Partis du 2 au 15 août, mais sous la pluie durant les sept premiers jours, nous avons dû repousser la randonnée équestre et à vélo. Loin d’être découragés, nous nous sommes adaptés, nous attelant à des ateliers de pâtisserie et de cuisine, en regardant des films, organisant des jeux de société. Entre deux averses nous avons découvert les environs. Le soleil est enfin apparu la deuxième semaine et les activités prévues ont pu être réalisées : paddle, kayak, vélo, baignade aux lacs, canyoning, commando Game, randonnée pédestre et à cheval.
Avec un groupe de jeunes dynamiques et soudés dans les épreuves, nous avons pu partager de bons moments de joie, de complicité et de sensations fortes.
Après deux réunions de préparation du séjour, nous, jeunes de la Maison de Gagny 1 de l’AEPC, sommes prêts à partir à l’aventure pour un séjour palpitant à Aureilhan dans les Landes. L’ensemble du groupe a eu la chance de profiter de ce formidable cadre durant deux semaines. Des balades en pirogue, des baignades, des repas copieux et des fous rires innombrables ont accompagné notre séjour. Nous voilà équipés pour enfourcher nos chevaux et entreprendre une balade dépaysante en compagnie de biches et de chevreuils. Autant de moments inoubliables qui resteront gravés dans nos mémoires !
Entre mer et forêt, l’ambiance était au rendez-vous.
Les jeunes de la maison, Yentel et LoÎc, éducateurs.
Depuis maintenant deux ans, nous travaillons avec l’aumônerie du culte musulman de l’armée de terre pour nous accompagner sur les questions cultuelles et la laïcité. Dans ce cadre, nous avons organisé le mercredi 2 juin dernier un temps d’échange entre Monsieur Arbi, premier aumônier du culte musulman de l’Armée de Terre et une grande partie des cadres, pour aborder les questions qui nous traversent.
Après avoir présenté rapidement l’histoire et les fondamentaux de cette religion Monsieur ARBI nous a amenés à réfléchir sur l’islam d’aujourd’hui d’un point de vue général et plus particulièrement en France. Il s’est appuyé sur son expérience personnelle au sein des armées et a pu faire des parallèles avec les difficultés et questionnements que nous rencontrons au quotidien.
Les échanges ont été nourris sur un mode franc, ouvert ou l’humour était présent ! Il n’y a pas eu de réponses tranchées, pas de certitudes, le mot de la fin a été « soyons intelligents et restons à l’écoute ! »
ARBI nous a proposé de nouvelles rencontres dans le second semestre 2021 afin de pouvoir échanger sur des thématiques spécifiques.
Entre le 20 et le 24 mai, la PFGM, ouverte depuis 2 ans, a organisé son premier séjour éducatif aux « Clarines », la maison de vacances de l’association, dans le Jura. Sept jeunes accompagnés de deux éducateurs se sont retrouvés autour d’activités telles que l’accrobranche, les promenades, le foot ou la course à pied.
Les repas, confectionnés ensemble ont favorisé et valorisé l’interculturalité.
Ce séjour a été l’occasion de sortir d’un huis clos quotidien imposé depuis 1 an par le contexte sanitaire, mais aussi de découvrir une autre région car ces jeunes ne sont pour la plupart jamais sortis de l’ile de France depuis leur arrivée en France.
Claire BEILLAUD, éducatrice spécialisée
* La « Plate-Forme Filles et Garçons du Monde » accueille des mineurs et jeunes majeurs non accompagnés.
Qui n’a pas rêvé de connaitre les rouages et les coulisses d’un tournage de film ?
Alors quand celui-ci est supervisé par Ladj LY, récompensé aux oscars pour « Les Misérables », le rêve devient plus grand.
Quand le sujet de ce court métrage, épreuve de fin d’année de l’école Kourtrajmé, (« court métrage » en verlan, installée à Montfermeil près des tennis) vient interroger les sorties parfois difficiles des jeunes atteignant la majorité en protection de l’enfance, vous vous dites que la boucle est bouclée.
Alors pendant trois jours, en mars dernier, la maison est devenue une véritable fourmilière, avec plus de cinquante personnes, vivant au rythme du tournage et de nos obligations de travail, du respect du cadre sanitaire, des échanges entre cadreurs, acteurs, jeunes. La présence et la disponibilité d’Emmanuelle Béart, ou d’Alexis Manetti, acteurs reconnus, resteront des souvenirs intemporels. Beau souvenir encore, cette dernière soirée réunissant nos jeunes, dont ceux devenus figurants dans le film, et le staff technique autour de pizzas où les échanges et les rires ont prédominé. Cerise sur le gâteau, la scène tournée avec une partie de nos jeunes sera intégrée au film. Nous attendons maintenant avec impatience le visionnage de nos acteurs en herbe. Enfin, saluons tout particulièrement la gentillesse de Penda LY, responsable de production et coordinatrice du projet, avec qui d’autres moments de rencontres et d’échanges sont déjà prévus.
Mardi 20 avril, dix jeunes de la maison Marie-Foilaine Desolneux ont bénéficié sur site d’une journée de formation aux gestes de premiers secours et de sécurité incendie.
Si au départ, il fut compliqué de motiver les jeunes pendant cette période de vacances, d’autant plus que certains d’entre eux s’étaient levés très tôt pour rompre le jeûne du Ramadan. Tous se sont néanmoins saisis de ce moment.
Pour les uns ce fut une découverte et pour d’autres une redite car leur formation leur avait déjà permis d’avoir quelques cours. Mais rien de tel que de petites piqûres de rappel pour s’assurer que les gestes sont bien acquis.
