COCO ! TU NOUS AURAS PAS !

la lettre
Ce qu’en disent Ceux qui restent de l’équipe d’Aristide Briand
C comme confinement mais aussi comme pas cool car pas facile tous les jours.
O comme oisiveté mais aussi comme obèse à la fin du confinement.
V comme virus mais aussi comme vie face à la mort.
I comme inconnu mais aussi comme interdit de sortir
D comme danger mais aussi comme déconfinement
19 comme le nombre de nos jeunes qui « jouent le jeu » jusqu’à présent et que nous remercions.
Ce qu’en disent les jeunes
Le confinement c’est très dur, on ne peut pas sortir, les photos nous manquent pas, c’est les meufs.
On respecte la consigne du foyer on est confiné mais on est une famille pour la vie.
Je viens vous faire part de ma journée au quotidien durant le confinement. Pour moi il est très ennuyant de rester sur place ou à la maison. Parce qu’on aime sortir et se balader. Je dors plus qu’avant et je prends du poids. Je ne suis pas vraiment fier de rester à la maison car j’aurais voulu aller à l’école. J’ai plus de temps pour jouer que pour apprendre mes leçons…
Pas grand-chose à dire à part que ça devient chiant le confinement. Ce confinement est magnifique, il serait encore mieux si j’avais un panier de basket.
Le 9 avril
Trois semaines de confinement à La Caravane, on a travaillé comme jamais et il ne s’agissait pas juste de répondre aux profs et aux instits, non, non, les éducs en plus !!! Et des maths, et du français, et les leçons, et les exercices, et qu’a-t-on a compris, et comment on peut le formuler autrement… Certains en redemandent, ils disent que c’est plus facile de travailler à La Caravane qu’à l’école. Les fayots !!! A moins que ce soit vrai.
Heureusement, dans notre emploi du temps de ministre, on a aussi des temps de jeux ; alors attention, là aussi les éducs veillent ! Confinement oblige, un groupe à l’extérieur, un groupe à l’intérieur. Finalement, c’était pas mal pour avoir accès aux vélos, patinettes et rollers. C’est bizarre, un éduc, ça pense à tout. Enfin sauf que de temps en temps, on a agrémenté leurs journées de quelques blessures, disputes, pleurs. Alors oui, sur le moment, ils ont pu se fâcher mais, vous savez quoi, ils ont quand même gardé leur bonne humeur. C’est bizarre je vous dis un éduc, c’est bizarre. Vous ne me croyez pas et si je vous dis que maintenant que c’est les vacances, certains d’entre eux restent toute la semaine H24. Alors, c’est pas bizarre un éduc ? Vous imaginez s’il y avait encore du travail scolaire, ils nous rendraient fous, le jour, la nuit. Enfin ça, c’est ce que je pensais en apprenant qu’ils restaient sur place. En réalité, depuis lundi c’est trop bien. Vous voyez ce que c’est une colonie de vacances ? Bah vous y êtes ! Depuis lundi, La Caravane « c’est comme une colonie de vacances mais sur place » et ça je l’ai dit à mes parents. Et oui, ils s’inquiètent nos parents, ils nous manquent, on leur manque. C’est marrant, on dirait qu’ils échangent plus avec les éducs, chacun demande des nouvelles de l’autre. Bref, jusque-là, tout va bien à La Caravane et si vous en doutez, regardez notre banderole.
Mais bien que nous ne soyons que des enfants, on sait pourquoi on est confiné, que tout le monde est confiné. On a bien compris qu’il s’agissait d’un virus pas sympa du tout et, si difficile à combattre, que tous ceux qui soignent sont un peu plus épuisés chaque jour. Alors, tous ensemble, on a concocté la « recette du confinement », il ne faut oublier aucun ingrédient.
A bientôt tout le monde, on retourne à notre colonie confinée.
Lundi 7 avril
Catherine Letourdu, directrice
Le confinement a été effectif dès le lundi 16 mars dans la maison Marie Foilaine Desolneux. Le soutien scolaire est organisé chaque matin de 9h à 12h. Les collèges, écoles primaires et lycée envoient le travail ; les éducateurs vont sur les sites dédiés afin que le lendemain matin le siège imprime les devoirs à faire. La vie est rythmée comme lors de l’école. Le collège Henri IV de Vaujours nous a bien aidés en mettant à notre disposition six tablettes afin que les jeunes puissent se connecter sur les logiciels Pronote des établissements scolaires.
Si au départ, les jeunes trouvaient cela amusant, il convient de dire que maintenant ils trouvent le temps long, malgré des activités sur place avec les éducateurs présents. Néanmoins, la vie suit son cours dans la bonne humeur.
Le manque de relations avec l’extérieur pèse sur certains jeunes. Certains préféreraient être à l’école pour revoir leur camarade de classe ; d’autres en famille, pour être avec leurs parents. Dans l’ensemble, ils considèrent que c’est nul de rester à la maison toute la journée, qu’il n’y a pas assez d’activités….
Mais quand on voit les photos, on peut se poser la question : est-ce vraiment si nul ?
Beaucoup sont désappointés par l’annulation d’un séjour au Futuroscope de Poitiers pour un groupe de dix jeunes et trois éducateurs. Effectivement, les vacances à Coubron ont une autre saveur. Mais ce n’est que partie remise, puisque les éducateurs, si le déconfinement a lieu, organiseront des mini séjours afin que les jeunes puissent souffler.
Nous tenions Denis et moi-même, à remercier l’équipe éducative pour son engagement et son implication, ainsi que les jeunes pour leur patience et leur joie de vivre.
Le 6 avril 2020
Rachel Emonot, directrice
Lors des vœux du 22 janvier, je disais dans mon intervention « que 2020 soit une année plus douce pour faire une pause… » C’était sans compter sur le CODIV 19.
Depuis le 16 mars, toute la France est confinée mais aussi les 301 jeunes de nos maisons et services.
Dès le premier jour, la Direction Générale et tous les directeurs des maisons se réunissent afin d’organiser le confinement et d’élaborer un plan d’action pour structurer la vie des jeunes et limiter ainsi les angoisses de toutes sortes.
Depuis 15 jours maintenant nous observons, contre toute attente, des jeunes courageux et redoublant d’imagination pour accepter pareille situation.
Pour chacune des maisons, un planning de travail a été élaboré.
7 h 30 Réveil, petit déjeuner, toilette et rangement des chambres.
9 h – 12 h 30 Travail scolaire avec les éducateurs grâce aux supports de cours donnés par les écoles. Chaque matin dès 8h30, le service général tire les photocopies des devoirs à effectuer.
12 h 45 Repas.
14 h Participation des jeunes à l’entretien de la maison, en l’absence des agents de service. Nettoyage des parties communes, désinfection des poignées de portes, tables, etc…
Une fois cette « besogne » achevée, des activités sportives ou manuelles sont proposées par petits groupes. Dans notre malheur, nous avons beaucoup de chance d’avoir un temps clément et de beaux jardins pour permettre aux jeunes de respirer et souffler.
Avant le dîner, temps libre pour jouer ou rejoindre sa chambre.
Dîner et soirée avec des jeux de société ou programme télévision, films.
Coucher aux heures habituelles. 
Le confinement nous oblige finalement à bouger nos pratiques éducatives, à stimuler l’initiative. Les jeux de société reviennent en force ainsi que les jeux collectifs tels que la marelle ,1 2 3 soleil, …
Du côté des personnels, nous avons comme partout des arrêts pour maladies, garde d’enfants ou sujet à risque. Au total nous recensons une soixantaine d’absents sur 256 salariés.
Actuellement, nous assurons sans trop de difficultés la continuité du service grâce à la mutualisation. Une formidable solidarité existe entre tous, mais ce n’est pas nouveau.
Nous avons aussi et il faut le dire, le soutien indéfectible de notre Président et plus largement du conseil d’administration. Ce soutien est important tant pour les équipes que pour les directions.
Les vacances scolaires se profilent dans quelques jours. Pas de séjours en régions mais des séjours « à la maison ». En effet, des éducateurs ont proposé de faire « comme si… », c’est-à-dire de fonctionner en mode vacances, de rester sur place pendant 4 ou 5 jours, nuits comprises, et de construire un programme d’activités ludiques avec barbecue, pique-nique… Ce fonctionnement permettra de « casser le rythme », de ponctuer le temps.
Mais la route est encore longue. Il faut encore tenir plusieurs semaines encore avant de reprendre une vie ordinaire.
Je fais confiance aux jeunes, aux équipes, pour s’armer de patience, redoubler d’imagination afin de passer ce confinement le plus tranquillement possible….
Florence MAZERAT,
Directrice générale
Tels sont les messages d’Alain Junqua, président du Conseil d’administration et de Florence Mazerat, directrice générale, lors de notre traditionnelle cérémonie des vœux, le 22 janvier dernier, dans la maison Marie–Foilaine Desolneux de Coubron.
