2012.
Elodie VOM HOFE tenait le rôle d’Anita et Laure MATHIS celui de « Miette ».
Ce conte, nous l’avons déjà écrit, a été donné avec grand succès à GENNEVILLIERS au mois de mai 2013. Il va sa vie artistique. En passant, nous l’espérons bien, par TOULOUSE (ce que nous ne manquerons pas de dire).
Mais Julie CORDIER n’est pas seulement auteur de ce Secret. Elle a, parmi d’autres textes, écrit QUANTA ou « La terrible histoire de Lulu Schrödinger », conte fantastique et musical.
QUANTA est actuellement à l’affiche au théâtre TREVISE, à PARIS.
Julie CORDIER y incarne le personnage de Lulu Schrödinger (surnommée QUANTA parce que son père est un fou de physique quantique). Elodie VOM HOFE (rappelez-vous aussi de son spectacle en duo avec Barbara WELDENS dans « bout d’trottoir et coin d’piano »), interprète plusieurs rôles avec un soutien technique remarquable qui lui permet notamment de dialoguer avec son double par enregistrement vidéo en miroir et une synchronisation saisissante de précision.
Quant à la musique elle est signée de Barbara WELDENS (encore elle) qu’il n’est plus nécessaire de présenter puisqu’elle est l’un de nos premiers coups de coeur.
La première représentation a eu lieu le 16 octobre 2013, dans le 9ème arrondissement de Paris, 14, rue de Trévise.
Nous étions quelques uns dans ce théâtre quelques jours plus tard. Nous avons aimé, bien sûr (sinon qu’en parlerions-nous !).
Ce conte musical est destiné au jeune public. Je certifie qu’il émerveille tous les âges.
Lors donc, si vous avez des enfants, des petits enfants, des nièces et des neveux, des filleul(es) (etc…) et que vous vous rendiez à PARIS d’ici le 05.01.2014 (date de la dernière), ou si vous voulez recommander nos protégées, sachez que QUANTA sera encore donnée, jouée et chantée, au même théâtre de TREVISE (comptez une heure de spectacle environ), à 14 heures (horaire propice qui sied aux enfants et épargne les précieuses soirées parisiennes) :
– samedi 02.11.2013
– mercredi 06.11.2013
– mercredi 13.11.2013
– mercredi 20.11.2013
– mercredi 27.11.2013
– samedi 30.11.2013
– mercredi 04.12.2013
– mercredi 11.12.2013
– samedi 14.12.2013
– mercredi 18.12.2013
– samedi 21.12.2013
– jeudi 02.01.2014
– vendredi 03.01.2014
– samedi 04.01.2014
– dimanche 05.01.2014
Voilà quelle est l’actualité de Julie CORDIER, Elodie VOM HOFE (et Barbara WELDENS), sachant naturellement qu’elles travaillent toutes sur d’autres projets.
Réservations : 06.70.93.26.93 ou ponyproduction@yahoo.fr
Bientôt d’autres actualisations de la vie des artistes que nous soutenons
SIDNE CRINCHABOU

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QUE DEVIENNENT JULIE CORDIER, ELODIE VOM HOFE & LAURE MATHIS

Nous apportions en juillet 2012 notre soutien à trois artistes qui souhaitaient mettre à l’épreuve LE SECRET DANS LA BARBE.
Julie CORDIER, Elodie VOM HOFE et Laure MATHIS, après trois jours de résidence à TOULOUSE, hébergées par nos amis MECENES, avaient donné à lire le 7 juillet 2012 le conte écrit par Julie CORDIER autour du thème de Barbe Bleue. C’était le tout début d’un texte qui en partie grace à à Tous Mécènes, devait se confronter à sa mise en action et en situation, s’offrir à la critique et à la réflexion pour atteindre un degré de maturité autorisant son émancipation.
Soyons heureux. L’enfant à la naissance duquel nous avons assistée grandit ainsi que nous l’espérions.