La journée s’est déroulée agréablement. Les jeunes ont tous participé à cette première formation, initiée par la maison Aristide Briand l’an dernier, suivie de Chevreul il y a quelques mois. Elle est à réitérer tous les ans avec les nouveaux arrivants mais également avec les anciens car en matière de sécurité, rien n’est jamais acquis.
La Classe de 1ère STMG du Lycée Blaise Cendrars de Villemomble a réalisé un généreux travail de collecte. C’est une classe très active en actions solidaires, grâce aussi à l’engagement de Madame Stoque, proviseure ; Madame Guillauby, leur professeure d’économie gestion, et Monsieur Festa, documentaliste de l’établissement. Avec notre président, Monsieur Chirouse, nous avons pris plaisir à rencontrer ces jeunes le lundi 8 février et à leur présenter les missions de l’AEPC, qu’ils avaient mises à l’honneur par un affichage de La Lettre.
A mon retour à la Maison d’Enfants La Caravane, les enfants étaient ravis de ces nouveaux jouets, jeux de société et livres.
Un immense merci à ces lycéens et l’équipe pédagogique qui les soutient. Nous avons promis de nous revoir, alors à très bientôt.
À Chevreul, 8 jeunes ont pu apprendre les bons gestes de secourisme à adopter. Certains d’entre eux avaient déjà de bonnes connaissances. Tous se sont montrés intéressés et ont su mettre en pratique les apports théoriques. La formation incendie a permis à chacun de comprendre la dangerosité du feu. Tous connaissent maintenant les réflexes nécessaires en cas de départ d’incendie. Ils ont particulièrement apprécié l’utilisation des extincteurs. Aussi, l’exercice de réalité virtuelle a été un grand succès. Le formateur a apprécié cette journée et félicité l’ensemble du groupe.
Venez découvrir notre gamme de produits ménagers et d’hygiène faits à base d’ingrédients naturels biologiques. Marque déposée : 100% bio, 100% maison, 100% fabriquée avec amour ! A Chevreul nous respectons notre corps et la planète 🌏.
* Produits fabriqués par Antoine, Julien et Théo !
Du 20 au 28 février, nous avons rejoint notre maison de vacances Les Clarines dans la Jura pour un séjour riche en activités et en échanges.
La découverte de la maison a valu aux nouveaux peur et amusement.
Au cours de la semaine nous avons largement profité de la neige avec la construction d’un igloo, des promenades en raquettes mais aussi en kart tirés par les chiens de traîneaux et un pique-nique en tee-shirt au bord du lac.
La région regorge de lieux magnifiques qui donnent envie de revenir…
Les journées se finissaient par de longues discussions ou des jeux. Ce premier séjour pour certains était le dernier pour d’autres, de quoi susciter des regrets.
Concorde s’agrandit. Le projet de Dispositif d’accueil externalisé (DAE) voit enfin le jour officiellement après l’expérimentation mise en œuvre par la maison Marie-Foilaine Desolneux de Coubron et pilotée par Rachel Emonot.
Au regard des besoins identifiés et du soutien effectif apporté aux jeunes majeurs depuis plusieurs années, le conseil départemental valide et donne de l’ampleur à notre projet initial qui passe de 15 à 40 places.
Dans le contexte national actuel, nous pouvons apprécier l’engagement du département en faveur de ces jeunes. En effet, face aux difficultés pour obtenir un contrat jeune majeur ces derniers, lorsqu’ils sont oubliés, se retrouvent souvent dans une situation précaire et restent démunis pour accéder aux dispositifs de droit commun.
Une situation qui est loin d’être rare car, au plan national, 30% des moins de 30 ans utilisant les services d’hébergement temporaire et de restauration gratuite sont des anciens de l’ASE. Tout comme une personne sans domicile née en France sur quatre. Ce qui est énorme.
Ce nouveau service accueillera les grands mineurs et les jeunes majeurs en appartements partagés ou en studios, les accompagnera au quotidien en termes d’insertion et de relogement, afin qu’ils soient mieux armés lorsqu’ils devront quitter l’association.
Cette augmentation significative de places exige un encadrement adapté. Aussi, dès le 1er avril, Monsieur Toufik Oukaci, devient directeur du DAE et quitte ses fonctions au DAP (dispositif d’accueil personnalisé), dont Monsieur Faouzi Ben Mira devient le nouveau directeur.
La team Chevreul, 10 jeunes âgés de 9 à 13 ans encadrés par 3 éducateurs, est allée en Alsace, à Bennwihr, petit village viticole près de Colmar, pour un séjour d’une semaine, du 19 au 26 février.
Le soleil, une température agréable, la montagne à quelques kilomètres, une superbe maison… tous les éléments étaient réunis pour passer un bon moment.
Malgré les mesures sanitaires, nous avons pu visiter Colmar et faire un tour en barque dans la « Petite Venise », quartier de canaux du centre historique de la ville. En montagne nous avons pratiqué la luge « ordinaire » et la luge sur rails. Non loin du gîte, nos jeunes ont fait la connaissance de l’âne Cadichon et de son ami le lama.
Le séjour a été très agréable. Pour certains des jeunes récemment accueillis, ce séjour a facilité l’intégration au groupe, d’autres y ont renforcé leurs liens.
Une fois de plus, ce fut pour tous, un moment d’échanges, de partage, et d’entraide. Une bulle d’oxygène loin du quotidien, et le moyen de se créer de nouveaux souvenirs….
C’est avec fierté et émotion que nous avons remis ces quelques fleurs à Mme Roussel pour son anniversaire, en présence des jeunes qu’elle accompagne le temps des devoirs depuis maintenant plus de trente ans, avec toujours la même envie et la même passion.