Mesdames, Messieurs, Chers Amis,
Permettez-moi de commencer mon bref propos en vous adressant à toutes et à tous mes vœux les plus sincères et très chaleureux d’heureuse année nouvelle, pour vous et tous les vôtres, dans un monde que nous souhaiterions bien plus pacifique et fraternel. Je souhaite que nous sachions tous, et tout particulièrement ceux et celles qui sont investis de missions éducatives, y œuvrer dans la solidarité, la tolérance et le respect mutuel. Mes vœux, bien sûr, s’adressent principalement à tous nos jeunes pour lesquels nous espérons, qu’avec l’accompagnement attentif et vigilent et la patience de leurs éducateurs, ils sachent tirer le meilleur profit pour eux de leur séjour dans les foyers Concorde et les quittent plus forts et déterminés, maîtres de leur vie, c’est-à-dire libres, responsables, utiles à une société qui leur fasse une juste place à la mesure de leur capacité et de leur volonté à s’y intégrer.
L’association Concorde a beaucoup évolué ces dernières années, élargissant ses modes d’action, mettant en œuvre de nouveaux moyens plus diversifiés répondant à de nouvelles attentes. Ce faisant ses effectifs ont sensiblement augmenté ainsi que le nombre de ses personnels. Je veux y voir la marque de notre directrice générale et de son équipe qui font preuve quotidiennement d’esprit créatif et entendent répondre à toutes les problématiques aussi nouvelles soient-elles pour mieux prendre en charge tous les jeunes, de toutes origines, malmenés par la vie et souvent laissés pour compte.
L’année écoulée a été marquée par la célébration de notre cinquantième anniversaire. Beaucoup d’entre vous étaient présents le 28 juin dans les jardins de notre maison de Gagny. Ce fut une belle journée dans tous les sens du terme, ensoleillée, conviviale et amicale.
Les jeunes, entourés de leurs éducateurs très investis, ont participé par diverses activités, fort réussies, contribuant ainsi à en faire une véritable fête qui s’est achevée tard dans la nuit à la salle des fêtes de Montfermeil. Je renouvelle à tous un grand merci pour leur investissement et leur imagination.
Mais l’année 2019 fut aussi une année difficile, voire éprouvante pour la direction de l’association et pour plusieurs équipes éducatives. La solidarité de tous a été remarquable. Le décès violent d’un jeune confié au Foyer Chevreul nous a bouleversés et a constitué une épreuve pour tous. L’interpellation, totalement inattendue pour nous, d’un autre garçon dans une structure individualisée et dans des conditions très particulières auxquelles une institution comme Concorde n’est pas habituée, a été aussi source d’inquiétudes, de perturbations et d’interrogations. Enfin, un incendie volontaire dans une de nos maisons par un jeune de dix ans, s’il a montré les capacités d’intervention et de réactivité des adultes présents, n’appelle pas à la sérénité et, là aussi, laisse interrogatif.
Oui, l’année 2019 laissera un souvenir mitigé et nous avions hâte de passer à 2020. Une fois de plus je rends hommage à tous nos cadres et à l’ensemble des personnels de l’association Concorde sans lesquels, je le répète, rien ne serait possible.
Je connais l’investissement professionnel et l’engagement associatif de notre directrice générale. Elle l’a encore démontré, si besoin était, tout au long de l’année écoulée dans des circonstances parfois dramatiques auxquelles elle a fait face avec détermination et compétence mais aussi, et peut-être surtout, beaucoup d’humanité.
Avant de lui laisser la parole, je voudrais dire un merci tout particulier à la Maison Marie-Foilaine DESOLNEUX qui nous accueille aujourd’hui, à sa directrice et l’ensemble de ses collaborateurs ainsi qu’aux jeunes qui ont contribué à la bonne organisation de cette réception.
Et, bien sûr, je ne saurais terminer sans un grand merci à tous nos cuisiniers qui, ensemble, ont préparé le buffet qui nous attend dans quelques instants.
A son tour, Florence Mazerat prend la parole :
Je voudrais saluer la présence des aumôniers musulmans auprès du chef d’état-major des armées de terre et de mer, avec lesquels nous avons un partenariat pour l’un de nos dispositifs. Je suis très touchée par votre présence.
L’année écoulée a été dense, difficile, chahutée et ponctuée d’évènements parfois dramatiques.
Je voudrais en premier lieu saluer la mémoire de Gérard PRINGAULT, décédé le 16 mai dernier et qui était l’un des co-fondateurs de Concorde, avec Claude CHIROUSE ici parmi nous et remercier Monique GUITTON toujours présente, qui a tant œuvré au sein de l’association….
Récemment, la Protection de l’Enfance, dont l’Aide Sociale à l’Enfance, a été mise à rude épreuve avec la diffusion récurrente d’émissions à sensations dont la dernière, zone interdite, diffusée dimanche dernier 19 janvier tend à laisser penser que la cause est perdue, que les éducateurs sont dépassés et que, finalement, on ne fait que colmater les brèches.
Je déplore que les juges des enfants aient été les grands absents de ce reportage, car c’est bien eux, qui pour un grand nombre ordonnent les mesures de placements.
Tout n’est pas faux. Il peut y avoir de la maltraitance dans les institutions, mais à la marge, et il faut que celle-ci soit dénoncée.
Mais, chers collègues, à Concorde, la bienveillance est omniprésente, c’est une valeur au quotidien. Je vous réaffirme ici toute ma confiance.
C’est vrai qu’il y a des difficultés.
Comme l’a illustré PAVO, notre dessinateur qui nous a accompagnés tout au long de la préparation des 50 ans, les temps ont changé : nous sommes dans les années zéro fric et confrontés aux difficultés de recrutement des éducateurs, du personnel technique, pénurie souvent liée à la question de la rémunération mais pas que….
Au-delà de la question des salaires, il faut se montrer imaginatif pour donner l’envie d’avoir envie de rejoindre nos équipes, afin accompagner nos jeunes.
Tout cela n’est pas insurmontable.
Comme je le disais au début de mon propos, 2019 a été une année très particulière, empreinte de joie et de tristesse.
Nous avons été frappés de plein fouet, le dernier semestre par des évènements douloureux :
Nous avons accompagné tous ces évènements et soutenu nos salariés du mieux possible dans ces douloureuses étapes de la vie.
A l’occasion de ces épreuves, je peux affirmer qu’il y a au sein de notre Association une formidable solidarité, une entraide, une écoute, qui font que chaque salarié se sent considéré, soutenu et épaulé.
Nous avons connu aussi, et heureusement, des moments de joie, de fêtes avec les 50 ans de l’association le 28 juin dernier, événement qui a été un réel succès.
Le 1er avril, et ce n’est pas un poisson, l’association s’est agrandie avec l’ouverture du dispositif pour les mineurs et jeunes majeurs non accompagnés.
Philippe ALLARD en a été nommé Directeur, secondé par Touria MAVUMBU, cheffe de service qui a une longue expérience des mineurs non accompagnés.
En lien, nous avons procédé à des changements au niveau des cadres :
A toutes et tous, je vous souhaite de la réussite dans vos nouvelles fonctions.
Je désire, avant de conclure, adresser mes plus profonds remerciements au Président, au conseil d’administration, aux directeurs, aux chefs de service, aux éducateurs, à l’ensemble des personnels techniques, notamment nos techniciens qui interviennent sans relâche pour maintenir et améliorer le cadre de vie des jeunes et des personnels, pour leur soutien indéfectible dans les moments difficiles sans oublier mon fidèle lieutenant Yann Chatelin et ma fidèle et précieuse directrice technique Sandrine Baillergeant.
Au seuil de cette nouvelle année, je vous présente mes meilleurs vœux. Que l’année 2020 soit plus apaisée et plus douce.
Durant la réception annuelle des vœux de l’association, la directrice générale Florence Mazerat a rendu un hommage mérité à Claude Chirouse, son co-fondateur avec Gérard Pringault.
« Claude, c’est bien grâce à toi, grâce à des gens militants, qui ont donné de leur temps sans jamais compter, que Concorde existe et résiste à toutes les tempêtes. Vous pouvez être fiers ; tu peux être fier de votre œuvre.
Claude, sois certain, qu’il y a encore des militants au sein de Concorde. Je veux parler de, notre Président, des membres du conseil d’administration, des salariés et des cadres qui nous l’ont prouvé durant les évènements de 2019, sur lesquels je reviendrai.
Depuis 1969, Gérard avait été successivement directeur puis directeur général jusqu’au 1er janvier 2013, date de son départ à la retraite. Durant 44 ans grâce à sa pugnacité, son audace, ses valeurs, ce sont plus de 3 500 jeunes qui ont bénéficié d’une prise en charge éducative de qualité et à qui l’association a permis de devenir des hommes et des femmes libres de faire des choix.