Mais s’il a fait ses premiers pas dans un beau jardin de la rue des Potiers, à TOULOUSE, c’est ailleurs (ingrat) que, près d’un an plus tard, il va, le trac au ventre, se donner au grand public (à la différence du nôtre qui est un public grand mais encore assez intime).
LE SECRET DANS LA BARBE a été programmé les 16 et 17 mai au Théâtre de VANVES puis les 30, 31 mai et 1er juin à la Maison du Développement Culturel de GENNEVILLIERS.
Mécènes, alertez vos familles, vos amis, vos relations et transmettez leur le flyer joint en tête ! Qu’ils portent jusqu’à VANVES ou a GENNEVILLIERS notre soutien à ces artistes que nous aimons ! Qu’ils soient assurés qu’ils ne se barberont pas. L’oeuvre est là, comme un conte. Aboutie. Les comédiennes ont un talent fou. Le musicien, Friedrich BASSARAK (que nous ne connaissons pas) nous a été présenté comme lumineux !
Je serai pour ma part à GENNEVILLIERS. Je vous dirai bientôt de manière plus nourrie ce que deviennent nos artistes.
SIDNE CRINCHABOU

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EH ETRE !

Ces deux mots peuvent constituer une traduction acceptable du spectacle que soutenait Tous Mécènes les 12 et 14 décembre 2012 : HEY BE.
J’y trouvais un sens qui me convenait bien, d’un esprit résolument optimiste : « n’oubliez pas de vivre », même si je ne voyais pas très bien le lien avec BOURVIL, colonne vertébrale de l’inspiration des deux artistes : Elisabeth HOLZLE et Pascal SANGLA.
Je me trompais. Le lien avec BOURVIL était bien là, pas le sens. Le lien ? Les initiales A.B. (André BOURVIL). Le sens ? Ces initiales, prononcées dans la langue de Shakespeare donnent à peu près l’écriture phonétique « hey Be ! ». Voilà tout.
C’est dire que nous ne savions pas réellement à quoi nous attendre malgré l’avertissement qui nous avait été donné par l’invitation : « un show fabriqué avec des bouts de ficelle ». Une appellation fantaisiste, des chansons portées (autrefois) au public par André BOURVIL (mais lesquelles ?) sans certitude qu’elles parleraient à toutes les générations, une comédienne chanteuse, un pianiste comédien. Ce dont nous ne doutions pas, plus rien n’étant à prouver pour ce qui les concerne, c’est de l’accueil de nos hôtes, François et Stella.
Nous devions à l’hiver que le lourd rideau métallique fermant la baie vitrée soit descendu, formant ainsi le fond de scène. Rouge sang de boeuf. Deux micros, un clavier électrique, un ordinateur portable, deux spots. La modestie de ce tout pour une curiosité : pourquoi, dans le foisonnement créatif du vingt et unième siècle et un héritage d’une richesse infinie, des artistes pas même quadragénaires (ou à peine) eux-mêmes auteurs, ont-ils eu l’idée étrange de s’intéresser au répertoire musical d’un acteur bien plus connu pour ses rôles énormes dans des films cultes, certes intergénérationnels, mais tout de même ?
Les prestations, l’invention d’Elisabeth HOLZLE (Lisbeth El Sol) et de Pascal SANGLA (El Pascual), ont immédiatement levé le voile : ce répertoire, méconnu ou oublié, est une mine de mélodies, de poésie, de drôlerie, de folie douce. Une source d’émotions à laquelle l’envie de puiser devenait, en les voyant, une évidence.
L’interprète seul n’aurait pu se confronter à BOURVIL tant celui-ci était l’âme de chansons à l’écriture desquelles il n’avait pourtant que très peu pris part. Mais des comédiens musiciens de la trempe de ces deux là c’était autre chose.