Pendant six semaines à raison d’une fois par semaine, en février et mars, les familles ont participé, à une session d’Equitation Adaptée mise en place avec le centre équestre de la commune du Pin en Seine et Marne, partenaire de l’association Concorde.
Cette activité nous a permis de travailler la relation parents-enfants mais également les interactions entre les enfants et les parents.
Certaines familles ont pu évoquer des souvenirs d’enfance et pour d’autres ce fut une réelle découverte. Apprenant au fil des séances à gérer leurs appréhensions, les enfants et les parents ont fini par y prendre plaisir et à l’unisson ils souhaiteraient que cela puisse se renouveler.
Cette action a donné suite à de nombreux projets comme la conception et la réalisation d’une exposition au sein de notre service, à laquelle étaient conviées les familles. Lors de cet après midi, les enfants ont été remplis de joie en voyant leurs photos mais également en lisant leurs prénoms et le nom des chevaux avec lesquels ils avaient travaillé.
Un nouvel atelier est prévu avec les familles pour la réalisation d’albums photos souvenirs qu’elles pourront emporter.
L’équipe éducative du SEPAD a également été ravie d’avoir partagé ces temps forts avec les familles.
Hawa GANDEGA, Antoinette MENDES, Lindsay REGENT, Sahra BENYAHIA, éducatrices
SEPAD : service éducatif et d’accompagnement à domicile
Afin d’optimiser les espaces de travail, le Relais Ados Filles a connu quelques changements. Un bureau Chef de service / Coordinateur et une salle de réunion ont été créés et aménagés dans le jardin, afin de pouvoir accueillir dans les meilleurs conditions équipe, jeunes et partenaires.
Une formation aux premiers secours et à la gestion des incendies a pu être organisée le 29 décembre dernier au sein des deux maisons du module.
Elle s’est déroulée en deux temps et 17 jeunes y ont participé en présence d’un formateur et d’un éducateur. Nos stagiaires se sont montrés attentifs tout au long de la formation, grâce notamment à des méthodes pédagogiques adaptées avec l’utilisation d’un masque de réalité virtuelle dédié à la mise en situation face à un départ de feu.
Les jeunes de la maison de Gagny 2 ayant été confrontés à plusieurs départs de feu intentionnels au sein de la maison dans le courant du mois de novembre, cette formation a beaucoup contribué à les rassurer sur leur capacité à gérer ce type de situation.
Légende : les gestes qui sauvent…
Nous espérons que de nouvelles sessions de formation de ce type auront lieu car elles ont plusieurs vertus notamment celle de sensibiliser les jeunes à la nécessité de respecter le matériel de sécurité des maisons et de les préparer à être des citoyens en capacité d’aider une personne en détresse physique dans l’attente des secours !
Djamila BENLOUNIS, éducatrice et Laurence NOMINET, directrice
Nous sommes partis quelques jours aux Clarines pour le Nouvel An : 7 jeunes, 2 adultes. A notre arrivée, la neige nous attendait. Les jeunes ont profité pleinement de leur séjour. La Covid étant toujours présente, nos activités se sont tournées vers des batailles de boules de neige et un concours de bonhomme de neige. Ce fut un temps de farniente et de ressourcement auprès de la cheminée qui a fonctionné à plein régime : merci pour le bois. Jeux de sociétés et bons moments festifs ont complété notre emploi du temps. Le changement d’air a été bénéfique pour tous. Les jeunes ont tous demandé à revenir aux Clarines pour un autre temps de vacances.
Du 26 décembre au 2 janvier, 6 jeunes du DAP ainsi que 3 éducateurs ont passé une semaine en plein cœur d’une ferme pédagogique réaménagée dans la région de PROVINS. Malgré une météo capricieuse et des températures fraiches le groupe a pu profiter pleinement du cadre au milieu des dindons, des ânes et autres moutons à seulement 80 Km de chez eux. Nous avons prévu d’y retourner au printemps prochain.
Un vrai bol d’air en cette période de crise sanitaire
Il y a deux ans, dans La Lettre 71 du premier semestre 2019, nous dressions le portrait de Patricia, ancienne intervenante de l’atelier scolaire devenue « chargée de mission », accompagnant des jeunes de nos maisons sortis du système éducatif et des mineurs non accompagnés. Avec l’ouverture le 1er avril 2019 de la Plateforme Filles et Garçons du Monde (on dit PFGM à l’interne) prévue pour accueillir jusqu’à 100 jeunes mineurs non accompagnés et qui en recevait déjà 85 en décembre, deux nouveaux chargés d’insertion ont rejoint Patricia. Certes, Sévérine et Vincent sont nouveaux dans leurs fonctions actuelles, mais ils connaissent bien l’association et ses valeurs puisque tous deux étaient auparavant éducateurs dans les maisons de Gagny. Si tous trois sont installés dans la maison des Myosotis à Montfermeil, au siège de la PFGM, ils passent beaucoup de temps à l’extérieur avec les entrepreneurs et les services de l’état. Les jeunes qu’ils accompagnent disposent avec l’Atelier scolaire qui fonctionne avec trois intervenants aux Myosotis et un supplémentaire au Vieux Chemin de Coubron, d’un outil essentiel pour ceux qui ne parlent pas encore le français ou le maitrisent très mal, car la barrière de la langue est un très gros obstacle à surmonter. Pour y parvenir, les plus jeunes ont parfois la chance d’intégrer une unité pédagogique pour élèves allophones en collège, les « UPE2A ».