Alors oui, Claude, aujourd’hui l’occasion m’est donnée au nom de tous et en mon nom, de te remercier très vivement pour tes 50 années passées à Concorde au service des jeunes, des salariés, de la vie associative, et j’espère que tu seras encore des nôtres durant de longues années. »

a fêté son premier anniversaire le 1e septembre 2019
Durant cette première année, l’équipe éducative composée de moniteurs éducateurs, d’éducateurs spécialisés, d’une éducatrice de jeunes enfants, d’une conseillère en économie sociale et familiale, d’une psychologue, a accompagné au total cent deux enfants de un à dix-sept ans au sein de quarante familles de dix communes du département.
Le placement à domicile a permis, grâce à un accompagnement intensif hebdomadaire, de ne pas séparer les fratries et de travailler avec vingt-deux fratries, dont les plus grandes comptaient cinq ou six enfants.
Sur les cent deux enfants, certains ont pu participer avec leurs parents à plusieurs actions collectives organisées par l’équipe :
Durant cette première année, l’équipe du SEPAD a pu faire appel aux différentes maisons de Concorde pour disposer de lits de repli pour un temps de 72h maximum. Cet accueil a été nécessaire pour certains jeunes afin de faire retomber les tensions, les conflits rencontrés par les enfants et parfois par les parents.
Du SEPAD, nous pouvons dire que le placement de type ADOPHE** a toute sa place au sein du département. Les neuf dispositifs ADOPHE qui existent actuellement sur la Seine-Saint-Denis s’inscrivent bien dans une démarche de protection des mineurs, de soutien et d’accompagnement à la parentalité au domicile. Ils permettent de préserver le lien familial et de maintenir l’enfant dans son milieu naturel.
Directeur
Eric BERTHERAT
* Service Educatif de Protection et d’Accompagnement à Domicile
** Accompagnement à DOmicile avec Possibilité d’HEbergement
Le colloque de l’ADC (Association de Directeurs, Cadres de direction du secteur social, médico-social et sanitaire) s’est déroulé les 26,27 et 28 Septembre à Nantes. L’ensemble des directeurs des structures ont pu profiter de ce colloque national et se mettre au travail à travers un programme dense et intéressant autour du thème de « l’être connecté ou l’E-directeur ».
Exposés, échanges, tables rondes et démonstration de robotique ont ponctué ces journées. Outre un apport théorique autour de thématiques en devenir, le colloque de l’ADC permet un travail de cohésion et liens entre les directeurs qui tout au long de l’année œuvrent souvent chacun de leur côté vers le même objectif : la réussite des jeunes que nous accompagnons.
Ce déplacement géographique permet aussi bien sûr des moments de détente, de découvertes dont chacun a pu profiter à sa manière. Ainsi, nous avons pu visiter « la fabrique de l’ile » et assister à une déambulation de leur éléphant, marionnette tractée géante, connue sur tout le territoire et donner du sens à une citation d’Aristote « Le plaisir dans le travail met la perfection dans le travail. » !
Sandrine BAILLERGEANT
Cadre Technique
Rencontre avec Philippe Allard, directeur et Touria Mavambu, cheffe de service éducatif.
Le 1er avril 2019, s’ouvrait la « Plateforme Filles et Garçons du Monde » prévue pour accueillir à terme 100 mineurs et jeunes majeurs étrangers adressés par la CAMNA. Où en êtes-vous dix mois plus tard ?
Notre habilitation nous autorise à prendre en charge des jeunes de 15 à 18 ans, et par dérogation des 18 – 21 ans. A à ce jour nous accueillons 75 jeunes, surtout des 17 – 18 ans. Nous avons une référente à la CAMNA qui travaille très bien. Nos jeunes sont hébergés en appartements diffus de 2 à 6 places, loués par l’association. Les huit éducateurs actuellement en fonction travaillent en binômes qui assurent le suivi d’environ 25 jeunes. Deux chargés d’insertion mettent en place les projets professionnels, préparent les sorties de la structure. Une infirmière, trois veilleurs de nuit, dont un à mi-temps, et trois intervenants scolaires titulaires d’un diplôme FLE, deux à plein temps et un enseignant retraité à temps partiel, complètent l’équipe.
Avez-vous rencontré des difficultés pour recruter des personnels ?
Avec une montée en charge progressive nous étoffons notre structure au fur et à mesure des arrivées. La moitié des éducateurs actuellement en poste vient de maisons d’enfants de l’association. C’est pour nous un atout car ils connaissent nos structures et sont en situation d’accueillir leurs nouveaux collègues. Disons que nous sommes épargnés, mais que nous avons mis en difficulté les autres services.
Comment se déroulent les journées de vos jeunes ?
Dès leur arrivée ils passent des tests de connaissance au CIO de Clichy-sous-Bois. Ceux qui n’ont jamais été, ou très peu, scolarisés sont dirigés vers notre atelier scolaire qui fonctionne toute l’année, y compris pendant les congés scolaires, de 9 h à 16 h. Les prises en charge sont personnalisées. Certains sont orientés vers une structure scolaire adaptée, telle une « UPE2A » ou une « Remob FLE » classe d’une vingtaine d’élèves. Ces classes existent au collège Jean Jaurès de Montfermeil. Il existe aussi une classe « NSA » au collège Romain Rolland de Clichy Sous-Bois. Nous nous mobilisons pour que tous aient accès à des structures de formation professionnelle telles les masterclass (préparatoires à l’apprentissage) du campus des métiers de Bobigny par exemple.
Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous vous heurtez ?
Nous avons quelques soucis d’aménagement des logements mais nous déplorons surtout que les jeunes aient tant de difficultés à obtenir des rendez-vous à la préfecture pour régulariser leur situation administrative. Les prises en charge des jeunes majeurs doivent être d’au moins six mois pour permettre cette régularisation. Il nous faut faire respecter le droit du travail car certains employeurs ont tendance à abuser de la précarité de ces jeunes. Théoriquement, nous pouvons les garder un an et demi, mais pour que l’accueil que nous assurons soit vraiment profitable il faut que celui qui nous quitte ait un emploi et un logement. Ce qui est problématique si les prises en charge sont courtes et de fait les formations non terminées.
Au plan culturel, nous avons des liens avec les Ateliers Médicis et le Chapiteau de Clichy. Les ateliers scolaires organisent des sorties éducatives. Il faut du temps pour installer une relation éducative.
Actuellement, nous concentrons tous nos efforts dans la qualité de l’accueil, l’hébergement, la formation, pour construire l’avenir.
Propos recueillis par Pierre Girault, administrateur de Concorde.
Mai 2018 : un groupe (éducateurs, secrétaires, comptables, cadres) est constitué pour participer à une formation se déroulant dans une salle à Montfermeil. Il faut y venir en jogging et nous ne savons pas à quoi nous attendre ! Comment ça va se passer et puis nous ne nous connaissons pas… il y aura des tatamis… « Il faut se rouler par terre ! », pas envie d’y aller finalement !
Atmosphère détendue, la connexion se fait dans le groupe sans compter la bienveillance de notre formatrice, Nathalie ! Nous rencontrons des difficultés à nous quitter ! Nous ne parvenons pas à mettre des mots sur ce que nous venons de vivre…. Nous sommes heureux !
Novembre 2019 : niveau 2 de cette même formation ! Une joie immense de nous retrouver et nous « blottir » dans notre bulle durant 4 jours. Des apprentissages, des échanges, du partage, des rires, une intensité que nous ne parvenons toujours pas à nous expliquer mais on s’en moque car nous sommes tellement bien tous ensembles ! Un principe, ce qui se passe dans la salle reste dans la salle.
Une seule hâte, nous retrouver en 2021 pour le niveau 3…..
Cécile JOUBAIRE
Cheffe de Service Educatif Gagny 1
L’Association a depuis plusieurs années orienté sa politique de formation vers des actions collectives transversales visant un développement des compétences d’un plus grand nombre de salariés ainsi que vers la favorisation des accompagnements VAE (Validation des Acquis et des Compétences) permettant aux salariés une reconnaissance de leur expérience par la sanction d’un diplôme d’état.
De fait, nous avons créé un partenariat actif avec différents organismes de formation :
Parallèlement, nous travaillons avec OPCO santé* (anciennement UNIFAF) autour d’actions prioritaires sur des thématiques diverses allant du droit des étrangers au travail de nuit en institution en passant par la qualité de vie au travail…
Ce listing est loin d’être exhaustif, si cet aspect de notre accompagnement des salariés vous intéresse, je vous invite à vous plonger dans le rapport d’activités 2019 lors de notre prochaine Assemblée Générale en juin 2020, vous y trouverez dans le détail toutes les actions menées.