Si je devais ne m’exprimer qu’en quelques mots je dirais ceci. Des voix faciles, justes, précises. Une mise en scène épurée. Un jeu d’acteur minimal, presque limité aux expressions des visages, aux parcours des regards, à leurs intensités. Quelques pas de danse. Une capacité inouïe d’Elisabeth HOLZLE à laisser le haut de son corps dans l’immobilité presque totale tandis que hanches et jambes, parfois en décalage avec texte et chant, paraissent se moquer d’eux. L’aisance musicienne de Pascal SANGLA jouant la comédie et chantant tout en assurant l’accompagnement au piano, nous laissant croire que l’instrument devient un simple accessoire, comme s’il n’engendrait aucune contrainte et ne résultait d’aucun apprentissage. Un prolongement de lui.
Mais ces quelques mots sont trop courts. Il faudrait rajouter, en vrac peut être : la qualité et l’humour des textes écrits par l’un et l’autre pour faire le pendant aux chansons, la diction remarquable, toute particulière et propre à Elisabeth HOLZLE, la chanson en play-back, le jeu de piano en play-back, le remake cinématographique, la conversation téléphonique, la fleur de pissenlit (ou les petites étoiles de neige)…
Il faudrait aussi rajouter les découvertes auxquelles ces deux artistes nous ont conviés.
Il était en effet à prévoir que quelques uns, dans le public massé des mécènes (ou des mécènes amassés), auraient déjà fredonné, ou entendu, un ou deux titres de BOURVIL, mais lesquels ? Allez, citons en quelques uns que les initiés pouvaient connaître : Salade de fruit, La tactique du gendarme, à Joinville-le-Pont ou encore Un Clair de lune à Maubeuge.
Je pensais maîtriser le sujet.
Hey Be nous a fait un sacré pied de nez ! Pas l’ombre de ces succès dans le choix de nos artistes mais des merveilles, des pépites d’or parmi lesquelles celles-ci que je ne connaissais pas toutes : « les haricots », « les crayons », « la ballade irlandaise », « c’était bien », « ma petite chanson », « la ronde du temps », « berceuse à Frédéric » et celle que je qualifierai de monument (de dinguerie) : « le jour J ».
Je ne veux pas omettre d’évoquer « La Tendresse ». Elisabeth HOLZLE nous en a délivré une interprétation qui m’a coupé le souffle. Sans texte. Simplement intense.
Elisabeth HOLZLE et Pascal SANGLA avaient besoin de Tous Mécènes, c’est-à-dire d’un public. Ils étaient là aussi pour mettre leur spectacle à l’épreuve puisqu’ils ne l’avaient encore jamais donné. Tous, ou presque, étaient au rendez-vous. Quel rendez-vous !
Je ne crois pas que l’on puisse dire qu’ils ont revisité le répertoire de BOURVIL tant il en ont conservé la fraîcheur, la sensibilité, la naïveté. Ils l’ont réinvité pour nous rappeler que la poésie et la magie ne prennent pas d’âge, que c’est leur faire honneur que de les évoquer et qu’il est des chansons qui sont inaltérables.
J’entendais ceux qui disaient que remontaient en eux, peu à peu, les mélodies de leur enfance et qu’ils étaient heureux de ce bain de jouvence. Nous entendions tous ceux qui chantonnaient la ballade irlandaise en une douce et tendre réminiscence.
J’entendais encore ceux qui s’étonnaient que telle ou telle chanson ait été au répertoire de BOURVIL ou celui qui, prénommé Frédéric, regrettait que la berceuse homonyme ne lui ait jamais été fredonnée au temps où elle eut pu être d’un grand secours.
J’entendais et je voyais surtout ce bonheur ambiant que je partageais, joie de la rencontre et de l’instant marquée à l’admiration portée à ces artistes. J’espère que l’illisible nous informera de leur actualité ; je pressens qu’elle sera riche car leur art est pluriel, leur envie authentique, leur démarche sincère, leur talent certain et sans compromis.
EH, LA VIE !
SIDNE CRINCHABOU

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Que devient Elodie VOM HOFE ?