Formant une véritable équipe, les conseillers mettent en commun leurs réseaux d’employeurs, utilisant au mieux les possibilités pour les jeunes de préparer leur insertion scolaire et professionnelle : signature de conventions de stages qui permettent de découvrir une activité professionnelle, inscription dans un CFA, contrats d’apprentissage ou de professionnalisation… Ils les accompagnent dans leurs démarches administratives, un parcours semé de nombreux obstacles, et ils dégagent les employeurs des formalités souvent complexes en prenant en charge la constitution des dossiers. Ils sont avec eux dans les démarches nécessaires à leur sortie de service, particulièrement dans l’accès au logement. Sans eux, la PFGM dont c’est la vocation, ne pourrait pas devenir le tremplin vers l’insertion sociale et professionnelle.
Si les jeunes sont majoritairement motivés, il faut néanmoins les stimuler, leur faire prendre conscience des réalités économiques, des difficultés pour accéder à un emploi, de la nécessité de se former, leur apprendre à se présenter à un employeur… et tout cela en très peu de temps, puisqu’ils arrivent entre 16 et 18 ans et sont censés devenir autonomes à 18 ans. Pas étonnant donc que des sortants en situation difficile continuent parfois de garder le contact.
Le chef de service nous informe que la maison du Jura est déjà réservée pour les vacances de la Toussaint. Où irons-nous pour un séjour sportif ? Après de longues recherches sur internet, nous avons trouvé le lieu idéal pour les jeunes : un gîte de France avec une vue incroyable ! Validation du projet, appel, réservation nous voilà partis une semaine, du 24 au 31 octobre en Ardèche, non loin du Pont d’Arc.
Du lundi au dimanche, que du bonheur pour les jeunes et les adultes ! Au programme : canoë, randonnée pédestre et VTT, équitation, accrobranche. Cependant, l’équipe éducative a dû réajuster la fin du séjour à l’annonce du confinement et d’un potentiel cas Covid. Au revoir la visite de la grotte Madeleine, et bonjour le re-confinement !
Malgré ce séjour intense et fort en rebondissements, nous avons vécu des moments agréables, de partage et d’échange.
Avec sept jeunes de la maison Marie-Foilaine Desolneux nous sommes partis pendant une semaine, du 17 au 25 octobre 2020, à Boulogne-sur-Mer dans le Pas de Calais.
Ce fut l’occasion de pratiquer des activités sportives comme le char à voile sur les magnifiques plages de sable fin, ou encore une balade en vélo. Les activités culturelles n’ont pas été négligées, avec la visite du musée de Boulogne-sur-Mer, de la crypte de la basilique Notre-Dame, l’une des plus grandes de France, et du « Nausicaa », le plus grand aquarium d’Europe.
Nous avons aussi découvert la gastronomie locale, depuis les fruits de mer en passant par les fromages typiques du Nord de la France, et les pâtisseries gourmandes, gaufres et tartes au sucre.
Le gite qui nous accueillait était spacieux, tous s’y sentaient bien et auraient volontiers prolongé le séjour. La plupart des jeunes retourneraient bien à Boulogne-sur-Mer durant les vacances de printemps ou d’été.
Yacare et Christophe, éducateurs et accompagnateurs du groupe
Depuis sept ans, nous avions pris l’habitude de réunir à la rentrée scolaire tous les jeunes ayant passé avec succès l’examen de fin d’année leur donnant droit à un diplôme sanctionnant leur scolarité. Cette année, Covid oblige, cette sympathique manifestation n’a pas pu se dérouler dans les conditions habituelles, mais chacun a reçu sa médaille, une création originale et personnalisée, réalisée par La Monnaie de Paris, à l’occasion des Noël organisés dans les maisons fin décembre.
Le président de Concorde, Claude Chirouse et des membres du conseil d’administration étaient présents, aux côtés des personnels, pour saluer ces jeunes et leur remettre ce joli cadeau qui récompense les efforts fournis.
40 jeunes, accompagnés par leur éducateur référent, ont été mis à l’honneur pour avoir obtenu les diplômes suivants :
7 bacs : 1 bac STMG, 1 bac S, 1 bac ES, 3 bacs pro (2 Gestion administrative), 1 accompagnement soins et services à la personne), 1 bac STI2D,
14 brevets des collèges (dont 1 mention AB, 1 mention B et 1 mention TB),
2 BEP : 1 vente, 1 accompagnement soins et services à la personne
2 CFG
Ces cérémonies, jumelées avec les arbres de Noël dans chaque maison, ont été un vrai moment de convivialité avant un peu de repos pour mieux poursuivre une année scolaire chamboulée par les contraintes sanitaires. Elles ont été l’occasion de rappeler que le taux de réussites aux examens des jeunes des maisons Concorde s’inscrit parfaitement dans les moyennes nationales quand elles ne sont pas supérieures.
Un grand MERCI aux éducateurs, à tous les personnels de l’association pour leur engagement et félicitations aux jeunes dont le travail a été récompensé.
Notre seconde évaluation interne s’achève, nous avons fait le choix d’établir un document commun pour l’ensemble des MECS. Nous avons été accompagnés tout au long de ce travail par Laurent BARBE, consultant du cabinet CRESS qui en a présenté les principales conclusions par visio conférence lors de l’assemblée générale du 24 septembre.
La démarche a permis de faire apparaître un certain nombre de points forts mais aussi certaines limites que nous connaissions déjà !
Des points forts
Au-delà de certaines différences qui existent entre les structures, plusieurs constats ont pu être faits concernant :
la cohérence globale du fonctionnement des structures par les outils et l’animation mis en place par le siège,
l’approche éducative attentive aux jeunes et aux familles, dont ceux-ci ont témoigné en mettant en avant le sentiment de sécurité vécu dans le placement et le soutien apporté par des équipes réactives,
la capacité à accueillir des fratries et à garder un lien fort avec les jeunes,
la capacité à s’inscrire dans des partenariats positifs attestée par l’ensemble des réponses obtenues,
l’utilisation régulière des outils associatifs pour favoriser les démarches d’insertion, baisser la pression, éviter les sorties « sèches » et les exclusions.