Sandrine BAILLERGEANT
Cadre Technique
* OPérateur de COmpétences du secteur privé de la santé
Première fête de noël pour notre directeur Stéphane Martin, notre cheffe de service Amandine Dufossé ainsi que pour certains éducateurs et jeunes au sein de la maison Chevreul.
Ce fut une grande réussite tout le monde s’est laissé envahir par la magie de Noël.
Un repas succulent et convivial, une belle distribution de cadeaux par un super Père Noel et ses petits lutins plus qu’engagés dans l’organisation de ces moments féériques.
Amandine Dufossé
Chef de Service Educatif
Irène FERREIRA, notre maîtresse de maison, a choisi de rendre sa blouse pour profiter pleinement de ses proches et d’elle-même ! Elle a bien raison d’ailleurs….
C’est avec beaucoup d’émotion et de joie aussi que nous lui avons réservé une fête surprise le 12 décembre dernier. L’ensemble des jeunes et du personnel s’est retrouvé autour d’Irène afin de la remercier à sa juste valeur, la saluer dignement et lui montrer notre affection. Tous réunis autour d’une belle personne….
Irène, nous te souhaitons le plus beau à venir !
Les jeunes et l’équipe de Gagny 1 te remercient et souhaitent la bienvenue à Christine.
Cécile JOUBAIRE
Cheffe de Service Educatif Gagny 1
Du 27 octobre au 3 novembre 2019, notre séjour aux Clarines fut un vrai retour à la campagne avec des activités centrées sur la nature : visite d’une ferme pédagogique avec soin aux animaux le matin et fabrication de fromages frais l’après-midi ; construction de nichoirs à oiseaux, visite du musée des mondes polaires, promenades en forêt, découverte des villages alentours…
Nous avions à cœur de proposer aux jeunes une échappatoire aux habitudes du foyer. Pari gagné : tous ont apprécié le séjour. Nous avons été surpris des efforts de comportement de chacun, lors des activités comme dans la vie au chalet même. Aussi notre règle « un séjour sans télévision » a été bénéfique puisque, pour la première fois, nous avons pu apprécier de voir le groupe se retrouver autour de jeux de société à chaque « temps mort » dans un emploi du temps pourtant bien rempli..
… et d’hiver
Pour la seconde semaine de vacances scolaires d’hiver, du 29 décembre 2019 au 4 janvier 2020, 6 jeunes sont partis en séjour éducatif dans la maison Les Clarines du Jura, encadrés par 2 éducateurs.
Au programme : ski, patinoire, visite du musée des mondes polaire, escapade au lac de Saint Point, aux cascades du Hérisson, randonnée, balade en forêt, herbier, ferme pédagogique avec soins aux animaux et fabrication de brioches maison, château de Joux, atelier pizza, jeux de sociétés, visionnage de films.
Le séjour s’est globalement très bien passé. Les jeunes ont apporté leur contribution au bon fonctionnement du groupe et dans la gestion de la vie de la maison. Tous ont su apprécier les repas variés proposés, et comme pour le séjour précédent la télévision a été proscrite et cela n’a posé aucun souci. Au contraire, nous avons pu en profiter pour passer de bons moments ensemble autour de jeux de société.
Le succès des activités proposées souligne une fois encore l’appétit de nos jeunes pour la découverte de nouveaux horizons, de la vie rurale et des activités culturelles.
Adeline Clément
Animatrice Socio-Educatif
Si Akilan n’est plus pris en charge à Concorde depuis quelques temps, force est de constater qu’il reste impliqué dans la vie de notre association. Il répond toujours présent lorsque nous le sollicitons pour nous prêter main forte, participe à toutes les actions transversales que nous menons : forum des associations, marché de Noël, organisation des 50 ans à Aristide Briand, assemblée générale… Nous avons naturellement souhaité qu’Akilan soit mis en lumière, et l’initiative des mérites bénévoles de la ville de Montfermeil était une très bonne occasion pour cela.
La surprise fut double pour Akilan. Il n’a, en effet, été informé de notre démarche qu’une heure avant la tenue de la soirée, et sa candidature a été retenue pour faire partie des trois lauréats. Son engagement associatif a été souligné et encouragé lors du discours de Monsieur le Maire.
La modestie d’Akilan a été mise à rude épreuve mais son frère, Arun, était là pour le soutenir !
Laurence Nominet, directrice des maisons de Gagny
C’est avec plaisir que nous avons suivi les aventures d’un de nos jeunes sur les célèbres marches de Cannes. Il a en effet participé au premier long métrage de Ladj Ly « Les Misérables ».
On peut grandir aux Bosquets, devenir réalisateur, être un jeune acteur de Concorde et prouver que l’on peut faire partie des meilleurs !
Le samedi 28 septembre 2019, en partenariat avec la Maison de la nature de Coubron, neuf jeunes de la maison Marie-Foilaine Desolneux ont participé à un nettoyage de la nature. C’est action importante, qui permet de faire un geste en faveur de l’environnement, a rencontré un vif intérêt. Le groupe de jeunes a su apporter sa contribution directe à la préservation de l’environnement.
Ces quelques heures dans les champs ou la forêt ont aussi permis d’améliorer leurs connaissances sur la biodiversité : sentir du chèvrefeuille, trouver des champignons ou des araignées…
C’était aussi un moment où jeunes et adultes ont partagé des instants de complicité et d’entraide.
Sandra DENOS
Educatrice
Une page se tourne pour Blanche N. accueillie au sein de notre association depuis 9 ans ; d’abord dans la maison Marie-Foilaine Desolneux puis au Métadap. Après un parcours semé d’embuches et un quotidien pas toujours simple, Blanche a su faire les efforts nécessaires pour s’en sortir, bien accompagnée par ses éducateurs. A l’occasion de son départ en famille d’accueil, une petite fête a été organisée en son honneur. Ce fut l’occasion d’inviter quelques personnes qui ont compté pour elle tout au long de son parcours comme Kader Akbal ou Rachel Emonot. Un moment fort en émotion en compagnie des éducateurs, coordinateurs et jeunes de la maison de Vauquelin.
Blanche, nous ne t’oublierons pas et te souhaitons bonne chance dans ta nouvelle vie.
Toufik Oukaci, directeur du METADAP
Comme chaque année, et maintenant depuis six ans, la cérémonie de remise des médailles « Concorde » aux diplômés scolaires a eu lieu le mardi 11 septembre 2019 à 18 h 30, au restaurant « L’Atelier », sous la présidence de Monsieur Junqua.
Pour les jeunes, c’est un moment privilégié qui salue le travail de l’année précédente et les efforts fournis. Des membres du Conseil d’Administration étaient présents pour les saluer et les encourager.
Trente-cinq d’entre eux ont été mis à l’honneur, tous accompagnés par leur éducateur référent. Les médailles décernées récompensent :
– 13 Brevets et Certificats de Formation Générale
– 2 Certificats d’Aptitude Professionnel Agricole
– 12 CAP et BEP
– 7 BACS dont 4 avec mention
– 1 BTS
Cette cérémonie a été un vrai moment de convivialité, de partage avant d’entamer une nouvelle année scolaire qui promet d’être aussi dense que les précédentes.
Ce fut aussi occasion de remercier tous les acteurs qui ont oeuvré pour que le jubilé de Concorde soit une parfaite réussite. Ainsi, des médailles ont été décernées, d’une part, à des membres du Conseil d’Administration, et d’autre part, aux salariés.
Sans nommer tout le monde, des remerciements particuliers aux administrateurs qui n’ont pas compté leur temps :
– Monsieur Claude Chirouse, co-fondateur
– Madame Maïté Melchior-Griffé
– Madame Sylvie Doudet
– Monsieur Pierre Girault
– Monsieur Jacques Carton
– Monsieur Bernard Moulin
– Et bien entendu, notre Président, Monsieur Alain Junqua
Un grand MERCI aux éducateurs, services techniques, services généraux, cadres, pour leur précieuse aide, leur engagement associatif et leur dévouement au service des jeunes.
Florence Mazerat, directrice Générale
En cette année de célébration de notre cinquantenaire, nous ne pouvions faire défaut au forum associatif de la commune ! Ainsi, nous étions présents cette belle journée du 7 Septembre afin de nous faire connaitre et reconnaitre des Montfermeillois en prospection.
Nous avons pu fédérer autour de Concorde en recueillant de nouvelles adhésions et surtout porter notre message en direction des adultes mais aussi des plus jeunes : l’importance du « vivre ensemble » a de nouveau résonné.
La veille, nous assistions à la soirée des mérites bénévoles et nous avons eu le plaisir d’assister à la nomination puis l’élection d’un « ancien jeune » : Akilan qui s’est vu honoré pour sa présence et son aide constante lors de nos manifestations, ce depuis plusieurs années. Un grand merci à ce jeune qui a lui-même souligné et remercié l’association Concorde pour son accompagnement et son soutien.
