L’évaluation interne, un outil de réflexion collective

Notre seconde évaluation interne s’achève, nous avons fait le choix d’établir un document commun pour l’ensemble des MECS. Nous avons été accompagnés tout au long de ce travail par Laurent BARBE, consultant du cabinet CRESS qui en a présenté les principales conclusions par visio conférence lors de l’assemblée générale du 24 septembre.

La démarche a permis de faire apparaître un certain nombre de points forts mais aussi certaines limites que nous connaissions déjà !

Des points forts

Au-delà de certaines différences qui existent entre les structures, plusieurs constats ont pu être faits concernant :

  •  la cohérence globale du fonctionnement des structures par les outils et l’animation mis en place par le siège,
  • l’approche éducative attentive aux jeunes et aux familles, dont ceux-ci ont témoigné en mettant en avant le sentiment de sécurité vécu dans le placement et le soutien apporté par des équipes réactives,
  • la capacité à accueillir des fratries et à garder un lien fort avec les jeunes,
  • la capacité à s’inscrire dans des partenariats positifs attestée par l’ensemble des réponses obtenues,
  • l’utilisation régulière des outils associatifs pour favoriser les démarches d’insertion, baisser la pression, éviter les sorties « sèches » et les exclusions.

De ce point de vue, les données montrent la capacité des structures à limiter les exclusions et à utiliser le réseau des autres structures. Ainsi en 2019, sur 170 jeunes accueillis, on compte 24 transferts provisoires dans un autre établissement de l’association et 10 changements définitifs dont 6 à la suite des transferts provisoires.

Les propos des jeunes ont valorisé la volonté associative d’une ouverture sur des loisirs, des voyages, des séjours qui jouent souvent un rôle initiatique leur permettant à la fois d’échapper momentanément aux difficultés de leur situation et de s’ouvrir vers de nouveaux horizons.

Le confinement a montré que les MECS ont pu mettre en place, malgré l’impréparation générale, une organisation efficace, renforcée par les mutualisations organisées par le siège. Elle a permis de contribuer à une continuité de l’action éducative sans qu’aucun des jeunes ne soit contaminé, ni ne fugue.

Elle a confirmé l’engagement des équipes et leur capacité d’adaptation à des situations inattendues.

Des limites et des difficultés

Concernant les équipes, la situation est assez contrastée selon les structures. Si une partie des professionnels est stable, on observe un renouvellement assez important (et normal dans ce secteur). Des difficultés de recrutement sont évoquées comme dans l’ensemble du département et pèsent parfois et nécessitent un travail de formation à renouveler en permanence. Elles ont conduit l’association à adapter de manière intéressante les recrutements à d’autres formations (EJE, adjoints d’animation, auxiliaire de vie pour un enfant en grande difficulté…).

Les locaux des MECS ont l’avantage commun de disposer d’espaces verts, mais des limites sont à pointer en termes de nombre de chambres individuelles et de sanitaires collectifs, qui génèrent certaines contraintes et risques.

Si l’action est clairement personnalisée, les modalités de formalisation restent à améliorer pour en faire un véritable outil de structuration de l’action éducative et des relations avec les jeunes et leurs familles. Un travail commun a été engagé et reste à conforter.

L’action bute sur des difficultés, découlant des situations familiales parfois très dégradées qui entrainent une présence importante en week-end de jeunes n’ayant pas de possibilité de sortir de la structure. Cela pourra supposer de développer de manière mutualisée des propositions permettant aux jeunes concernés de s’aérer, sortir de la structure, ne pas être tout le temps conduits à voir leurs camarades sortir…

Elle rencontre également des difficultés à mettre en œuvre une sortie avant les 18 ans des jeunes confiés, conformément au cadre nouveau fixé par le département. Si cette attente du département a fait évoluer les pratiques en anticipant plus l’autonomisation de ceux-ci à la sortie, elle génère une certaine angoisse, des difficultés qui se traduisent par une augmentation forte des demandes de dérogation.

Des perspectives communes

Différentes améliorations du fonctionnement des structures pourraient faire l’objet d’un travail collectif concernant :

  • la formalisation des projets d’établissement sur une base commune notamment pour fédérer les équipes, créer et recréer une cohérence,
  • la poursuite du travail autour des projets personnalisés,
  • la mutualisation des compétences permettant de pallier les limites des dynamiques actuelles de formation
  • la mise en place d’un système d’informations commun,
  • le travail en réseaux pour apporter un soutien face aux difficultés rencontrées (soin, loisirs, etc.).

Enfin, le confinement a montré la nécessité impérieuse de développer les capacités à former les jeunes à l’utilisation des outils numériques dont l’importance est apparue fortement.

Nous pouvons nous féliciter de ce qui a été souligné en termes d’accompagnement, de sentiment de sécurité et de partage !

Nous savons à quelles tâches nous atteler dans les 5 années à venir. Ces axes d’améliorations et de formalisations sont déjà en réflexion de travail au sein de nos équipes.