De ce point de vue, les données montrent la capacité des structures à limiter les exclusions et à utiliser le réseau des autres structures. Ainsi en 2019, sur 170 jeunes accueillis, on compte 24 transferts provisoires dans un autre établissement de l’association et 10 changements définitifs dont 6 à la suite des transferts provisoires.
Les propos des jeunes ont valorisé la volonté associative d’une ouverture sur des loisirs, des voyages, des séjours qui jouent souvent un rôle initiatique leur permettant à la fois d’échapper momentanément aux difficultés de leur situation et de s’ouvrir vers de nouveaux horizons.
Le confinement a montré que les MECS ont pu mettre en place, malgré l’impréparation générale, une organisation efficace, renforcée par les mutualisations organisées par le siège. Elle a permis de contribuer à une continuité de l’action éducative sans qu’aucun des jeunes ne soit contaminé, ni ne fugue.
Elle a confirmé l’engagement des équipes et leur capacité d’adaptation à des situations inattendues.
Des limites et des difficultés
Concernant les équipes, la situation est assez contrastée selon les structures. Si une partie des professionnels est stable, on observe un renouvellement assez important (et normal dans ce secteur). Des difficultés de recrutement sont évoquées comme dans l’ensemble du département et pèsent parfois et nécessitent un travail de formation à renouveler en permanence. Elles ont conduit l’association à adapter de manière intéressante les recrutements à d’autres formations (EJE, adjoints d’animation, auxiliaire de vie pour un enfant en grande difficulté…).
Les locaux des MECS ont l’avantage commun de disposer d’espaces verts, mais des limites sont à pointer en termes de nombre de chambres individuelles et de sanitaires collectifs, qui génèrent certaines contraintes et risques.
Si l’action est clairement personnalisée, les modalités de formalisation restent à améliorer pour en faire un véritable outil de structuration de l’action éducative et des relations avec les jeunes et leurs familles. Un travail commun a été engagé et reste à conforter.
L’action bute sur des difficultés, découlant des situations familiales parfois très dégradées qui entrainent une présence importante en week-end de jeunes n’ayant pas de possibilité de sortir de la structure. Cela pourra supposer de développer de manière mutualisée des propositions permettant aux jeunes concernés de s’aérer, sortir de la structure, ne pas être tout le temps conduits à voir leurs camarades sortir…
Elle rencontre également des difficultés à mettre en œuvre une sortie avant les 18 ans des jeunes confiés, conformément au cadre nouveau fixé par le département. Si cette attente du département a fait évoluer les pratiques en anticipant plus l’autonomisation de ceux-ci à la sortie, elle génère une certaine angoisse, des difficultés qui se traduisent par une augmentation forte des demandes de dérogation.
Des perspectives communes
Différentes améliorations du fonctionnement des structures pourraient faire l’objet d’un travail collectif concernant :
la formalisation des projets d’établissement sur une base commune notamment pour fédérer les équipes, créer et recréer une cohérence,
la poursuite du travail autour des projets personnalisés,
la mutualisation des compétences permettant de pallier les limites des dynamiques actuelles de formation
la mise en place d’un système d’informations commun,
le travail en réseaux pour apporter un soutien face aux difficultés rencontrées (soin, loisirs, etc.).
Enfin, le confinement a montré la nécessité impérieuse de développer les capacités à former les jeunes à l’utilisation des outils numériques dont l’importance est apparue fortement.
Nous pouvons nous féliciter de ce qui a été souligné en termes d’accompagnement, de sentiment de sécurité et de partage !
Nous savons à quelles tâches nous atteler dans les 5 années à venir. Ces axes d’améliorations et de formalisations sont déjà en réflexion de travail au sein de nos équipes.
Nous revoilà, l’équipe de Chevreul, partie pour un nouveau séjour du 25 au 31 octobre.
Cette fois, direction l’Indre et Loire, dans le petit village de Tavant, entre Poitiers et Saint-Aignan pour un groupe de sept jeunes et deux éducateurs. Nous avons eu la belle opportunité de résider au gîte Elisandre, qui dispose d’une piscine chauffée.
Nous sommes allés visiter le zoo de Beauval à Saint-Aignan ainsi que le Futuroscope à Poitiers : de belles découvertes ou redécouvertes partagées avec notre groupe de jeunes.
Les jours de pluie, nous avons pu profiter de la piscine du gîte. L’annonce du nouveau confinement nous a malheureusement empêchés de visiter la forteresse de Chinon, pourtant très proche, mais nous la réservons pour une autre aventure.
C’est sur une note nostalgique que nous avons quitté le gîte, mais avec la tête pleine de souvenirs…
En espérant que l’opportunité de repartir se présentera rapidement, afin que nous puissions vous raconter encore les aventures de l’équipe Chevreul…
Confinement ou pas, les activités artistiques sont toujours là !
La maison Chevreul a fait un bond de quelques siècles dans le passé… pour revenir au temps des châteaux forts, avec une initiation à l’escrime médiévale. Les jeunes se sont mis dans la peau d’un chevalier et/ou d’un viking, le temps d’une soirée !
Ils ont également pu croiser le fer comme des mousquetaires, et cette aventure n’est pas la dernière !
Pendant le mois de novembre, les jeunes du DAP ont réalisé une jolie table basse avec un touret industriel. Encadrés par un moniteur éducateur, ils ont appris à se servir des outils et machines de menuiserie, ainsi que de rouleaux, pinceaux, teintes, vernis, anti rouille et pochoir, pour l’aspect décoratif.