Nous avons découvert Elodie VOM HOFE à TOULOUSE cet été 2012, aux côtés de Laure MATHIS. Elles nous ont donné la première lecture de la pièce écrite par Julie CORDIER : « Le secret dans la barbe », variation autour de Barbe Bleue et du secret.
Avec « J’ai fait fausse route. Et on est carrément venu m’envoyer un prophète sous le nez pour bien me le faire comprendre », elle retrouve d’autres complices, Julien GUYOMARD (texte et mise en scène) et Samuel VITTOZ (mise en scène et dramaturgie).
Les représentations auront lieu :
– au Théâtre de Vanves (salle Panopée), du mardi 11 au samedi 15 Décembre à 20h30 (réservation / 01 41 33 92 91)
– à la Maison du Développement Culturel de Gennevilliers , du mercredi 23 au vendredi 25 janvier à 14h30 et 20h30, le samedi 26 Janvier à 14h30. (réservation / 01 40 85 60 92)
– au Château de la Roche Guyon à Du vendredi 26 au dimanche 28 avril (réservation / 01 34 79 74 42)
L’histoire :
Au sein d’une communauté, c’est la fin des récoltes. Tout le monde est réuni pour fêter dignement ce moment mais aujourd’hui, l’heure n’est pas à la joie : les récoltes sont maigres, la famine menace et les familles ne s’agrandissent plus.
Il se passe forcément quelque chose.
Pour conjurer ce qui semble être le mauvais sort, l’Ordonnateur n’a qu’une idée :
Appliquer les préceptes du Livre saint, recueil des paroles de « l’Immobile » la figure divine locale. Si ce livre est bien lu et que les prières sont bien faites, il ne peut logiquement rien arriver de mauvais.
Mais au milieu de la cérémonie, le fils du Porteur d’eau, le dernier enfant du clan, découvre par hasard une partie cachée du recueil…
Une méprise à l’origine de tous les maux ?
Production Scena Nostra
Coproduction Collectif 12 / Maison du développement culturel de Gennevilliers / Théâtre de Vanves / Château de la Roche-Guyon
Avec le soutien de la DRAC Île-de-France, du Conseil Général des Hauts-de-Seine, d’Un Festival à Villeréal, de la Ville de Gennevilliers, du Studio Théâtre de Vitry et de la Villa Rose, du Théâtre de Pierres à Fouzilhon et du Théâtre du Pavé à Toulouse.
Nous avons adoré cette longiligne comédienne. Alors, si vous vous baladez du côté de VANVES en décembre (c’est si près de Paris – Métro MALAKOFF PORTE DE VANVES), de GENNEVILLIERS en janvier ou de LA ROCHE-GUYON en avril, on ne sait jamais ! Elodie VOM HOFE et ses amis seront heureux de votre soutien.
SIDNE CRINCHABOU

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ANNE & LIOR : SI ELLES CHANTENT, C’EST AUSSI POUR NOUS. TANT MIEUX !

Ce billet, en écho à nos deux soirées des 4 et 5 juillet derniers lors desquelles TOUS MECENES a apporté son soutien à Anne (KAEMPF) & Lior (SHOOV), ne peut pas être un article critique. Sauf à manquer d’honnêteté. Il est clairement un parti pris, enthousiaste.
Il en est ainsi de certaines situations, de certains états plutôt, où le plaisir prend une part si grande qu’il rend inaccessible le raisonnable. C’est donc sans garder cette raison que je veux évoquer Anne & Lior, c’est-à-dire en ne vous disant pas sciemment, par exemple, que les improvisations folles auxquelles se sont livrées ces deux jeunes femmes ont pu déstabiliser certains, présenter pour d’autres quelques approximatives liaisons, quelques lenteurs d’enchaînements dans un rythme pourtant effréné, ou encore placer le sentiment amoureux en telle posture, telle place, que cette exposition, comme une prise à témoin, pouvait être troublante.