« C’est une vraie famille », c’est ainsi qu’Akilan a conclu !
Sandrine Baillergeant, directrice technique
Il y eut Montalivet 2018, il y aura Montalivet 2019 et les magnifiques journées à profiter de la mer et des longuessss heures de baignade à n’en plus finir pour savourer chaque moment. Oui, Noriade, David et Alex, vos sourires dans l’eau faisaient plaisir à voir, tout comme la belle amitié nouée !
Il y eut aussi nos champions du monde «Made in Concorde », deux fois vainqueurs du tournoi de football local avec du beau jeu, un esprit d’équipe et un sens du fair-play salués par les animateurs CAP 33. De belles et importantes victoires pour nous aussi, éducateurs. Bravo Kenzo, Adama, Souleymane, Brandon, Alex et Noriade !
Nous avons eu la chance de visiter toute une journée la ville de Bordeaux, sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007 pour ses nombreux superbes monuments à découvrir, comme cette majestueuse place de la Bourse et sa fontaine Royale.
Le groupe, composé cette année de jeunes de Gagny 1 et Gagny 2, évolua dans un bon esprit collectif de partage. Une expérience humaine intéressante à revivre assurément !
A saluer également la patience et le respect des contraintes règlementaires du camping par tous les jeunes. Il fallait le souligner !
Vincent Prual, éducateur Gagny 1
NB : avis aux personnes qui souhaiteraient effectuer un séjour à Montalivet : il parait qu’il est possible de se perdre à Montalivet Plage (clin d’œil à 1 jeune) !
Les jeunes de la maison Les Sorbiers de Villemomble, installés sous tentes dans une vallée d’oliviers, ont su, trois semaines durant, apprécier toutes les richesses de l’île de beauté : ses paysages, ses spécialités culinaires, son histoire et l’accueil chaleureux de leurs hôtes…. Ils leur ont prêté main forte pour finir de clôturer le potager où poussaient de bonnes tomates et bien d’autres légumes que les sangliers affectionnaient autant que nos ados.
Ils ont vécu un séjour inoubliable en Corse.
Maud Lepage, éducatrice
N’oubliez pas de toujours regarder l’horizon…
car l’avenir est bien face à vous
Mais quelle est donc cette destination ? Paysage bucolique, vaches et prairies verdoyantes (pas les vaches hein !). A peine arrivés et c’est l’excitation de découvrir ce nouveau lieu Les Clarines. Les jeunes dévalent en trombe les étages à la recherche de leur chambre, nous-mêmes allons à leur rencontre ; un vrai labyrinthe digne de la séquence de la pyramide dans Astérix et Cléopâtre. Puis la maison se décide à nous livrer quelques-uns de ses trésors : des chambres spacieuses, une salle de jeux, une autre avec une grande cheminée pour festoyer, une immense cuisine parfaitement aménagée pour confectionner de délicieux mets. Mais la plus belle des surprises est la découverte du jardin et du spectacle qui s’offre à nous chaque nuit : ciel parsemé d’étoiles, la lune faisant son apparition au-dessus de la forêt de sapins, forêt explorée par certains d’entre nous les jours suivants.
Lors de ce séjour la montagne a su nous offrir son silence et ses trésors avec ses roches, ses cours d’eau – le canyoning restera à cet égard dans les annales ! – et ses innombrables chemins. Initiation itinérante s’il en est, d’autant plus qu’avec une petite bande de loustics, notre randonnée sur deux jours fut probablement l’une des plus belles expériences partagées lors d’un séjour. Accompagnés d’un guide captivant tout du long, nous sommes passés par toutes les gammes d’émotions jusqu’à l’arrivée au refuge. Là, le temps s’arrêta. Tempus fugit dit-on ? Il arrive que des trouées dans le réel permettent à chacun de s’échapper. Instants magiques magnifiés par une fondue, entre adultes, entre amis, entre jeunes. Autour d’une vieille table en bois. Et le lendemain nous reprîmes notre chemin sous de légères averses. Un peu plus de fatigue bien sûr, mais tous les jeunes firent preuve d’endurance.
Mission éducative accomplie ? Le plaisir, le cadre, les efforts et la présence de chacun ont permis de dépasser allègrement le cadre éducatif pour simplement signifier des instants de vie. Vous l’aurez compris, ce transfert fut beau, intense, riche… Comme ce « foutu » métier !
Denis Baron et Francis Sigiscar, éducateurs
Comme chaque année pendant la saison estivale, deux séjours ce sont déroulés.
Le premier dans les Gorges du Verdon où neuf jeunes ont pu découvrir ou redécouvrir des paysages magnifiques. Ils ont profité de la région et de sa nature grâce à de multiples activités telles que l’équitation et le canyoning.
Pour le second séjour, c’est à Sainte-Marie de la Mer, près de Perpignan, que les jeunes ont installé leur campement. WaterJump, Aqualand et découverte des Gorges du Gouleyrou étaient entre autre au programme
Ces séjours éducatifs leurs ont permis de travailler leur autonomie grâce à la vie du camp. Aussi, des liens et affinités auparavant timides ont pu s’affirmer.
Pour les éducateurs, ces moments de partage sont précieux. Loin du cadre institutionnel, ils permettent aux jeunes de se confier plus facilement et favorisent l’échange. Ce sont alors des temps propices aux échanges et à la mise en place des bonnes résolutions qui accompagnent la rentrée scolaire.
En juillet les jeunes de la maison Aristide Briand de Gagny ont pu découvrir et visiter la région du Haut-Var. Ils ont séjourné dans un camping à Villecroze, près des Gorges du Verdon. Ils se sont initiés au canyoning ainsi qu’à bien d’autres activités.
Le soleil et la bonne humeur étaient au rendez-vous tout au long de cette aventure.
Azzedine ZIANE
Educateur à Aristide Briand
L’équipage du navire G1 était composé des moussaillons Ramy, Nick, Brian, Christo-Freddy, William, Excellent et Ibrahima, avec pour capitaines Hardy et Rodney.
Ils ont connu les joies du camping municipal de Vendays, charmante petite commune de la Gironde. En ce lieu, chacun a pu délaisser provisoirement l’environnement urbain dans lequel il évolue au quotidien. Nos jeunes ont établi des liens chaleureux avec le public familial du camping. Belle ambiance du groupe qui a su évoluer en harmonie, chacun respectant les règles fixées au préalable.
Ils ont apprécié de participer aux nombreux matches de Beach volley, football… organisés par l’équipe d’animation Cap 33 du département de la Gironde. Dans ces beaux tournois, ils ont fait preuve de fair-play et d’un esprit d’équipe remarquable et ont reçu des récompenses pour leur victoire en finale de football.
Au menu également, bronzette, jeux aquatiques, randonnée pédestre et découverte de la ville de Bordeaux, sans oublier l’escalade de la dune du Pilat.
Hardy Paul – Rodney D’Almeida, éducateurs
Nouvelle région pour Juillet, à la découverte de la Bretagne, ses plages, ses balades, sa gastronomie, sans oublier son soleil car cette année, il était là et bien là. L’équipe a, elle aussi, apprécié la région, le gîte et le partage avec les enfants dont quatre petits nouveaux avec lesquels il fallait faire connaissance.
En août, retour dans le Jura. Les enfants sont toujours très contents de s’y retrouver et, là aussi, les balades ne manquent pas. Ils en découvrent de nouvelles chaque année. Malgré quelques jours très moyen, l’équipe a réorganisé le programme d’activités les amenant à rencontrer un guide qui a su captiver les petits et les grands lors d’une découverte commentée de la nature environnante.
Les enfants sont rentrés en pleine forme et ont fait le tour de leurs différents groupes de vie… qui ont bien changé.
L’équipe éducative de La Caravane
Cette année les séjours du METADAP (service spécialisé en mini-collectifs) se sont orientés vers les côtes de l’ouest de la France. Les jeunes ont participé activement à la conception et à la préparation des projets de découverte de régions telles que la Vendée, la Normandie ou les Charentes Maritimes.
Certains ont pu découvrir pour la première fois des activités telles que le catamaran, la pêche à la ligne et au seau, profiter de longues balades le long des plages ou encore visiter des d’îles et des monuments célèbres vus jusqu’alors uniquement à la télévision, comme Fort Boyard. Les plus courageux se sont laissés tenter par la découverte de mets régionaux atypiques tels que les huîtres et autres fruits de mer ainsi que la salicorne.
Ces moments conviviaux ont permis aux jeunes de resserrer leur lien et découvrir une autre facette de l’équipe éducative. Ce qui facilite les rapports et les relations de confiance dans notre travail d’accompagnement au quotidien auprès d’eux.
Jacques Jouana, coordinateur
En juillet, les jeunes de la maison Marie-Foilaine Desolneux ont largement profité du soleil et des plages vendéennes.