Une magnifique démarche éducative et écologique qui a séduit ses participants.
Un contact avec le centre équestre du Pin association Révérence avait été pris en juin 2020 afin de mettre en place un partenariat. Cette rencontre a permis en septembre d’inscrire 5 jeunes de l’association à des séances d’équithérapie à raison d’une par semaine.
L’équithérapie ou thérapie médiatisée par le cheval, facilite l’expression de soi et de ses émotions. Le cheval à ce moment est le miroir de l’Autre. L’animal agit en fonction de ces émotions. Le cheval aide à améliorer la confiance en soi, à porter un regard nouveau sur soi et sur les autres. Le cheval invite à créer du lien. Il apaise, par sa chaleur, son calme quelquefois, son regard dénué de toute forme de jugement. Le travail aux écuries par exemple permet de fixer la relation entre le cheval et le jeune ; il devient responsable. L’équithérapie est également une autre manière de communiquer, de découvrir de nouvelles sensations. Il n’est pas nécessaire de savoir monter ou d’avoir des appétences pour l’équitation pour prétendre à l’équithérapie. Cette pratique a permis à certains jeunes de s’apaiser au contact du cheval mais également de lâcher prise. Cette nouvelle expérience fait partie d’un panel de prestations de soins. En effet, des séances de sophrologie, d’ostéopathie ont également été prodiguées aux jeunes de l’association, ceci afin de diversifier les accompagnements sur le bien-être.
Rachel Emonot, directrice de la maison Marie-Foilaine Desolneux
Les Clarines pour sept jeunes du 24 au 31 octobre….
Un séjour dans le Jura, ça fait toujours du bien. Des p’tits nouveaux découvrent et les plus anciens sont dans la transmission. Les Clarines, c’est la nature, l’espace, les balades mais aussi Claudette et Dédé, ces chers voisins.
…. et Halloween pour tous
Au retour du Jura le 31 octobre, le groupe resté sur place à Villemomble s’est affairé pour la préparation d’Halloween. Tous les enfants se retrouvent et maquillage qui fait peur oblige. C’est trop bien de faire et de se faire peur.
Tous trois ont des maîtres salariés de l’Etablissement. Autant vous dire qu’ils connaissent bien les lieux, coins et recoins, qu’ils en ont vu passer des enfants et qu’ils sont bien au fait des situations. Bah oui, ils participent aux réunions !!! il faut bien savoir qui a besoin de câlins ou de se dépenser.
Chacun d’eux a grandi à La Caravane, leurs caractères sont très différents mais ils s’entendent parfaitement et évoluent en harmonie avec les enfants.
Idylle est sans doute la meilleure gardienne, elle veille et prévient dès qu’un-une inconnu-e se montre. La nourriture est sa passion. Elle obéit quand elle veut.
Oscar, c’est un gentil, un doux, un tendre. Il était destiné à servir d’appât aux requins à La Réunion. Il a été sauvé par une association. Très attaché à son maître, et on comprend pourquoi, il lui voue un attachement sans borne. Ce n’est pas un rebelle et il a intégré les règles.
Paneer, encore jeune, pour lui tout est jeu. C’est aussi un gentil mais, vu son gabarit, il doit apprendre à maîtriser ses marques d’affection et sa force. Il a sa maîtresse mais il aime tout le monde. Son éducation, qui n’est pas terminée, a amené à différentes situations avec les enfants, surtout les petits.
Pour les enfants, leur question essentielle a été : comment on éduque, on interdit sans taper ?
C’est ainsi, qu’un jour, un petit demande à me parler. Il s’installe dans le bureau, Paneer est présent avec une seule et unique envie, jouer avec le petit. Comme il s’agite dans tous les sens, ce qui ne facilite pas l’échange, je me lève et dit « ça suffit Paneer ». Le petit me regarde me diriger derrière mon bureau et me dit « tu vas faire quoi, tu vas le taper ? ». Je réponds que non mais que Paneer doit faire un exercice pour se calmer. Je lui mets son collier et l’exercice est qu’il doit rester assis sans bouger, ce qu’il fait. Nous reprenons la conversation avec le petit mais il est intrigué par la scène. Il me dit « c’est tout ce que tu fais ? » et ma réponse est « oui, tu vois, il est sage ». Alors le petit me demande « tu veux que je te montre comment il fait mon papa ? », j’hésite un peu puis lui dit « oui ». Alors, il attrape Paneer par son collier et le soulève, ce que j’arrête très vite. Le petit continue « bah moi, quand on n’est pas sage mon papa il nous tape ». Il me demande alors « je peux essayer comme toi ? » Nous échangeons nos places ; lui tient Paneer par sa laisse et moi assise. Paneer ne bouge pas, reste sage, assis. Avec le petit nous engageons la conversation sur la manière de se faire obéir, sans violence. Le petit fait le lien avec lui et les autres enfants de son groupe, « ici on tape pas ». Et je lui réponds « non, on tape pas, ni les enfants, ni les chiens ; tu vois il t’écoute même si tu es un enfant, tu ne t’énerves pas et lui non plus et comme ça on peut parler ». Le petit est sorti du bureau, vaillant, et s’adressant au groupe « et bah moi, Paneer il m’écoute ».
D’autres situations, nous ont amenés à comprendre, outre qu’ils soient des compagnons de jeux, des confidents, parce que ça aussi nous l’observons régulièrement, les chiens participent de l’accompagnement des enfants. Les limites que chaque maître leur pose, la manière dont ils sont repris, sont autant d’expériences partagées avec les enfants. Une séance avec l’éducateur canin sur place, uniquement avec les enfants, leur a permis d’apprendre les gestes, le ton à adopter, l’attitude à tenir pour se faire obéir et atteindre une certaine maîtrise dans la relation sans violence mais fermement. Et ça marche, ils savent faire.