J’ai tout pris. J’ai aimé en bloc. Inconsidérément. Une conjugaison : le plus-que parfait, le parfait et l’imparfait, à l’exclusion du conditionnel.
A tout dire je n’avais jamais rien vu, ni entendu de pareil. Je crois ne pas m’avancer trop en disant que ce fut le cas de tous.
Deux artistes dont la rencontre relève de l’improbable tant il a fallu de hasards pour les mettre en présence. Anne la parisienne et Lior, jeune voyageuse israélienne. Coïncidence causale ? Sûrement. Pas nécessairement logique, toutefois.
Il est en effet tentant de penser qu’elles étaient faites l’une pour l’autre et que leur créativité n’est qu’une sorte d’aboutissement évident, non d’une mise en commun de leurs talents, mais d’une véritable fusion de leur tout ! C’est un peu ce qu’elles donnent à voir. Ce n’est cependant pas forcément cela.
Leurs personnalités sont telles, leurs chemins, leur histoire, et leur origine, leurs aptitudes, que j’ai le sentiment que c’est plus de la confrontation de l’ensemble que se nourrit leur imagination, que se fondent leurs voix si contraires et s’accordent des instruments dont beaucoup nous mènent à revisiter l’insolite.
Ce que je veux dire est que je crois que l’une peut se passer artistiquement de l’autre, car chacune est pétrie de dispositions propres à l’expression de son inventivité, mais que leur duo procède bien plus que d’une addition, d’une opposition ou d’une fusion. Leur formule, magique ? Le bonheur de chanter, de jouer l’une pour l’autre.
Elles l’affirment elles-mêmes, élisant comme seul titre français de leur répertoire, en clôture de leur performance, une chanson phare de Marie LAFORET (ce qui démontre que les générations ne constituent pas une frontière) : « Toi, mon amour, mon ami… quand je chante c’est pour toi ».
Le texte de cette chanson nous en dit un peu plus encore : « …Je chante parfois, à d’autres que toi, un peu moins bien chaque fois… ».
Anne le répète lorsque, montant avec tant d’aisance en équilibre sur ses mains, portée par des bras et une souplesse de circassienne, offrant à Lior à travers nos regards sa silhouette irréprochable en image inversée, elle murmure la tête en bas, cachée par sa robe rabattue sur son visage : « Tu me vois encore ? C’est pour toi !».
Leurs yeux, leurs gestes, leurs sourires, leurs décisions scéniques l’avouent encore plus fort : « si nous chantons pour vous c’est parce que nous chantons pour nous ».
Alors ce n’est plus seulement la palette composée de leurs arts qui nous est proposée. La couleur à laquelle elles parviennent ainsi est nouvelle, originale, géniale. Elle a les teintes de l’unique : ce pigment essentiel et rare, ce ferment chromatique, c’est la force des sentiments. De leurs sentiments.
Alors les facéties de Lior, son sens inné du rythme et sa capacité à en trouver le prétexte en toutes choses, en tout endroit d’elle-même, pour en faire rebondir les résonnements là où le moindre espace fait écho, ravissent tout autant nos oreilles que nos yeux en nous laissant hallucinés !
Alors les virevoltes d’Anne, ses acrobaties accordéon en bretelles sans que sa main gauche cesse un instant son accompagnement dynamique de basses pour ne rien lâcher de l’énergie effarante mise en œuvre, ses facilités acquises au travail et à l’expérience de l’école du cirque, forment un pendant inattendu, fascinant et ravissant. Elle joue même en courant ! Elle jouerait presque encore en se jetant dans la piscine !
Alors la voix de l’une affronte, sans la combattre mais en la rejoignant, la voix de l’autre. Si différentes. Lior est dans le registre plutôt grave de l’alto, Anne dans celui de la soprano. Elles chantent vraiment bien, avec une harmonisation sobre où dominent le groove et le velours, l’éraillé parfois, sans se prendre au sérieux, se tournant souvent en dérision.