Une subvention fort appréciée du Lion’s Club de Coubron a permis de prendre en charge cinq séances d’initiation au catamaran, ce qui nous a valu quelques frayeurs et beaucoup de rires. Avec courage et patience, les jeunes ont pu découvrir et apprécier cette pratique sportive.
Nous avons aussi fréquenté quotidiennement le parc aquatique du camping.
Les soirées étaient rythmées par les activités proposées par le camping, comme les soirées mousses, karaoké, spectacles…
Nous avons pu découvrir les ruelles décorées par des réalisations en coquillages de l’île Penotte, ce petit quartier des Sables d’Olonne.
Quinze jours ponctués de rires, de plongeons, de glissades et de soleil.
Pleins d’émotions et de jolis souvenirs, pour le dernier séjour de Daphné Lorenzoni, éducatrice sur Coubron depuis 8 ans qui part vers de nouvelles fonctions. Espérons qu’il soit inoubliable pour toutes et tous, et plus particulièrement pour Daphné.
Les séjours sont le ciment de toute nouvelle relation éducative. Celui-là encore a pu faire naître de belles rencontres et tisser du lien, encore du lien et toujours du lien, ce qui manque cruellement dans notre société.
Béatrice Bouras, éducatrice
Un premier séjour s’est déroulé du 4 au 7 juillet avec 2 familles : une maman avec ses 5 enfants et une autre avec ses 3 enfants.
L’idée de passer des vacances loin de la banlieue, séduisait les familles comme les éducateurs.
Nous avons découvert l’immense maison et le paysage qui l’entourait avec le jardin, la balançoire, les animaux. Un dépaysement pour tous. L’ambiance était euphorique.
Nous avons pu découvrir le lac de Chalain et nous étions émerveillés par les montagnes qui l’entouraient. Le soleil se reflétait dans l’eau et lui donnait une superbe couleur vert émeraude. Dans la chaleur estivale nous avons apprécié la fraicheur de l’eau lors de plusieurs baignades.
Nous avons profité d’un beau moment de détente avec éclats de rire, poses photos et discussions, au parc aquatique « Les Lagons ».
Samantha, Antoinette et Kamélia, éducatrices
Deux mamans et 6 enfants ont bénéficié d’un second séjour du 22 au 25 juillet. Après avoir pris le temps de se connaître, sont venus les bons moments et les fous rires. Les activités ont été très enrichissantes pour ces familles qui découvraient le jura pour la première fois.
Nous avons passé une après-midi entière au lac de Chalain. Les enfants ont pu s’amuser dans l’eau et sur la plage de sable, ou encore essayé de pêcher ! Heureusement que nous avions déjà prévu le repas du soir, nous n’avons pas osé nous aventurer à goûter la soupe aux cailloux…
Nous avons également visité les grottes de Moidons. Dans la fraicheur, entre les stalactites et les stalagmites, les esprits se sont perdus à la découverte de grandes tours, d’églises, d’un dinosaure et de crocodiles. Mais nous avons vu une vraie chauve-souris !
La nuit tombée, la soirée conte organisée par les éducatrices a permis de laisser place à la magie des lieux : les personnages de « Ginette et Georgette », interprétés par Clémence et Kamélia, ont fait leur apparition à la pleine lune !
Ainsi, les enfants et leur maman ont passé de très beaux moments aux Clarines.
Clémence et Kamélia, éducatrices
En ce premier juillet très ensoleillé, les jeunes du dispositif « Filles et garçons du monde » et ceux des foyers de l’association ont découvert l’activité accrobranche.
Après une marche dans le bois de Bondy, ils ont rejoint le site de Plaine Forme. Très bien encadrés, équipés de baudriers en toute sécurité, ils ont fait une initiation et en route vers les hauteurs !
Malgré quelques appréhensions, ils ont tous grimpé dans la joie et la bonne humeur. En commençant doucement à mi-hauteur, ils ont découvert la tyrolienne, l’équilibre précaire sur des rondins de bois, dans les filets et sur les ponts suspendus. Plusieurs parcours proposés, plusieurs hauteurs, chacun a pu évoluer à son rythme.
De l’entraide, des rires, de l’adrénaline en tutoyant les sommets, ils se sont tous lancés.
Un moment privilégié entre jeunes et intervenants pour clore une nouvelle année intense de l’atelier scolaire.
Carol Spence, intervenante scolaire
Vendredi 28 juin 2019, midi, les nombreux invités de la cérémonie officielle sont accueillis dans le vaste jardin de la maison Aristide Briand de Gagny. Chacun reçoit un sac à l’emblème de l’AEPC, un stylo bille « AEPC Concorde 50 ans » et une brochure « Une belle aventure qui se poursuit ». C’est clair : nous sommes à une étape symbolique dans notre action résolue au service de la protection de l’enfance, pas une commémoration. Concorde entend rester fidèle à ses origines.
Les interventions de M. Alain Junqua, président de l’association, de Mme Florence Mazerat, directrice générale, et de M. Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, commune siège de Concorde depuis sa création, sont à l’image du temps. Le soleil n’est pas seulement sur nos têtes mais aussi dans les cœurs. Ce que nous confirme aussitôt après, la chorale qui a créé une chanson pour la circonstance. Mme Laurence Nominet, directrice de la Maison Aristide Briand remercie les personnels, cuisiniers, techniciens, éducateurs, qui se sont totalement investis. Un atelier graf réalise devant nous huit tableaux en perpétuelles transformations, un pour chacune des lettres de CONCORDE. Dans le salon de la maison un court métrage passe en boucle …….
A partir de 19 heures la fête se poursuit à la salle des fêtes de Montfermeil. Tous les personnels sont conviés et ceux dont la présence n’est pas requise dans les maisons sont là. De très nombreux jeunes les ont accompagnés, mais aussi d’anciens jeunes qui gardent un lien affectif avec les maisons et les personnels qui les ont accueillis lorsque les aléas de leur vie les ont conduits à Concorde. Une pièce de théâtre, l’anniversaire, spécialement créée et jouée pour la circonstance par un groupe de jeunes, d’éducateurs et des comédiens de la compagnie El Duende, inaugure la soirée. Un texte drôle, touchant, plein d’humour et de fantaisie, une mise en scène dynamique conquièrent le public qui applaudit longuement et chaleureusement. La chorale au grand complet reprend la chanson des 50 ans, accompagnée par la salle.
Les tables se forment, l’apéritif et le buffet rassemblent des groupes qui évoluent au fil des rencontres. Le magicien Rémy circule de table en table, subjugue petits et grands. L’ambiance est très familiale et les générations se mélangent volontiers. Les danseurs répondent à l’appel des deux musiciens et de la chanteuse de My orchestra event… Préparée de longue date par un large comité de pilotage sous la houlette de Sandrine Baillergeant, directrice technique qui a coordonné les initiatives, de Philippe Allard et Éric Bertherat pour l’animation, la fête est un beau succès. Mais une surprise nous attend encore : le dessinateur Pavo, qui a suivi les différentes étapes de la préparation des 50 ans et la fête, prépare son compte rendu, façon BD…
Gérard Pringault, co-fondateur et directeur général de l’association Concorde de 1969 à 2013, est décédé le 16 mai 2019. Ses obsèques ont rassemblé le 22 mai, autour de ses enfants et petits-enfants, une foule d’amis, de proches, d’élus, et de très nombreux personnels, administrateurs et anciens jeunes de Concorde. Nous publions les témoignages des intervenants qui se sont exprimés au cours des cérémonies d’hommage qui ont été rendus à Gérard.
Florence Mazerat, directrice générale de Concorde
Mon cher Gérard,
A travers ces quelques mots, au nom de l’association Concorde, nous venons te saluer et saluer ton œuvre.
Concorde a eu 50 ans en mars dernier et nous les fêterons le 28 juin prochain, mais tu as décidé de tirer ta révérence avant.
Parti d’un club de prévention aux Bosquets, très rapidement, avec Claude CHIROUSE, co-fondateur, vous avez décidé d’aller encore plus loin dans l’accompagnement des jeunes.
C’est ainsi que le 1er foyer « Perdrigé » a vu le jour en 1984 puis d’autres maisons ont suivi : Chevreul, Gagny 1 et 2, le Centre de Placement Immédiat « Les Sorbiers », le Service d’accueil des Mineurs – SAM, Marie-Foilaine Desolneux, le Dispositif d’Accueil Personnalisé – DAP, Aristide Briand.
Tu n’as eu de cesse de développer, construire des projets pour les grands et les petits, en t’entourant d’une équipe fidèle (personnels et Conseil d’Administration) ayant pour seul objectif de répondre aux besoins des jeunes et de surcroît les plus en difficultés.