Merci Idylle, Oscar, Paneer, les permanents, mais aussi Bolliwoo, Biscotte, Perle, Lady les intermittentes, nos fidèles et précieux aide-éducateurs/médiateurs/assistants d’éducation/animateurs sportifs/surveillants/câlineurs et bien plus encore.
Du 25 octobre au 1er novembre, pendant la deuxième semaine des vacances de la Toussaint, deux de nos jeunes de la maison de Chelles du DAP (Dispositif d’Accueil Personnalisé), accompagnés de deux éducateurs, sont partis à Criquetot-L’Esneval en Normandie, à 9 km de la mer, entre Le Havre et Fécamp. Ce fut l’occasion de s’émerveiller devant la beauté des sites naturels tels que les falaises d’Étretat et de découvrir les très jolies villes normandes d’Honfleur et de Pont-Audemer.
Tous ont pu respirer à pleins poumons l’air marin lors de longues balades en bord de mer, et s’adonner à des activités ludiques telles qu’une bataille d’archers ou encore du Swincar, véhicule de loisir électrique tout terrain.
Les deux derniers jours ont été marqués par la décision gouvernementale de reconfinement, qui n’a pas eu un réel impact sur nos jeunes car le gite était doté d’un grand jardin avec une table de ping-pong, et disposait d’un baby foot et de jeux de société, ce qui nous a permis de passer des moments conviviaux.
La première semaine des vacances d’octobre, plus exactement du 17 au 24 octobre, avec mon collègue Thibault, nous avons organisé un séjour éducatif pour un groupe de 7 jeunes dans la maison du Jura « Les Clarines », en Bourgogne Franche-Comté.
Nous avons eu l’opportunité de profiter du très beau paysage jurassien, avec ses montagnes, ses rivières, lacs, et cascades. Nous avons mis en place des activités éducatives, culturelles et ludiques, avec une balade à cheval et en calèche, la visite du Château de Joux, du Musée du Jouet de Moirans, de la ferme pédagogique « La Batailleuse », où, avec les jeunes nous avons fabriqué et dégusté du fromage aromatisé aux herbes.
Les jeunes ont été très attirés par les vaches, très nombreuses dans cette région d’élevage et de fromages réputés. Ils ont nourri celles du voisin.
Ce temps de « mini liberté », avant le retour du confinement et la reprise de l’école fut une belle occasion pour créer des liens avec des jeunes que nous venions d’accueillir dans la maison d’enfants.
Depuis notre retour au foyer, nous poursuivons notre travail éducatif, en les accompagnant au quotidien, vers l’autonomie, dans leur scolarité et dans leurs besoins et leurs difficultés.
Du 18 au 25 octobre 2020 sept jeunes de la maison Aristide Briand ont rejoint le camping Le Suroit, de Saint-Georges d’Oléron, à l’ouest de l’île. La mer à proximité, et son cycle de marées a été une découverte pour tous.
Ils ont pratiqué des activités très variées et qu’il s’agisse des courses, des ateliers cuisine individualisés, des activités sportives, en passant par la pêche aux crabes à marée basse, nos jeunes s’en sont donnés à cœur joie.
L’accrobranche ou encore le Paint Ball dans le parc aventure du Château de la Gataudière à Marennes, la balade stand up en paddle sur le site naturel de la Nouette, ont permis à chacun de se défouler, de trouver l’apaisement et une certaine autonomie.
En bref, une semaine très agréable pendant laquelle les valeurs que nous voulions développer chez les jeunes, comme le respect et la solidarité ont été partagées.
Tout cela dans le très beau cadre de l’île d’Oléron.
Un grand merci à l’AEPC, ce séjour restera inoubliable.
Mounir JAABIRI et Cassandra RODRIGUES – éducateurs spécialisés
Mado Charbonnier, fidèle adhérente de Concorde, et ancienne directrice de l’AVVEJ 93 (Association Vers la Vie pour l’Education des Jeunes) nous a adressé, à l’attention des personnels, des adhérents et membres du CA, le témoignage qui suit de sa rencontre avec Alain Junqua. Nous le publions avec son accord.
« Je suis arrivée à Bobigny pour prendre la direction d’un service d’AEMO en Janvier 1990. Je suis allée me présenter aux magistrats et en premier lieu au Président du Tribunal pour Enfants : un certain M. Junqua. Il m’a reçu sur rdv, bien sûr, il n’était pas homme à négliger la forme. Notre entretien a duré une heure et demie ; le bougre voulait savoir à qui il aurait à faire et s’il aurait envie de faire affaire ; en effet il s’arrangeait, l’air de rien, pour que de la discussion apparemment banale, jaillisse l’essentiel : les valeurs, le respect de la loi, de la place des jeunes : avant ou après celle des éducateurs? L’espace pour l’humour, bref nous nous sommes quittés poliment mais j’étais certaine que cet homme serait un soutien dans ma fonction, je dirai familièrement que nous parlions pour l’essentiel, dans le travail éducatif, chacun depuis sa place, la même langue.
Et très vite il m’appela pour trouver « la solution » pour un jeune incarcéré incasable. Magistrat exigeant, tenace, toujours gentil et compréhensif mais…mais en attente de résultat et ferme sur cette attente, tant chez M. Junqua l’humain était présent ; pas naïf, non, mais tout faire pour que ça bouge, ça dérange un peu.