Elles sont émouvantes, mais aussi drôles, toniques, hardies, belles, gracieuses. J’ai envie d’ajouter charmantes, au sens oublié de ce qualificatif.
Ingénieuses, fantaisistes, provocantes, elles savent jouer du sac en plastique à quatre mains, du bouche à écho de bouche, du tube en verre, de la cloche, du soufflet d’accordéon… Mention particulière (qu’Anne me pardonne) à Lior pour sa maîtrise remarquable de la cuillère à soupe, du Kalimba, et pour son délicieux accent dont elle sait tirer un parti détonnant, innocence et sensualité s’y côtoyant à l’envie !
Je le disais, elles sont à mon sens séparables et promises, l’une et l’autre, à une vie artistique riche. Mais c’est ensemble qu’elles se transcendent aujourd’hui dans la fraicheur, la légèreté, la générosité, l’invention et la joie. Chacune ne chanterait pas de même pour une autre : parce que l’âme sur laquelle viennent se poser ces qualités intrinsèques (comme l’âme sur laquelle viennent s’entrelacer les fibres d’une corde) est faite de la matière précieuse que forme la combinaison de l’intensité et de l’émotion.
Nos mécènes peuvent être fiers et heureux d’avoir permis que cet événement ait lieu. L’aide à ces artistes est réelle, palpable, constructive. Un élan, un souffle. Anne & Lior ont su nous dire l’importance qu’il représentait pour elles et combien, amplifiant leur désir de continuer par la confiance gagnée, il leur avait ouvert de perspectives. Elles n’ont pas, non plus, omis de nous parler de l’accueil unique que leur a réservé Claudine PAGE, Stella BISSEUIL et François SOULA, inaltérables philanthropes sans lesquels…
Elles ont beaucoup insisté sur l’admiration qui fut la leur à l’expérience de TOUS MECENES. Il paraît qu’elles, non plus, n’avaient jamais rien vécu de semblable !
SIDNE CRINCHABOU

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LE TRIO DE LA MUERTE : HEUREUX ET MEME PAS MORTS !

Il s’imposait à notre entendement qu’il n’existait pas de risque vital à soutenir le trio de la MUERTE. Nos hôtes mécènes, Stella et François, procédant de la même certitude, n’avaient d’ailleurs prévu pour seuls moyens de réanimation que ceux d’une généreuse sustentation et d’une hydratation salvatrice. Quant au soutien psychologique, quel meilleur soin que le plaisir, distillé au tir nourri des instruments prétendument assassins de Gérard VANDERBROUCQUE, Erwan MELLEC et Rémy HERVO : le commando !
Même pas morts, donc. Mais heureux.
Heureux, oui, car ces deux soirées des 25 et 26 avril nous ont permis de découvrir trois musiciens de grand talent auxquels l’on doit en outre bien des réconciliations.
Certains d’entre nous, nous le savons, sont venus d’abord en mécènes (qu’ils en soient remerciés) plus qu’en amateurs, préférant au jazz le théâtre, le chant, la danse ou encore les arts plastiques. Mais ils sont venus et nous ont dit leur joie d’avoir été des nôtres, se découvrant bien plus sensibles à la note bleue, à la tierce mineure ou à la septième majeure qu’ils ne le pensaient.
D’autres avaient pu s’imaginer que l’accordéon n’était pas le plus noble des instruments de musique et que, si ce n’était leur engagement, ils auraient dû fuir ses accords mélancoliques forcément porteurs de relents de bals populaires et de répertoires d’un autre temps ! Mais ils sont venus.
C’est au violon que d’autres auraient pu se refuser, croyant peut être que le virtuose ne saurait aller se corrompre avec un genre que les premiers luthiers n’auraient jamais pressenti et, oubliant que des GRAPPELLI ou des LOCKWOOD (et combien avec eux) avaient creusé le sillon, être dans le présupposé qu’il était invraisemblable que l’archet puisse faire ici bon ménage avec le piano à bretelles ! Mais ils sont venus.