Lors de ton départ à la retraite en janvier 2013, tu pouvais te féliciter d’avoir accueilli, épaulé, aidé d’une manière ou d’une autre 2 308 jeunes.
Quelle formidable aventure, quel beau travail qui mérite-là d’être souligné.
J’ai passé 27 ans à tes côtés, tu m’as transmis ton expérience du métier ; cela n’a pas toujours été un long fleuve tranquille, mais sache que je respecterai mon engagement à poursuivre ton œuvre, ton travail.
J’ai pris ta succession en 2013 à la tête de cette belle association dont tu étais, à juste titre, si fier.
Je peux t’assurer, au nom de tous, que nous resterons fidèles à tes valeurs et que nous les ferons vivre.
Repose en paix.
Au revoir Gérard.
Alain Junqua, président de l’Association
J’ai fait la connaissance de Gérard Pringault au mois de septembre 1988 lorsque je suis arrivé au tribunal de Bobigny. Très vite, il m’a été présenté et avec lui l’institution qu’il dirigeait, comme l’élément moteur de la protection de l’enfance dans le département. J’ai très vite compris qu’il était incontournable et qu’on pouvait compter sur lui.
Puis, quelques années plus tard, ayant quitté Bobigny, au hasard d’une rencontre de Vertault, Gérard et le président de l’époque, André Coulomb, m’ont demandé d’entrer au Conseil d’Administration, puis, ultérieurement, de me présenter à la présidence de l’association. C’est ainsi que j’ai mieux connu Gérard dont j’ai senti à quel point il était motivé, je dirais même passionné par son métier, consacrant entièrement sa vie au service de la jeunesse. Nos longues conversations, chez lui, au coin du feu, toujours empreintes de chaleur humaine, nous confortaient l’un et l’autre, dans un long cheminement vers le développement de Concorde et l’accueil des jeunes parmi les plus délaissés et démunis. Je pense à l’ouverture du CPI de Villemomble en alternative à l’incarcération, à celle du SAM à Montfermeil pour l’accueil des mineurs isolés, à la création des ateliers scolaires, tout cela n’avait pour seul objectif qu’une meilleure adaptation de nos structures aux problématiques des jeunes que nous recevions.
Je me souviens des propos qu’il tenait à ceux présents à sa remise des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur en leur disant notamment que le sens qu’il donnait à son action c’était « d’aller avec eux vers cette terre de solidarité et de fraternité que nous souhaitons tous ».
Après quarante-quatre années d’une présence constante et inlassable à la tête de Concorde, en 2013, Gérard décidait d’y mettre un terme. Ce fut pour lui une longue et belle aventure couronnée de succès.
Parti de rien en 1969, si ce n’est de l’idée essentielle de se mettre au service de l’enfance et de la jeunesse de son département et d’y consacrer sa vie, il est arrivé plus de quarante année plus tard à une institution reconnue et respectée, utile pour ne pas dire indispensable. Il y a accueilli avec ses équipes, plus de 2 300 jeunes.
Gérard nous a quittés, mais son œuvre subsiste toujours et subsistera, je n’en doute pas, longtemps.
Pierre Girault, vice-président
C’est en 1989, en prenant mes fonctions de chef d’établissement au collège Picasso que j’ai vraiment rencontré Gérard Pringault. Je connaissais Concorde de nom, pour sa bonne réputation, pour ce qu’avaient pu m’en dire certains professeurs. Mais, pour la première fois, je rencontrais vraiment des jeunes qui fréquentaient le foyer Chevreul. Ils n’étaient pas des plus faciles, pourtant avec Chevreul, nous avions toujours des interlocuteurs. Le directeur, les éducateurs, étaient là pour les jeunes, avec les jeunes, ils étaient des partenaires fiables, sur lesquels l’école pouvait toujours compter. Les contacts s’établissaient naturellement, comme avec n’importe quelle famille soucieuse de la scolarité de ses enfants. Cette présence, cette disponibilité étaient communicatives et donnaient envie de partager les engagements du foyer. Alors, je suis devenu adhérent de l’association, présent aux vœux et aux assemblées générales aussi souvent que possible, et pas seulement pour la qualité de ses buffets ! J’ai découvert Gérard, attentif, chaleureux, toujours soucieux de faire partager ses exigences éducatives, quels que soient ses interlocuteurs. Et il savait convaincre.
Partager est un mot qui lui convient. Nous nous sommes rapprochés et lorsqu’à la veille du second millénaire, Gérard et sa femme Marie-Françoise discrète, chaleureuse et remarquablement efficace, ont décidé de soutenir le projet de leur fils Cyril de faire le tour de Corse à la nage, c’est presque naturellement que des gens qui ne se connaissaient pas, mais qui connaissaient Gérard, ont décidé eux aussi de partager cette aventure. En ces mois de juin et juillet 2000, Gérard était en Corse, en pointillé, sans que l’on sache vraiment si Concorde ne pouvait pas se passer de lui ou s’il ne pouvait pas se passer de Concorde. Nous l’avons vu, menant de front vie professionnelle et vie familiale, impliqué à Montfermeil comme à Bastia dans une belle aventure collective au service de la réussite de jeunes qui comptaient tant pour lui.
C’est pour faire partager ses engagements éducatifs qu’il crée en octobre 1993 La Lettre, le journal de Concorde dont il signe le premier éditorial, écrivant notamment : « Ensemble, nous sommes au service des jeunes les plus en difficulté. Nous ne pouvons que souhaiter d’être capables, par notre amitié, notre partage, de monter aux jeunes dont nous avons la charge, que chaque matin commence un jour nouveau qui prépare le lendemain. Cela suppose de tous beaucoup d’investissement, de solidarité et beaucoup d’attention constructive et repérante. »
Il y a dix ans, pour les 40 ans de l’association, Luciano Bruni, ancien vice-président de Concorde, ancien jeune de Chevreul devenu professeur agrégé d’espagnol dressait en peu de mots un portrait authentique de Gérard. Voici ce qu’il disait : « Enfin, je voudrais évoquer celui qui a créé, qui a porté à bout de bras, pendant 40 ans, l’association Concorde et qui l’incarne mieux que personne, Gérard Pringault. Son dévouement à la cause des jeunes, sa présence indéfectible à leurs côtés, la confiance qu’il sait leur témoigner, la bienveillante exigence dont il fait preuve à leur égard, tout cela est un acte d’une rare générosité. Et à mon sens, c’est cette générosité qui fonde la relation éducative. »
Aujourd’hui Gérard, je te dis revoir, et surtout merci.
Claude CHIROUSE, administrateur, délégué aux relations publiques
Gérard, 1969, 2013, 2019 : trois dates qui ont ponctué notre parcours.
1969, notre première rencontre par l’intermédiaire de monsieur Victor SAMMARCELLI qui était alors Président du tribunal pour enfants de Bobigny. C’était le point de départ de notre collaboration qui allait durer jusqu’à ton départ à la retraite en 2013.
2013, après quarante-quatre ans s’achevait pour toi cette fabuleuse aventure de Concorde dont j’avais plaisir à dire que tu avais constitué un empire éducatif, centré sur l’intérêt supérieur de l’enfant. Bien sûr, transmettre l’association n’a pas été facile : on ne confie pas son bébé sans crainte, sans appréhension. Florence MAZERAT qui te succède, secondée par Yann CHATELIN marchent tous les deux dans tes pas sur la voie tracée.
2019, le 28 juin, nous fêterons les 50 ans de l’association, tu seras au cœur de cette fête.
Catherine, Philippe et Cyril, tes enfants, Olivier, Vincent, Julie, Thomas, Chloé, Emilien, Lili, Agathe, Madeleine, Héloïse, tes petits enfants, vous avez eu une chance extraordinaire d’avoir comme parents et grands-parents Marie-Françoise et Gérard, des êtres exceptionnels. Souvenez-vous d’eux. De là où ils sont, ils continueront à veiller sur vous.
Marie-Françoise, Gérard, vous êtes partis tôt, beaucoup trop peut-être pour un jour, la bas, mieux nous accueillir.
Discours de M. le Maire de Montfermeil
Obsèques de monsieur Gérard PRINGAULT , adjoint au Maire de Montfermeil
Cher Monsieur Pringault,
Comment tout d’abord remercier votre famille qui si gentiment m’a demandé de prendre la parole, mais nous avions bien l’habitude, le dimanche après la messe de 11h15, d’échanger quelques rapides mots, pour que celui-ci soit un peu plus long.
A votre famille, il revient de dire ce que vous fûtes, ce que vous êtes toujours et à jamais pour eux. Aux Foyers Concorde il revient de dire le fondateur, le directeur que vous fûtes et continuez d’être tant l’empreinte donnée est forte et durable. Il revient au maire de Montfermeil de dire l’homme public que vous fûtes et restez toujours par votre exemplarité.