Durant ces quelques années de travail commun où il me fit l’honneur de me faire confiance pour gérer des situations complexes, je l’ai rarement vu en colère, même dans nos discussions au cours desquelles nous n’étions pas d’accord ; il savait discuter, écouter et décider, s’en excusant parfois.
Lorsque, bien plus tard, je l’ai retrouvé Président, j’étais tout simplement ravie et fière d’être membre de cette Association ; je pense qu’il a participé sans le savoir à ce que j’adhère aussi aisément à l’AEPC où je me sens naturellement à l’aise. J’avais plaisir, lors de chaque rencontre, à croiser ce sourire, à vivre cette embrassade pudique et chaleureuse, à entendre cet air perpétuel comme une chanson dont on connaît les paroles, convaincu, humaniste.
Pour finir il nous faut retenir, après le départ de M. Junqua qu’être gentil, loin d’être un signe de faiblesse, est une force; la gentillesse est un sentiment noble qui lui ressemblait tellement bien. »
Le Conseil d’administration, profondément touché par la disparition brutale de son président, salue un magistrat qui a consacré sa vie au service de la justice, avec une attention toute particulière à l’enfance en danger. Pendant vingt ans, il s’est attaché à ce que Concorde, riche de son expérience et de ses savoir-faire, reste fidèle à ses valeurs fondatrices, à ses orientations et à ses engagements, à ce que l’enfant, l’adolescent, le jeune majeur, demeure au centre de ses préoccupations, au cœur de l’action collective et individuelle comme il l’a toujours été depuis l’origine de l’association en 1969. Animé de ces mêmes convictions, le conseil d’administration, impliqué durant toutes ces années à ses côtés, poursuivra son engagement dans cette voie, soutenant le travail des maisons et des services de l’association, de ses personnels qui œuvrent pour accompagner les jeunes qui leur sont confiés.
Le mercredi 14 octobre, une messe d’adieu à M. Alain Junqua, président de notre association a été célébrée dans la cathédrale Saint-Louis de La Rochelle. Personnels et administrateurs de Concorde se sont déplacés très nombreux pour partager ce moment de recueillement. Le cercueil a été déposé au chœur de la cathédrale par six porteurs de Concorde exprimant par ce geste l’affection et la reconnaissance de ceux dont il a présidé, la destinée pendant vingt ans.
Florence Mazerat, directrice générale, a prononcé une allocution.
Monsieur le Président,
Cher Président,
Nous voilà tous réunis aujourd’hui pour vous saluer, car vous avez décidé de nous quitter brutalement. Je ne pensais pas avoir à rendre cet hommage un jour.
Il y a 20 ans, quasiment jour pour jour, le 13 octobre 2000, vous preniez la présidence de l’Association Concorde.
Vous avez été un formidable Président, homme de conviction, attentif à tous, fervent défenseur de la cause de la jeunesse, bienveillant et ce n’est pas un vain mot.
L’année 2020 est très éprouvante pour nous tous, salariés, administrateurs, adhérents de l’Association « Concorde », nous avons perdu des êtres chers. Je pense à Sylvain LESUEUR et à Peter IVI.
Lors des obsèques de Sylvain, nous l’avions présenté comme le capitaine du navire « Chevreul ».
Et bien vous, vous étiez l’Amiral du vaisseau « Concorde ».
Le cercueil est porté par des personnels de Concorde
Durant 20 ans, vous vous êtes investi pour que l’Association se développe, et soit reconnue dans le champ de la protection de l’enfance.
Vous n’avez pas été un simple Président, mais un Président courageux, n’hésitant pas à prendre des risques dans certains projets éducatifs, à défendre les causes que d’autres auraient pu croire perdues, à nous soutenir dans les épreuves et ces dernières années, nous avons été servis.
Mais il y a eu des moments de bonheur, de joie, des moments forts.
En juin 2019, nous avons fêté les 50 ans de « Concorde ». Durant 5 mois, vous avez été le chef d’orchestre pour préparer cette belle fête.
Vous connaissiez tous les personnels et aviez une grande complicité avec les cadres. Vous étiez attentif à chacun d’entre eux et je peux parler en leur nom, ils aimaient être avec vous, partager des moments de complicité et discuter de tout et de rien. Vous preniez le temps d’être à leur écoute.
Malgré votre départ anticipé, soyez assuré que nous continuerons l’aventure avec le soutien du Conseil d’Administration et de Claude CHIROUSE, co-fondateur de l’Association.
Mais maintenant, je veux parler de moi, de la relation que nous avions tous les deux. Ça été une belle rencontre. Je tiens à vous dire que vous étiez pour moi, un mentor, un père spirituel.
Vous avez su faire preuve de bienveillance, d’empathie dans les moments difficiles que nous avons traversés. Je veux parler entre autres du jeune Ali qui est décédé en octobre 2019. Ensemble, nous avons surmonté ces épreuves.
Il y a eu aussi, les moments de complicité. Nos missions au Sénégal et plus récemment, il y a quinze jours dans notre chalet « Les Clarines » dans le Jura.
Nous avions encore beaucoup de projets à concrétiser ensemble.
Alors, vous allez nous manquer, me manquer.
La famille « Concorde » perd une nouvelle fois un des siens.
Je pourrais dire encore beaucoup, beaucoup de choses mais le temps m’est compté. En vingt ans de complicité, nous avons toujours eu à nous féliciter de la pertinence de vos jugements et de votre engagement.
Alors, comme l’Amiral que vous étiez, nous vous laissons voguer et vous demandons de veiller sur nous, ici tous réunis avec votre éternelle bienveillance.
Vous pouvez être fier de ce que vous avez donné et accompli.
Maintenant, reposez en paix, Monsieur le Président.