Il est possible que la guitare ait bénéficié d’une présomption d’indulgence tant elle est depuis longtemps associée à tous les styles et qu’elle est indémodable. Mais il y a tellement de guitaristes !
Je ne crois pas me tromper en affirmant pourtant que, désormais, beaucoup entendront d’une autre oreille ces appareils trop souvent confinés à la caricature (injuste) du musette, du country ou du rock !
Quel étonnant et superbe assemblage que ces trois là : Gérard VANDERBROUCQUE au violon, Erwan MELLEC à l’accordéon et Rémy HERVO à la guitare ! Il fallait oser.
Pas de contrebasse ni de basse, pas de batterie, pas même une petite caisse claire. En résumé, pas d’instrument résolument rythmique. Mais des basses il y en avait plein l’accordéon, plein la guitare, et le rythme, le soutien rythmique, jusque dans le violon ! Au service les uns des autres et au service de leur musique (ils jouent, ainsi qu’ils se plaisent à le dire, en ajoutant le mode « alterne » aux modes mineurs et majeurs).
Leur musique, oui. Tous trois compositeurs aux personnalités déjà si affirmées (Rémy HERVO n’a que 18 ans), ils n’ont commis qu’une seule entorse à l’exclusive de leur répertoire pour nous proposer en bis leur interprétation du fameux Libertango d’Astor PIAZZOLLA, autorisant ainsi l’une d’entre nous à se joindre à eux.
Car elle est aussi là la magie de TOUS MECENES : dans la rencontre. Lorsque nous avons dit à nos trois musiciens que deux de nos amis étaient danseurs de tango, ou lorsqu’ils ont appris que nous compterions parmi nous une violoniste, ils les ont invités en une spontanéité rare et, sans répétition, ils ont offert leurs rythmes binaires aux pas entrelacés de Cathy SALVADOR et de Paul DELMAS, tout comme ils n’ont pas hésité à se transformer en quartet en accueillant Marie-Lucile ATHANE-BLIN.
Inspirations de tangos, de valses, de balades, et des écritures dans la plus grande tradition du jazz. Des arrangements superbes, précis, au service de mélodies d’une grande sensibilité invitant à une improvisation riche. Une heure trente pendant laquelle nul ne s’est évadé ailleurs que dans cette musique et dans la fascination captive des visages inspirés de ces trois musiciens, de leurs postures, de leurs gestes si techniques et de leur évidente générosité.
Mais il y avait encore autre chose. Il y avait un public d’écoute, un public de soutien, un public instantanément acquis. Un super public.
Le trio DE LA MUERTE ne s’y est pas trompé qui, de retour à NANTES, nous a adressé le message suivant :
« Nous avons tous les trois été très touchés par l’accueil que vous nous avez réservé. Nous avons pu nous exprimer dans les meilleures conditions possibles. Merci à tous les mécènes pour leur écoute, merci à Stella et François pour leur accueil bienveillant, merci à Marc d’avoir permis cette rencontre, merci à nos danseurs de Tango et à notre violoniste ».
Ces remerciements ne sont pas complaisants. Ils ne sont pas l’expression d’une politesse convenue mais celle d’une authentique reconnaissance à l’égard de notre action. Ces trois artistes, qui essaient de vivre décemment de leur art, nous disent de la sorte qu’il n’en va pas toujours ainsi pour eux tant il peut y avoir d’instants ingrats, de déceptions, d’états de galère, de doutes, de questionnements.
Plus qu’un encouragement, ces remerciements nous confirment que notre idée est magnifique en nous signifiant que nous avons raison de penser que le soutien aux arts par le seul concours matériel est insuffisant. Pour tout dire, il n’aurait pas de sens sans les émotions, l’intérêt à l’autre, l’envie. L’humain.
Le trio DE LA MUERTE « tue ». Il serait coupable de ne pas le dénoncer. Alors répétez-le ! Vous ne risquez rien.
SIDNE CRINCHABOU

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