Votre famille, la grande famille des Foyers Concorde, le Conseil municipal, la ville de Montfermeil et bien des personnes au-delà de ces quelques cercles sont en deuil. Nous pouvons être tristes, c’est légitime, Jésus Christ Lui-même a pleuré sur son ami Lazare et nous sommes tristes. Mais pas seulement car je pense que toute personne vous ayant côtoyé ressent aujourd’hui admiration et reconnaissance.
Vous aviez votre caractère et votre manière à vous de voir et de faire les choses. Vous saviez aussi qu’au soir de votre vie vous entendriez ces deux questions, auxquelles nous aurons tous aussi à répondre. «Qu’as-tu fais de ton talent? » «Qu’as tu fais de ton frère?». Votre talent a été de vous mettre au service de toutes celles et tous ceux dont les circonstances de la vie avaient menacés, compromis, abîmés les talents qui étaient en eux. Vous n’avez cessé de les chercher, de les accueillir, de les rassurer, de les rassurer, de les réhabiliter, d’abord à leurs propres yeux et aux yeux de la société. En un mot, ces sœurs et ses frères vous les avez aimés car vous saviez que c’est l’amour seul qui donne Vie, qui fait grandir. Cette absolue conviction, avec toutes les conséquences, toutes les exigences que cela impliquait pour vous, vous n’avez cessé avec persuasion, avec obstination, sana relâche, sans jamais rien lâcher, de la faire comprendre, de la faire accepter, de la faire adopter et comme dans l’Évangile, parfois, l’on vous donnait moins par générosité et conviction que pour ne plus vous voir revenir à la charge. Vous aviez gagné au bénéfice de celles et ceux qui vous avaient été confiés.
Monsieur Pringault. Vous avez imprimé une marque, une marque de fabrique qui persiste et si les Foyers Concorde se voient aujourd’hui confier par les pouvoirs publics des responsabilités d’une grande complexité c’est parce que votre œuvre est solidement bâtie, digne de confiance, avec des résultats incontestables. Celles et ceux qui ont eut la joie de participer aux quarante ans de l’association gardent à l’esprit et dans le cœur les témoignages de ces jeunes qui vous furent confiés et qui, fiers et heureux, venaient vous dire et nous dire la femme, ou l’homme qu’ils étaient devenus. Dans quelques semaines vous fêterez les 50 ans de l’association. Quelle belle fécondité !
En 1987, vous étiez décoré de la Médaille de l’Éducation surveillée devenue depuis la Médaille d’honneur de la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Par décret du Président fr la République en date du 31 décembre 1996 vous êtes élevés Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur, sur proposition d’Eric Raoult alors Ministre. Vous receviez le 19 janvier 2007 la Médaille d’Honneur de la ville de Montfermeil. Enfin lors de votre départ en retraite en 2012 c’est le préfet de la Seine Saint-Denis qui vous remettait la médaille du Ministère de l’Intérieur. Le 29 mars 2014, vous étiez élu 3e Adjoint au Maire et aviez la charge Loisirs Enfance Jeunesse complété des Affaires scolaires et périscolaires et de la restauration. Vous étiez également au Comité Technique et CHSCT des personnels communaux. Vous représentiez enfin le Conseil municipal auprès du Conseil d’administration du collège Pablo Picasso et de la Mission locale de la Dhuys que vous avez présidé un moment.
Monsieur Pringault. Nous ne provenions pas des mêmes univers intellectuels et politiques et s’il y a de nombreuses demeures dans la maison du Père, c’est bien dans sa Maison, à l’église, que nous nous retrouvions au-delà de nos différences. Je sais ce que je vous dois, ce que nous vous devons, en vous ayant observé, en vous ayant côtoyé, en ayant travaillé avec vous, et, après ce long apprivoisement, en ayant sollicité votre présence à nos côtés tout comme votre avis sur des sujets parfois épineux, en vous ayant accompagné comme nous avons pu dans la maladie et la disparition de Madame Pringault puis dans votre propre maladie et ici même ce matin.
Oui, cher monsieur Pringault, un très grand merci de, tous, nous avoir aidé à faire fructifier notre talent et celui de nos frères et sœurs. Et puissiez vous intercéder du Ciel pour que Montfermeil, la France, notre monde restent dans la Concorde, ce fruit de l’amour.
Adieu et merci monsieur Pringault
Montfermeil, le 22 mai 2019
En cette mi-mars, deux éducateurs et trois jeunes de la maison Marie-Foilaine Desolneux ont rejoint, à la Porte de la Chapelle, la responsable de l’association Entraides citoyennes qui organise chaque semaine des maraudes dans les rues de Paris.
Nous sommes une vingtaine répartis en plusieurs équipes. Commence le triage des vêtements, de la nourriture, la préparation des kits d’hygiène. Quatre groupes de véhicules empruntent différents trajets, entre ceinture périphérique où se regroupent les migrants et rues parisiennes abritant des centaines de sans logis.
Un habitué des maraudes nous accompagne pour la soirée, avec deux véhicules et tout le nécessaire afin de répondre de manière éphémère mais nécessaire aux besoins de la rue.
Les quartiers explorés se révèlent tous « riches » de misère. Les trois jeunes qui se portèrent volontaires sont parfaits, tant dans les gestes que les paroles, avec les vagabonds, sédentaires de la rue, jeunes, vieux, hommes, femmes, couples.
Le début s’avère difficile pour l’un d’entre eux. Puis, rapidement, une aisance naturelle à aller vers l’autre s’instaure. Le volontariat a bien toute sa place pour cette soirée d’action solidaire, où se mêlent plaisir et sérieux, dans une démarche délicate d’entraide. Compassion, investissement, responsabilité sont les maitres mots pour qualifier l’attitude de ces jeunes, parfaits dans leur rôle d’humains tournés vers l’autre.
Denis BARON, Educateur spécialisé
Une semaine d’immersion au sein de la ferme d’Aurélie et de Rodolphe pour nos petits citadins. Chaque jour nous prêtons main forte pour la traite des vaches, ramasser les œufs… en chocolat, Pâques et sa tradition.
Les premiers jours ensoleillés, nous ont permis d’arpenter la plage, pratiquer la pêche à pied, et bien entendu profiter d’une bonne baignade en pleine mer.
Baignades souvent renouvelées car cette année, la ferme s’est équipé d’une piscine que nous avons pu investir sur la grisaille des derniers jours.
Nos petits citadins repartent avec pleins de souvenirs en-tête.
Béatrice BOURAS
Educatrice MFD
Le 16 mai 2019 notre assemblée générale a réuni à Gagny dans une ambiance conviviale les adhérents de l’association, les administrateurs, les cadres et personnels des différents services ainsi que de nombreux jeunes.
Le rapport moral du président A. Junqua et celui de la directrice générale F. Mazerat ont déploré le manque de cohérence des autorités publiques dont nous relevons que les contraintes budgétaires et administratives nous imposent bien souvent des changements dans nos orientations et nos conditions d’accueil. Des changements parfois difficiles à comprendre et à admettre, notamment par les personnels. Alain Junqua a souligné également le manque d’envergure de la nouvelle loi concernant le suivi des jeunes majeurs issus de l’aide sociale à l’enfance.
Cette critique est appuyée par les responsables de la maison Marie-Foilaine Desolneux de Coubron, très inquiets de la forte dégradation des dispositifs de protection de l’enfance et particulièrement de ceux qui compromettent l’avenir des jeunes majeurs et les rendent ainsi vulnérables dès qu’ils atteignent 18 ans en les projetant brutalement seuls et démunis dans la société et la vie active.
Les responsables des différentes structures, invités comme chaque année à s’exprimer, dressent un bilan rapide de leurs activités annuelles et les adhérents présents découvrent à cette occasion le travail engagé par le nouveau service du SEPAD (service éducatif de protection et d’accompagnement à domicile).
Soulignons que tous se plaignent des difficultés engendrées par les restrictions budgétaires qui impactent le fonctionnement de leurs services et rendent leur travail de plus en plus difficile !
Mais la surprise nous vient des maisons de Gagny et La Caravane de Villemomble car les éducateurs de ces maisons ont choisi de laisser des jeunes de tous âges s’exprimer à leur place. Et c’est avec plaisir que nous les écoutons évoquer leur quotidien, leurs activités mais aussi leurs souhaits ! Leur participation à notre assemblée générale fut une belle éclaircie qui rend plus préoccupants encore, les tristes constats évoqués plus haut par les professionnels.
Une fois encore, les adhérents et les administrateurs se doivent de remercier avec conviction et estime les professionnels de notre association qui, chaque jour, malgré des conditions de travail qui s’aggravent, contribuent au bien-être des jeunes que nous recevons et permettent ainsi à l’AEPC de poursuivre sa mission d’accueil, de protection et d’éducation sans exclusive.
Maïté Griffé-Melchior,
administratrice